EDF futur FT ?

La situation d’EDF semble bien plus mauvaise que ce que je craignais (Nuclear contamination).

  • Ses acquisitions causeraient 65md€ de dettes en 2017-18. Pas loin de France Télécom de la bulle Internet.
  • