Recomposition européenne

« L’Allemagne suspend momentanément son programme destiné à attirer des jeunes Européens sur le marché du travail allemand, indique, lundi 14 avril, le ministère de l’emploi. « Actuellement la demande ne peut pas être satisfaite » pour le programme The job of my life, a expliqué lors de la conférence de presse régulière du gouvernement une porte-parole du ministère. » disait Le Monde, le mois dernier.

Trois idées me sont venues en tête :

  • Une partie de l’Europe (l’Espagne dans ce cas), perd de ses compétences. Ne serait-il pas temps de faire un bilan des politiques de rigueur et de leurs conséquences, avant qu’elles n’aient fait des dommages irréparables ? 
  • Mais, peut-être que ces migrants reviendront chez eux porteurs de savoir ? Ou, pour leur retraite, fortune faite ?
  • Rééquilibrage qui survient naturellement au sein d’une nation ? Cependant, une nation veille à ce qu’il n’y ait pas de désertification. Et l’UE n’est pas une nation… 

Crime en régression et retour du politique ?

« La vague criminelle des années 50 aux années 80 paraît de plus en plus comme une anomalie historique. » Pays développés : pourquoi le crime faiblit-il en temps de crise ? Curieuse question que se pose The Economist. Beaucoup de phénomènes seraient à l’œuvre. Quelques-uns technologiques : la société est mieux armée pour détecter le criminel et pour défendre des biens qui deviennent aussi moins tentants (les voitures ne sont plus des raretés). D’autres sociétaux : épidémie de drogue en recul, repopulation des centres-villes. (Pour ma part, je me demande s’il ne faut pas aussi chercher du côté de la protection sociale. Et interrogation : pourquoi nous parle-t-on autant d’insécurité ?) Preuve de ce phénomène ? Aux USA, un jeune noir est abattu sans que cela suscite de révolte violente.
Autre tendance sociétale : l’emploi deviendrait favorable aux vieux. Les gouvernements ne croient plus qu’ils doivent laisser la place au jeune. Et ils sont mieux formés et en meilleure santé que jadis.

L’Europe légifère sur Internet. Essaierait-elle de défendre les intérêts de ses industries numériques contre ceux des Américains en cherchant à protéger les données individuelles ? Phrase de Jean-Louis Bruguière : « Pour les Américains, la protection des données est une question de droit de la consommation, pour les Européens, c’est un droit fondamental. » Peut-être aussi essait-elle de corriger un biais du marché européen, extrêmement concurrentiel, qui comprime les revenus et empêche les investissements (l’Europe serait-elle allé un peu loin dans l’idéologie de la liberté des marchés ?). Toujours est-il que les banques devraient se débarrasser de leurs services informatiques et passer au cloud computing. Pour raison d’économie. Les petites y sont déjà, les grosses y vont lentement. Ce n’est pas sans risques.
Tendance à la réforme politique, plutôt qu’économique (libérale) ? Enrico Letta voudrait s’en prendre à un système d’équilibre Sénat / chambre des députés qui conduit à une instabilité permanente. La victoire électorale de M.Abé pourrait préfigurer une modification de la constitution japonaise. Quant à la Grèce et au Portugal, ils paraissent, toujours, victimes du cercle vicieux de la rigueur. Scandale en Espagne. Apparemment lié au fait que la crise y est due à une spéculation immobilière dans laquelle baignait le politique. Une intéressante remarque sur Mme Merkel : ses origines orientales font qu’elle se sent plus proche de la Pologne que de la France.
Chine. Elle ferait payer aux étrangers sa lutte contre la corruption (Glaxo SmithKline). Et la bourse ferait payer aux entreprises un trop fort engagement en Chine. L’économie chinoise freinerait, ses exportations pénalisées par le prix de sa monnaie. Elle se redéploierait, vers le service et la consommation interne. Sainement ? Elle semblerait surtout tirée par les investissements et l’emprunt. 
MOOCS. Comme souvent avec Internet, on est incapable de savoir si cela sera bon, ou aura des effets pervers. Ou encore ce que l’on doit en faire (former les enfants ou les adultes ?). Une fois de plus cela secoue les acteurs en place. Car les barbares (par exemple les éditeurs de presse) voient là un bon moyen d’étendre leur territoire.
Banques américaines. Bons résultats trimestriels, mais ambiance maussade. La réglementation a le haut du pavé. Elles font le gros dos.
Energie renouvelable. Ça n’arrête pas d’aller mal. L’Espagne doit revenir sur un programme d’aide à l’énergie solaire, qui a été ruineux (les subventions auraient atteint 8,1md€ en 2012). (Cela ne va-t-il pas aggraver la crise économique ? « les prêts à l’énergie renouvelable sont estimés valoir 30md€ ».) Et le climat ne serait pas favorable. La hausse de température liée à l’émission de CO2 serait moindre que prévu.

L’homme a-t-il la guerre dans le sang ? Une relecture de statistiques semble dire que non. La guerre serait une cause minoritaire de décès de la main de l’homme chez les chasseurs cueilleurs. Pourquoi l’athlète se drogue-t-il ? Parce que les régulateurs sont sous la pression du marché. Et le marché ne veut pas qu’une application trop stricte de la loi tue le sport. 

La crise et ses remous (suite)

Décidément le monde vacille. Ce qui caractérise l’Egypte désormais, ce sont des divisions croissantes. En Europe, les meilleurs élèves de la rigueur, le Portugal et l’Irlande coulent, leurs gouvernements flanchent. Les partis politiques qui ont gouverné l’Espagne depuis son retour à la démocratie souffrent. De nouveaux partis émergent. Mais le PS devrait pouvoir créer une coalition. En Angleterre, ce n’est pas gai. « L’investissement des entreprises a baissé de 34% depuis 2008 ». « La livre a baissé de 25% depuis 2007 (…) pourtant les exportations ont baissé de 1,5% ». Fait unique, le chômage baisse. Cela vient d’une chute des salaires (de 9%), et d’une baisse de productivité. (L’homme devient moins cher que la machine ?) Heureusement, la consommation a augmenté. Ce qui a évité la récession ! Et l’Angleterre voit disparaître ses forêts, victimes de maladies venues d’ailleurs. « La propagation de ces parasites et pathogènes (…) est synonyme de commerce, qui propage les infections comme la prospérité. » L’Angleterre doit aider l’Europe à fermer ses frontières. La France n’échappe pas au jeu de massacre. C’est sa nourriture qui est touchée. Les restaurants trouvent trop cher de cuisiner, et ils sont devenus trop chers pour les Français. « Trois quarts des repas consommés hors de la maison sont maintenant du super bon marché. » France qui n’a pas raté l’occasion de se ridiculiser dans l’affaire Snowden, en dénonçant les USA, mais en bloquant l’avion du président Morales.
The Economist conclut sur l’Europe : « Si la viabilité à long terme de l’euro est assurée, les Européens auront fait mentir l’histoire. » (C’est une étude sur les similitudes entre l’étalon or et l’euro qui le dit. Elle prévoit l’éclatement et quelque variante du nazisme.) 
Au Mali, l’armée française semblerait avoir ramené l’ordre. Mais avoir repoussé les jihadistes ailleurs en Afrique.
La production d’acier mondiale est dans une mauvaise passe, particulièrement en Europe. L’Europe est en surcapacité, et la Chine construit la sienne, dont elle va bientôt déverser la production sur le monde. La rentabilité n’entre pas dans ses calculs. Les aciéristes, peu concentrés, sont pris entre un oligopole de 4 fournisseurs de minerais et un petit nombre de clients. Les Allemands ne veulent pas du nucléaire, mais ils ne veulent pas non plus des câbles à haute tension que suppose le transport de l’énergie des éoliennes de la mer du Nord. Cette installation, extraordinairement coûteuse, ne servira, d’ailleurs, peut-être à rien, ce mode de production d’énergie n’étant pas compétitif. Les Taïwanais, qui « produisent 89% des notebooks mondiaux ainsi que 46% des PC fixes », sont attaqués en haut de gamme par les Coréens, et en bas de gamme par les Chinois. « Les entreprises taïwanaises peuvent s’adapter en très peu de temps. » Effectivement, elles semblent en passe de se réinventer. (Une leçon ?)
LVMH est condamné pour sa tentative de prise de participation dans Hermès. LVMH avait contourné la loi qui demande de signaler le dépassement d’un seuil de prise de participation, en utilisant une stratégie à base d’options. (Pratiques de voyous ? Symbole de la transformation de l’industrie du luxe française ?)

Les champignons seraient les opérateurs de télécom des plantes. 

Le libre échange sauve le monde de la pauvreté

Grâce au capitalisme et au libre échange, le monde sort de la pauvreté, dit The Economist. Ce qui me laisse dubitatif. Ce qui ne me va pas est la définition même de pauvreté. Les indiens d’Amazonie sont pauvres, nos ancêtres étaient pauvres, les animaux sont pauvres. On est pauvre lorsque l’on n’obéit pas au modèle capitaliste. Tout le génie de l’Occident aurait-il été d’avoir défini le progrès comme le degré d’adhésion du monde à ses valeurs ?
M.Poutine, pour sa part, représente le mal. Il utilise la confrontation avec l’Occident pour se maintenir en poste. Il semble extraordinairement habile, et les Russes particulièrement crédules. « Le nombre de ceux qui croient que la Russie a des ennemis étrangers est passé de 13% en 1989 à plus de 70%. » En France, comme je le soupçonnais, M.Moscovici mène des manœuvres européennes sous-marines : « Quand il est devenu clair, l’année dernière, que la France n’allait pas atteindre l’objectif des 3% – bien avant que le gouvernement l’admette, il a commencé des discussions discrètes avec Olli Rehn, le commissaire européen à l’économie. Les deux hommes, l’un socialiste français, l’autre libéral finlandais, forment un curieux couple, pourtant ils ont construit une « excellente relation » ». En Italie, la coalition gauche, droite a gagné des élections. La montée du parti cinq étoiles est-elle irrésistible ? Et il y a encore du monde pour vouloir rejoindre l’Europe, et la zone euro. Curieusement. C’est maintenant au tour de la Lettonie. Elle veut échapper à « l’emprise de la Russie ». « En adhérant, elle gagnera un siège à la table de négociation, des coûts d’emprunt plus faibles, et elle attirera des investissements étrangers. Et, dites-le doucement, la Lettonie aurait accès aux liquidités de la BCE et aux fonds de sauvetage, au cas où la crise reviendrait. » En échange, la zone euro gagne une plaque tournante du commerce et de la circulation de fonds russes. Mais l’Europe aurait bien mauvaise grâce de se plaindre. N’est-elle pas chargée de tous les pêchés ?
Et maintenant, un voyage chez les bons. La Suède, grande donneuse de leçons économiques et morales, est en feu. « l’économie se débat avec une baisse de la demande de la zone euro et une monnaie forte ». L’Allemagne va-t-elle exporter son modèle d’apprentissage ? Pas simple. « La tradition de coopération entre l’Etat, les syndicats, les employeurs et les écoles a mis des générations pour se construire ». Et il n’est peut-être pas si bon que cela. En effet, il était déjà là lorsque l’Allemagne était en crise et surtout, « il apparaît que les connaissances acquises par un enseignement professionnel deviennent rapidement obsolètes ». Les jeunes espagnols les mieux qualifiés quittent leur pays. Or sa population vieillit vite. Qui va nourrir ses retraités ? En Angleterre, les jeunes partagent les valeurs de The Economist. Ils ne se mêlent pas des affaires des autres et se méfient de la protection sociale, contrairement à leurs parents. Malheureusement, ils ne sont pas prêts à se battre pour leurs idées. The Economist soupçonne que tout ceci est une question de conditionnement. Les USA envisagent de légiférer quant à l’usage des drones. Ils craignent que des nations mauvaises, Chine, Iran, Russie… ne suivent leur exemple et ne se mettent à frapper leurs opposants en dehors de leurs frontières. Mais est-ce bien utile ? L’Amérique ne nous a-t-elle pas simplement rappelé que la loi qui s’applique au monde est celle du plus fort ? Au Japon, les réformes économiques de M. Abe donnent des signes inquiétants. Les taux des obligations d’Etat grimpent alors que le pays est massivement endetté. Apprentis sorciers ? Décidément, M. Abe n’a pas de chance, il voulait faire voter une loi qui lui aurait permis de transformer aisément la constitution du pays, et de revenir à un nationalisme d’avant guerre, mais il ne semble plus pouvoir disposer de la majorité nécessaire. Heureusement, il y a la Chine. Le Japon fait des affaires avec les pays qu’elle inquiète (notamment la Birmanie). 
Technologie de l’information et destruction créatrice. La presse apprend à utiliser les informations véhiculées par les réseaux sociaux. Montée des plates-formes électroniques internationales créant un marché mondial du travail. Risque de « déplacer l’emploi vers les pays pauvres » ? En tout cas, il semble qu’il y ait une tendance au morcellement du travail : « entre un cinquième et un tiers des travailleurs américains sont maintenant des indépendants ou des intérimaires, ils n’étaient que 6% en 1989. » Le marché des serveurs (ordinateurs) change. On utilise des sous-traitants ou on les construit soi-même (Cisco) plutôt que de les acheter chez IBM ou HP.
L’entreprise privée veut conquérir Mars. Elle a trouvé un moyen de pallier son manque de ressources : il y a des volontaires pour prendre des risques. Soit d’un aller et retour sans escale, avec une probabilité d’un tiers de survie, soit d’un aller unique, avec installation. Pour le reste l’argent viendrait des droits de diffusion médiatique de cette forme de « reality show ». Mars n’est-il pas le nom approprié à des jeux du cirque ? 

