Y a-t-il de la vie extraterrestre ?

L’existence d’une vie extraterrestre était une évidence pour les scientifiques, il y a seulement quelques décennies. Les « exoplanètes » auraient ravivé cette idée. J’ai entendu dire cela à plusieurs reprises par France Culture ces derniers temps. 

Mais jamais, me semble-t-il, on ne définit ce qu’est « la vie ». Au mieux, on se contente de dire : les mêmes causes produisent les mêmes effets. Il doit y avoir, ailleurs, « quelque-chose » qui ressemble à ce qui se passe sur Terre. 

Y a-t-il de l’intelligence sur Terre ? a-t-on envie de demander. Et si ce que l’on appelle « intelligence » était un talent de salon, qui épate le bourgeois ?

(D’ailleurs, si l’on ramenait chez nous « quelque-chose qui ressemble à ce qui se passe sur Terre », n’obtiendrait-on pas la « mère de toutes les épidémies » ? Comme dans La guerre des mondes, mais à l’envers ?)

Bon sens : danger ?

Apparemment on a longtemps considéré comme une évidence qu’il y avait de la vie dans l’univers. Raisonnement : l’univers est très grand, il y aura sûrement un endroit où les conditions que l’on trouve sur la terre se reproduisent. 

Or, on découvre qu’il faut attaquer la question par la théorie du chaos de Poincaré : une cause microscopique peut avoir une conséquence macroscopique. La Terre est le fruit de très grands hasards. De même, il y a des milliards d’hommes et pourtant pas deux sont identiques.  (Si j’ai bien compris, c’est ce que disait une émission d’Etienne Klein.)

J’ai toujours tort, dit ce blog. Peut-être ne suis-je pas le seul ? 

La conquête de l'espace pourrait-elle résoudre les problèmes terrestres ?

L’économiste John K. Galbraith imaginait que la fusée serait le moteur de l’économie. Pour ne pas connaître de crises, l’économie doit être tirée par des besoins toujours croissants. Pendant et après la guerre, les dépenses militaires avaient ce rôle. Il pensait que la conquête spatiale prendrait le relai.

La conquête de l’espace a quelque-chose d’inquiétant : toutes les conquêtes ont suscité des épidémies. Lorsque des vies qui se sont développées séparément se rencontrent, les premiers temps sont destructeurs. Cependant, elle a aussi des avantages :

  • Elle offrirait un emploi à la partie aventurière de la population, qui ne vit que pour le danger. 
  • Elle stimulerait l’innovation. Elle aurait des retombées terrestres. 
  • Nous ferions des découvertes qui modifieraient notre vision du monde et de nous-mêmes. 
  • Elle serait un spectacle, façon Hollywood, celui de l’intelligence humaine confrontée à l’inconnu. 

L'Allemagne conquiert l'espace

Hasard. Je découvre la video ci-dessous. Armé d’une règle à calculer, Werner von Braun parle de la conquête de l’espace. En ces temps, l’espace faisait rêver. Et on savait faire rêver de l’espace.


Mais, curieusement, ce que Werner von Braun avait prévu ne s’est pas passé. Pour lui, la première étape de la conquête de l’espace serait la construction d’une station orbitale, qu’apparemment il savait construire. De là, l’homme partirait à la conquête des planètes, avec de petits véhicules.

On a employé des moyens plus simples pour atteindre la lune. Un trajet direct. Cela s’explique peut-être par le fait que Werner von Braun, au moment du film, ne possédait pas de fusée assez puissante. D’autant que ses idées viennent probablement de plus loin, et que le défi russe a dû stimuler immensément la recherche américaine.

Cependant, je me suis demandé s’il ne parlait pas en Allemand. Une conquête de l’espace allemande, avec les moyens américains, aurait certainement été sérieuse et méthodique. Elle n’aurait pas été une mode. Et aujourd’hui l’homme serait installé sur Mars ?

La conquête de l'espace a-t-elle un avenir ?

La conquête de l’espace a-t-elle un avenir ? se demandait France Culture. Dans mon enfance, j’aurais dit oui.

Qu’est-ce qui a  changé ? Les scientifiques ? Jadis, faute d’éducation, on ne pouvait que les admirer. Aujourd’hui, ils semblent « mal finis ». Trop spécialisés, ils pêchent par leur manque d’esprit critique. Or, c’est le propre du scientifique ! Apprentis sorciers ?

Jusqu’aux années 60, la science a été sociale. Les meilleurs esprits combinaient leurs forces pour révéler les merveilles de la nature. Aujourd’hui, on est chez Mad Max, ou au Moyen-âge post chute de Rome. La science a été démantelée. La NASA est une bureaucratie incapable de construire des fusées. Des milliardaires fous, comme Elon Musk, ont mis la main sur quelques dépositaires du savoir ancien, et croient effacer ce qui les a précédés.

