Abus de faiblesse

L’autre jour, un entrepreneur avait utilisé chatgpt pour évaluer son entreprise. Ce qui donnait un résultat dont il était très content. Curieusement ce n’est pas celui qu’a trouvé l’investisseur potentiel. (Curieusement, le logiciel n’a pas cité les méthodes usuelles d’évaluation, par exemple celle qui dit que la valeur d’une entreprise correspond à une estimation de l’argent qu’elle peut rapporter.)

On lit que l’intelligence artificielle est utilisée par les enfants en mal d’affection, par des élèves incultes, par les randonneurs du dimanche… L’intelligence artificielle semble avoir trouvé un gros marché (le gros de son marché ?) parmi les populations fragiles et complexées. Elle fait croire à des millions de gens qu’ils sont particulièrement intelligents de pouvoir utiliser, comme tout le monde, ce type d’instrument.

Ce blog a beaucoup parlé des travaux des psychologues sur l’escroquerie. Il semble que l’IA, et peut-être nombre des « innovations » modernes doivent leur succès à des phénomènes identiques. Elles jouent sur nos failles honteuses.

Super intelligence

Grand thème de discussion du moment : l’intelligence artificielle va ridiculiser l’intelligence humaine, faut-il laisser faire ?

Extraordinaire coup de publicité auquel ses auteurs croient. Une partie de la société a une fascinante capacité d’auto persuasion. Et le journaliste en fait partie. Même le scientifique a été acheté : s’il ne parle pas d’une idée à la mode, sa recherche n’est pas financée.

Psychologie de l’escroquerie : on croit à ce en quoi on a intérêt.

Ce qui pose la question de la manière d’éviter ce phénomène (autrement que par la crise).

Nouvelle centralisation

Je n’y ai pas cru, mais il semblerait que ce soit vrai : l’Etat a procédé, ces dernières années, à une nouvelle centralisation.

Le phénomène est curieux. Il a à la fois donné beaucoup plus de responsabilités aux collectivités locales, tout en réduisant leurs moyens, mais aussi en intervenant dans ce qu’il leur avait confié, ce qui produit une grande désorganisation.

Curieusement, alors que cela aurait dû lui faire faire des économies, il dépense de plus en plus.

Théorie du complot ? Ou responsable mais pas coupable ? L’hypothèse que je fais est que, au sommet de l’Etat, on a fini par se convaincre que les collectivités étaient mal gérées, et qu’elles avaient besoin qu’on leur donne une leçon d’économie. Il est possible que, en même temps, l’Etat ait pensé qu’il était logique qu’elles assument des tâches dont il s’occupait jusque-là.

En fait, une telle idée a d’autant plus de chances d’être adoptée sans discussion qu’elle est agréable, et qu’elle demande peu d’efforts. (C’est ce type de faiblesse qu’exploite l’escroc.)

Drôle de mine

Il n’y a pas que le numérique ! Au Canada, les mines peuvent aussi faire des bulles.

A-t-on l’équivalent chez nous ? On trouve dans les programmes de la BBC des enquêtes passionnantes. Un journaliste de l’Empire a consacré 25 ans de sa vie à étudier tel ou tel scandale ou crime crapuleux. Et il présente ses travaux sous la forme d’un feuilleton, dont les effets sont soigneusement calculés. Riveting, comme on dit en anglais.

Dernier en date : The $6 Billion Gold scam. A la fin des années 90, des prospecteurs disent avoir découvert la mine d’or du siècle aux Philippines. Un géologue hollandais, au bout du rouleau, et une compagnie canadienne famélique leur emboîtent la pas. On trouve de plus en plus d’or. Le cours de l’action de ladite société s’envole. En fait, c’était, très probablement, un coup monté par des géologues philippins. Une révolte de l’exploité ? L’organisateur s’est évanoui dans la nature, en faisant croire à sa mort. Personne n’a été condamné. Le petit porteur qui se pensait millionnaire s’est retrouvé gros Jean comme devant.

Eternelle recette de l’escroquerie ? Un des sous-produits du capitalisme ?