La Birmanie s'ouvre au monde, et l'Europe est toujours aussi désespérante

The Economist encourage M.Obama à réformer ses régimes sociaux. Il propose des mesures qui dépassent mon entendement limité. Mais il me semble qu’il sera difficile de réformer à un moment où les finances des USA semblent s’améliorer miraculeusement.
En Europe, comme d’habitude, tout va mal. L’Espagne est dans une mauvaise passe. Elle a pourtant réformé ferme et l’électorat se laisse faire. Elle commence même à attirer les entreprises d’autres nations de l’UE. Mais elle dépend de ses exportations dont deux tiers vont vers une euro-zone en pleine dépression. The Economist voudrait plus de réformes. Mais cela va être difficile à avaler. The Economist a enfin compris la ligne directrice de M.Hollande : l’ambiguïté. (Il ne lui reste plus qu’à lire Hannah Arendt.) En tout cas, le journal est inquiet pour la France qui « pourrait couler l’Europe ». L’Europe, aurait, comme l’Espagne, besoin de réformes, mais « les gouvernements ont dépensé tellement de capital politique à promouvoir l’austérité, qu’ils pourraient être trop affaiblis pour libéraliser leurs économies ». « L’infortuné » M.Hollande a peut être raison : « il serait erroné de penser que l’euro peut survivre sans un plus important partage de risques ». Mais l’opinion de la France ne pèse pas lourd, ces temps-ci.
L’économie anglaise irait apparemment un petit peu mieux. Ce qui permettrait de réutiliser la planche à billets sans effet adverse.
La Birmanie s’ouvre brutalement au monde, après un demi-siècle d’isolement. C’est un (des rares) succès pour la politique asiatique de M.Obama. Le pays pourrait profiter d’une situation géostratégique exceptionnelle (entre l’Inde et la Chine, notamment). Mais il est constitué d’une multitude d’ethnies. Ce qui le rend extrêmement fragile. Cela explique peut-être l’importance que l’armée a joué dans son gouvernement. Elle était nécessaire pour le conserver en une seule pièce. On se prépare à négocier avec M.Assad. Car on a peur que les islamistes profitent de sa chute. Mais l’armée de M.Assad ayant l’avantage, il n’a pas grand intérêt à lâcher quoi que ce soit. Ce qui inciterait l’Angleterre et la France à donner des armes à ses opposants. L’Amérique chercherait, elle, à gagner du temps. « Mais pour quoi ? »
Les grandes entreprises vont-elles payer plus d’impôts ? On en parle beaucoup, les « entreprises américaines ont amassé de l’ordre de 1900 md$ à l’étranger, protégés du percepteur américain »,  mais il y a peu de chances que cela se fasse. Les intérêts de pays comme la Grande Bretagne, l’Irlande ou le Luxembourg s’y opposent. Yahoo achète 1,1md$ Tumblr, qui gagne 13m$. Ce type d’acquisitions devrait se multiplier : « les géants du Web nagent dans l’argent ». C’est aussi le cas dans d’autres secteurs. Et c’est pour cela que les fonds d’investissement « activistes », se préparent à lancer l’assaut.
Il n’y a pas que les Chinois qui utilisent Internet pour l’espionnage industriel. L’Inde, et bien d’autres, s’y mettent. Pour vendre des armes, il faut proposer à l’acheteur des projets qui aident son économie. Curieusement, ce serait une forme de subvention déguisée à certains secteurs du pays acheteur que le dit pays paierait au prix fort. La pratique aurait son origine aux USA. « Ils avaient forcé l’Allemagne à acheter des armes américaines pour compenser le coût du stationnement de troupes en Europe ». Elle aurait de beaux jours devant elles. En effet, les industries de l’armement de l’UE et des USA ont besoin de nouveaux marchés.
Il semble que l’on puisse corréler les mots que nous employons avec les caractéristiques de notre comportement. Une bonne nouvelle pour le marketing. Ces temps-ci la recherche découvre que l’être est un écosystème. Dans cet épisode on apprend que certains virus peuvent constituer une sorte de système immunitaire. 