Le sujet de la conquête spatiale moderne c’est la recherche de la vie, disait l’émission. Mais, ai-je pensé, on ne sait pas ce qu’est la « vie » ! Et, ne risque-t-on pas ce qui est arrivé lors des explorations terrestres : des épidémies ? Jadis, on explorait pour explorer. Pour « connaître ». Nous passions de l’ombre à la lumière. Voilà tout. C’était un acte de foi. Mais nous avons compris que la recherche de la connaissance avait un coût. Cela nous a fait perdre la foi. Voilà pourquoi la conquête spatiale n’a plus qu’un terne avenir ?

Le libre échange sauve le monde de la pauvreté

Grâce au capitalisme et au libre échange, le monde sort de la pauvreté, dit The Economist. Ce qui me laisse dubitatif. Ce qui ne me va pas est la définition même de pauvreté. Les indiens d’Amazonie sont pauvres, nos ancêtres étaient pauvres, les animaux sont pauvres. On est pauvre lorsque l’on n’obéit pas au modèle capitaliste. Tout le génie de l’Occident aurait-il été d’avoir défini le progrès comme le degré d’adhésion du monde à ses valeurs ?
M.Poutine, pour sa part, représente le mal. Il utilise la confrontation avec l’Occident pour se maintenir en poste. Il semble extraordinairement habile, et les Russes particulièrement crédules. « Le nombre de ceux qui croient que la Russie a des ennemis étrangers est passé de 13% en 1989 à plus de 70%. » En France, comme je le soupçonnais, M.Moscovici mène des manœuvres européennes sous-marines : « Quand il est devenu clair, l’année dernière, que la France n’allait pas atteindre l’objectif des 3% – bien avant que le gouvernement l’admette, il a commencé des discussions discrètes avec Olli Rehn, le commissaire européen à l’économie. Les deux hommes, l’un socialiste français, l’autre libéral finlandais, forment un curieux couple, pourtant ils ont construit une « excellente relation » ». En Italie, la coalition gauche, droite a gagné des élections. La montée du parti cinq étoiles est-elle irrésistible ? Et il y a encore du monde pour vouloir rejoindre l’Europe, et la zone euro. Curieusement. C’est maintenant au tour de la Lettonie. Elle veut échapper à « l’emprise de la Russie ». « En adhérant, elle gagnera un siège à la table de négociation, des coûts d’emprunt plus faibles, et elle attirera des investissements étrangers. Et, dites-le doucement, la Lettonie aurait accès aux liquidités de la BCE et aux fonds de sauvetage, au cas où la crise reviendrait. » En échange, la zone euro gagne une plaque tournante du commerce et de la circulation de fonds russes. Mais l’Europe aurait bien mauvaise grâce de se plaindre. N’est-elle pas chargée de tous les pêchés ?
Et maintenant, un voyage chez les bons. La Suède, grande donneuse de leçons économiques et morales, est en feu. « l’économie se débat avec une baisse de la demande de la zone euro et une monnaie forte ». L’Allemagne va-t-elle exporter son modèle d’apprentissage ? Pas simple. « La tradition de coopération entre l’Etat, les syndicats, les employeurs et les écoles a mis des générations pour se construire ». Et il n’est peut-être pas si bon que cela. En effet, il était déjà là lorsque l’Allemagne était en crise et surtout, « il apparaît que les connaissances acquises par un enseignement professionnel deviennent rapidement obsolètes ». Les jeunes espagnols les mieux qualifiés quittent leur pays. Or sa population vieillit vite. Qui va nourrir ses retraités ? En Angleterre, les jeunes partagent les valeurs de The Economist. Ils ne se mêlent pas des affaires des autres et se méfient de la protection sociale, contrairement à leurs parents. Malheureusement, ils ne sont pas prêts à se battre pour leurs idées. The Economist soupçonne que tout ceci est une question de conditionnement. Les USA envisagent de légiférer quant à l’usage des drones. Ils craignent que des nations mauvaises, Chine, Iran, Russie… ne suivent leur exemple et ne se mettent à frapper leurs opposants en dehors de leurs frontières. Mais est-ce bien utile ? L’Amérique ne nous a-t-elle pas simplement rappelé que la loi qui s’applique au monde est celle du plus fort ? Au Japon, les réformes économiques de M. Abe donnent des signes inquiétants. Les taux des obligations d’Etat grimpent alors que le pays est massivement endetté. Apprentis sorciers ? Décidément, M. Abe n’a pas de chance, il voulait faire voter une loi qui lui aurait permis de transformer aisément la constitution du pays, et de revenir à un nationalisme d’avant guerre, mais il ne semble plus pouvoir disposer de la majorité nécessaire. Heureusement, il y a la Chine. Le Japon fait des affaires avec les pays qu’elle inquiète (notamment la Birmanie). 
Technologie de l’information et destruction créatrice. La presse apprend à utiliser les informations véhiculées par les réseaux sociaux. Montée des plates-formes électroniques internationales créant un marché mondial du travail. Risque de « déplacer l’emploi vers les pays pauvres » ? En tout cas, il semble qu’il y ait une tendance au morcellement du travail : « entre un cinquième et un tiers des travailleurs américains sont maintenant des indépendants ou des intérimaires, ils n’étaient que 6% en 1989. » Le marché des serveurs (ordinateurs) change. On utilise des sous-traitants ou on les construit soi-même (Cisco) plutôt que de les acheter chez IBM ou HP.
L’entreprise privée veut conquérir Mars. Elle a trouvé un moyen de pallier son manque de ressources : il y a des volontaires pour prendre des risques. Soit d’un aller et retour sans escale, avec une probabilité d’un tiers de survie, soit d’un aller unique, avec installation. Pour le reste l’argent viendrait des droits de diffusion médiatique de cette forme de « reality show ». Mars n’est-il pas le nom approprié à des jeux du cirque ? 

