Problème du moment. Mais aussi problème ancien. Comment faire que le travail ne soit pas soumission ?
Cela semble tenir, en grande partie, à ce que l’entreprise est créée par une personne. Du coup, elle ne peut que la concevoir comme une bureaucratie, pour qu’elle exécute des ordres, comme si elle était une machine. Si elle emploie un homme, c’est, justement, parce que la machine n’est pas capable d’initiative, et est peu adaptable. (D’où la séduction de l’intelligence artificielle.)
Peut-on faire mieux ? Il y a plus malin. L’entreprise allemande est dirigée par trois ou quatre personnes. Il y a aussi l’association, comme dans les cabinets de conseil. Les associés sont des égaux, et les consultants savent qu’un jour, s’ils font preuve de talent, ils seront associés ! Il y a aussi les réseaux d’entreprises, et les réseaux d’indépendants.
Et il y a l’association, au sens économie sociale. L’entreprise est conçue comme une démocratie. Tous propriétaires. Seulement, l’association a eu recours au salariat. Et on a été ramené au problème précédent.
En bref, il semble que la formule du bonheur soit l’entreprise conçue par ceux qui y travaillent, ou, peut-être, comme dans les travaux d’Isaac Getz, qu’un démiurge amène des salariés ordinaires à s’emparer de l’organisation qui les emploie.