Economie anglaise en panne

Europe. L’Angleterre est en panne. The Economist suit ses crises depuis 170 ans. « Cinq ans après chacun de ces événements, l’économie était en croissance. Ce n’est pas le cas cette fois. » Le salut est keynésien. Investissement dans l’infrastructure de transport. Mais il faut trouver 28md£ pour cela. Pourquoi ne pas emprunter ? Rien ne va, d’ailleurs. La Grande Bretagne vient d’essuyer une défaite en Europe, en ce qui concerne la paie des banquiers. L’annonce d’un référendum sur son appartenance à l’UE a affaibli une position traditionnellement forte (« La Grande Bretagne demeure la plus puissante force de libéralisation du marché commun et de promotion du libre échange »). Et elle n’a pas les faveurs de Mme Merkel, seule maître de l’Europe après Dieu. L’Amérique deviendrait-elle européenne ? Le mal de l’Europe, c’est le sud. Contrairement au nord, on n’y croit pas que travailler dur soit suffisant pour réussir. Jusque-là l’Amérique, elle, avait un « contrat social partagé », mais elle se dispute de plus en plus.
Mme Merkel navigue au gré des courants électoraux. Pour le moment, elle dérive vers la gauche. L’Espagne va-t-elle ressembler à l’Allemagne ? En tout cas, ses réformes sont aussi terribles que celles de Schröder. Mais n’est-ce pas plus la puissance du tissu économique de l’Allemagne que ses réformes qui ont fait son succès ? me suis-je demandé.
En Italie, on a l’air parti pour de nouvelles élections. M.Bersani, devrait laisser sa place à un concurrent, M.Renzi. Il aurait plus de chances que lui de les remporter.
Moyen orient. Les frères musulmans, qui semblaient représenter un Islam honnête et responsable, n’ont pas été à la hauteur des attentes. Qui va les remplacer ? Les autres courants islamistes vont-ils parvenir à s’unir ? Curieux jeu de chaises musicales en Palestine. L’Egypte aurait peur que le Hamas soit contagieux. Elle aurait fermé ses tunnels. Ce qui l’aurait forcé à faire du commerce avec Israël. Et à renforcer son fondamentalisme, pour qu’on ne puisse le critiquer de collusion avec l’ennemi.
Entreprises. Les actionnaires empêchent de dormir les dirigeants de grandes entreprises. Ce qui est bien, dit The Economist. Ce qui l’est moins est que les Etats européens veuillent contrôler la paie des dits dirigeants. (Réflexe « populiste ».)
Grande transformation : Internet fait triompher l’ère du partage. Quelles vont en être les conséquences ? Quant à Google, il aurait découvert l’importance de faire de beaux produits, comme Apple. Cela aurait profité à son cours de bourse. 