L’entreprise suisse nettoie l’espace

Une société suisse a pour raison sociale le nettoyage des débris de satellites. (Short Sharp Science: Swiss ‘janitor’ satellite to sweep up space junk)

Nouvelle manifestation des avantages économiques que procurent les caractéristiques culturelles d’une nation ?

Au moins indirectement. Que j’aie écrit ce billet montre que jouer sur des stéréotypes permet d’amplifier, à faible coût, un message. 

Alastair Giffin

Alastair Giffin, co-fondateur de Prendo Simulations, a eu une idée simple, donc brillante. Quelle est la raison principale d’échec d’un projet ? Par définition, l’équipe projet le fait pour la première fois !

Pourquoi, alors, ne pas former les chefs de projet comme les astronautes : avec un simulateur ?

Mais peut-on simuler la complexité humaine ?

Il est impossible de simuler une visite de la lune, mais il est possible de donner aux astronautes les gestes qui sauvent. Idem pour les projets.

Compléments :

  • Il vend ses simulations aux esprits supérieurs : Oxford, HEC… et à quelques multinationales éclairées.

Marché et emploi

Progressivement une idée a émergé de ce blog. Et si nos politiques avaient voulu transférer les services publics au privé, simplement pour créer de nouveaux marchés ? Car le marché, quel qu’il soit, c’est le bien. C’est ainsi que le système de solidarité sociale est devenu privé (assurances). De même pour la santé, l’école, les transports, l’énergie, les télécoms, la sécurité…
Dans ce raisonnement la qualité ne compte pas. Par exemple le système de santé américain, qui a poussé le plus loin ce concept coûte très cher, mais a de mauvais résultats en termes de santé. Pas grave : un marché prospère, hautement technologique, est né. Il y a une demande pour une médecine nuisible ! De même qu’il y a une demande pour une nourriture malsaine. Dans ces conditions pourquoi intervenir ?
Jean-Baptiste Say ne disait pas autrement : la logique du marché est de produire le plus possible, ce que l’on produit n’a aucune importance.
Si le marché raccourcit notre vie, nous éduque mal… peut-être peut-il nous garantir un emploi ? Les périodes durant lesquelles on lui a laissé la bride sur le cou (ère victorienne, avant guerre, dernières décennies), ont produit richesse d’un petit nombre et misère pour beaucoup. Au contraire, seul le dirigisme, la « technocratie », a été associé au plein emploi.  
Mais le marché est créatif ? Nos grands créateurs sont des Newton, Pasteur, Fleming, Curie, Einstein… enfouis dans des laboratoires. Ou encore les gouvernements en guerre, qui font faire des pas de géant à l’économie, et dont la dernière création est Internet.
Schumpeter avait-il vu juste lorsqu’il disait que l’entrepreneur combinait d’une nouvelle manière des moyens de production existants ? Pour que son talent s’exprime, il a besoin d’un substrat que ne fournit pas une économie de marché ?
Serait-il temps d’examiner notre idéologie du tout marché, et de se demander si elle ne doit pas évoluer ?
Compléments :
  • Say, Jean-Baptiste, Cours d’économie politique et autres essais, Flammarion, 1996
  • Schumpeter, Joseph A., The Theory of Economic Development: An Inquiry into Profits, Capital, Credit, Interest and the Business Cycle, Transaction Publishers, 1980.
  • The Economist me rejoint : l’économie de marché de l’Amérique moderne est incapable d’amener un homme sur la lune, ou de conquérir l’espace.