Avenir de l'euro : Allemagne et désert européen ?

Et si l’euro avait fait la fortune de l’Allemagne ? Il y a plusieurs raisons pour le penser.

  1. La valeur de l’euro reflétant les difficultés du sud de l’Europe, l’Allemagne profite d’une monnaie sous-évaluée.
  2. Les entreprises des pays du sud (dont la France) ayant une stratégie prix plutôt que valeur (allemande), jouaient sur la faiblesse de leur monnaie pour assurer leur compétitivité. Ce n’est plus possible. De ce fait, l’Allemagne a probablement étendu son marché vers le bas de gamme.
  3. L’Allemagne est parvenue à réduire les salaires de ses employés. Ce qui n’a pas été le cas des pays du sud dont, curieusement, les courbes salariales se ressemblent (voir graphe de cet article). Paresseux européens du sud ou perfide Allemagne ?
  4. En outre l’euro a créé une sorte de bulle spéculative en Europe du sud, qui a profité à l’économie allemande. 
Du coup, je me demande si je n’ai pas trouvé une raison économique pour que l’Europe devienne une nation. En effet, on nous dit que ce qui empêche un tel changement est que le riche n’a pas intérêt à nourrir le pauvre. Eh bien, je soupçonne que c’est faux. Voici mon raisonnement.
Avec l’euro, l’entreprise du pays riche a accès à une main d’œuvre moins chère que la sienne, et tue ses concurrents des pays pauvres (voir raisonnement ci-dessus). Cela créerait un chômage insoutenable, si elle n’avait pas aussi intérêt à pousser son gouvernement à les sponsoriser. Car elle a beaucoup plus à y gagner qu’à y perdre. En effet, le prélèvement est réparti sur la nation. Autrement dit, elle n’en paie qu’une fraction. D’ailleurs ses concitoyens sont heureux d’être plus riches que les pauvres. Les seuls perdants sont les entrepreneurs (PME) des pays pauvres. Mais leur poids politique est négligeable. J’ai l’impression que ce mécanisme est en jeu au sein même des nations.
Si mon raisonnement est juste, cela devrait conduire à une désertification de l’Europe au profit de l’Allemagne. Curieusement, c’était un scénario envisagé par certains penseurs américains de la seconde guerre. A l’époque l’Amérique se demandait comment elle façonnerait l’Europe, de façon à ce qu’elle ne se batte plus. Pour Kennan, notamment, l’Europe continentale était l’espace vital de l’Allemagne. Son champ d’action naturel. L’Allemagne la pacifierait par le travail. Bien vu ?

Europe : le temps de la dislocation ?

Un article, qui était ce matin dans la Tribune, mais n’y est plus, parlait de coup d’Etat en Espagne. Certains militaires ne seraient pas heureux du séparatisme catalan. Mais ce n’était pas le plus intéressant. Ce que l’article rappelle surtout est que la crise a révélé, comme en Italie (cf. billet suivant), à quel point l’Espagne est fragile, voire pourrie.

Le taux de chômage dans le pays est autour de 26%, avec un taux de chômage des jeunes qui est à près de 60% selon les derniers chiffres. L’actuel gouvernement est aux prises avec un scandale massif de corruption qui semble toucher tous les niveaux de décision au sein du Partido Popular et, enfin, le 23 janvier dernier, l’Assemblée de Catalogne a déclaré solennellement que la région est une « entité légale et politique souveraine ». En d’autres termes, la Catalogne est prête à faire sécession. Bref, l’Espagne est au bord du précipice même si on l’oublie trop souvent.

Et il faut ajouter que le roi, qui a évité le précédent coup d’Etat, serait discrédité.

La situation est d’autant plus étrange que le pays a perdu une grande part de sa souveraineté, maintenant entre les mains de l’Allemagne et de la BCE, bien loin des événements.

Les pays européens vont-ils se disloquer ? L’euro fut-il une invention d’apprentis sorciers ?

Nouvelle semaine de dépression

La Corée du Nord pourrait être une nouvelle victime du capitalisme. Une classe commerçante s’est constituée, à laquelle ne devrait pas résister sa dictature. La monnaie chinoise prend une place grandissante dans les échanges. Particulièrement chez les pays émergents, habitués à utiliser la monnaie des autres.

Europe. La crise révèle que les deux principaux partis politique espagnols ont un considérable pouvoir discrétionnaire (notamment concernant la justice et l’administration), et leur financement ne paraît pas totalement sans rapport avec les causes de la dite crise. A la surprise générale, Hollande a fait preuve de décision au Mali (ou d’ailleurs l’armée semble démontrer une sorte de génie tactique ?), mais le véritable combat est à la maison, et économique. L’Angleterre n’exporte plus, sinon ses capitaux et ses services. « Entre 1997 et 2007, la Grande Bretagne a connu un boom, en grande partie dans le secteur public et la construction. Des nouveaux emplois ont été créés par l’Etat, et des cabinets de conseil sont apparus pour répondre aux appels d’offres publics. Le capital et l’emploi ont été aspirés par le boom de la construction. Une grosse partie du boom britannique était lié à l’économie domestique ». (Le renouveau thatchérien aurait-il été une bulle spéculative ?)  Quant aux pays de l’UE, particulièrement la Grande Bretagne, ils tremblent. Car ils doivent « ouvrir leurs marchés du travail aux Bulgares et aux Roumains, qui sont entrés dans l’Union en 2007. » La zone euro, d’ailleurs, ne va pas bien. Banques qui ne prêtent pas, et euro surévalué. Si ses pays ne relèvent pas la tête, il sera impossible de leur demander un peu plus de rigueur. Les recettes de la BCE sont épuisées. (Sur l’Europe et ses divergences, voir aussi le billet suivant.)

L’ascenseur social ne fonctionne plus aux USA. Ce sont les revenus des parents qui déterminent ceux des enfants. Raisons ? Les conditions d’éducation des pauvres. Un environnement familial dysfonctionnel et un système éducatif qui s’intéresse au riche.

En Tunisie comme en Egypte, l’incapacité des gouvernements musulmans à résoudre les problèmes économiques compromet leur survie. Contrairement à ce qu’ils croyaient, le peuple n’attendait pas de belles paroles ? Et ensuite ? Pouvoir fort ou surenchère fondamentaliste ? « Cauchemar arabe » ?

Entreprise. Les fusions acquisitions devraient repartir. Leur moteur serait la réalisation de synergies, et l’emploi des réserves énormes accumulées par les entreprises, peut-être pour acheter, comme le font les Japonais, des sociétés de pays en croissance. Dell acquiert ses actions. Il veut sortir de son état de has been, apparemment en imitant IBM et HP. Pour ce changement, il ne juge plus que le marché est un bon stimulant. L’accident de sa plate-forme pétrolière du Golf du Mexique pourrait coûter à BP entre 39 et 90md$. (De l’intérêt de polluer un pays pauvre ?) Dans le dernier scandale bancaire (Libor), les amendes commencent à tomber, et on découvre la stupidité de ceux que l’on croyait des surhommes : ils n’ont même pas eu la présence de dissimuler leurs malversations ! L’incapacité des banques à s’autocontrôler est-elle une nouvelle raison de penser qu’elles sont trop complexes à diriger, et doivent être mises en pièces ?
Miracles de la technologie. Il serait possible de mesurer l’intensité de la pluie à l’atténuation des signaux que s’envoient les stations de téléphonie mobile. Pour ne pas être en reste avec Facebook, les boutiques espionnent leurs clients. Les mannequins sont équipés de caméras et les téléphones mobiles sont suivis à la trace.
Infidélité pour tous ? Le Sida aurait été contracté « entre 27 et 62% pour les homme et entre 21% et 53% pour les femmes » du fait d’infidélités conjugales, dit une étude africaine. Le réchauffement climatique fait fondre la glace du pôle nord (le réchauffement y est déjà de  2°), mais n’y fera pas venir le poisson.

Vieux démons occidentaux, guerre en Palestine et espoir au Mexique

The Economist voit le conflit Israélo-palestinien sous un angle inhabituel. La politique belliciste de M. Netanyahou a réussi. Israël se porte mieux, et ne reçoit quasiment plus de missiles. Le pouvoir de nuisance de l’Iran baisse depuis les troubles en Syrie. Parce que le Hamas a pris le côté de l’opposition syrienne, et que le chemin vers le Hezbollah est coupé. Et les nouvelles démocraties arabes sont trop préoccupées par leurs problèmes pour aider la Palestine. Mais, le Hamas pourrait avoir le temps pour lui, d’autant qu’il sera difficile, pour Israël, de maintenir une enclave palestinienne privée de droits au sein d’une région devenue démocratique. Bon moment pour un changement ?

Le Mexique aussi se transforme. Les Chinois devenant chers, les industries qui veulent alimenter les USA s’installent chez lui. D’où croissance forte, arrêt de l’émigration. Mais aussi baisse du taux de fécondité (au dessous de celui des USA, dans dix ans). Malheureusement, le parti gouvernemental serait corrompu.
La faille de la démocratie américaine est l’argent. Beaucoup de fonctions y étant électives, et se faire élire demandant beaucoup d’argent, ceux qui en ont, ont le pouvoir de faire la pluie et le beau temps. A mon avis, c’est surtout préoccupant en ce qui concerne la justice. Quant à l’élection présidentielle, les deux partis s’équilibrent. (Bien qu’ils doivent tout de même se plier aux désirs des gros donateurs.)

Europe de l’Ouest. La Catalogne va-t-elle quitter l’Espagne. Pour l’éviter, le pays pourrait devenir plus ou moins fédéral. Mais je n’ai pas compris en quoi cela résoudrait les problèmes économiques de l’ensemble. En Italie, le résultat des prochaines élections est imprévisible, mais M.Monti devrait continuer à la gouverner. L’avenir de l’UMP est tout aussi brouillé. (Victoire de Sarkozy ? ce dont je doute.) Les Allemands sont aux prises avec leurs néonazis, et l’Angleterre voit son salut dans le Commonwealth. Les crises ressuscitent les vieux démons ?

Changement dans l’industrie. La production des pays riches augmente. Et la composition de l’emploi se transforme. Il glisserait de l’usine aux services liés à l’industrie, et à la fabrication de machines. Chez HP, tout va mal, sauf le logiciel. Et ses acquisitions semblent malheureuses. « Au troisième trimestre, HP a réduit de 8md$ la valeur d’EDS, un vendeur d’équipements et de services acheté en 2008 pour 13,9md$, plus 1,2md$ pour Compaq, un fabricant de PC. » Quant à Autonomy, le chiffre serait de 8,8md$ (sur 10,3md$). Pour la voiture et l’avion, le temps du sans pilote arrive à grands pas. La technologie qui le permet servira, pour commencer, à aider les pilotes humains.
Théories économiques. Pendant longtemps on nous a enjoints de ne penser qu’aux intérêts de l’actionnaire. Aujourd’hui, on dit que c’est dangereux. Mais, curieusement, The Economist nous demande de continuer sur la même voie, les alternatives ne conduisant à rien de mesurable… De manière plus profonde, peut-être, le journal pense que ce n’est l’indicateur, en lui-même, qui est en faute, mais la façon dont les dirigeants l’ont employé. « Le problème n’est pas que les investisseurs sont des idiots, mais que les dirigeants le croient. »
Un résultat mesuré sur eBay : en moyenne, il rapporte plus de ne pas masquer les défauts d’un produit que de faire le contraire… Et, pour une raison inconnue, fixer un salaire minimum serait bon pour l’économie et pour l’emploi, et réduirait les inégalités salariales. C’est contrintuitif.  Et c’est tout ce que j’ai retenu de The Economist, cette semaine.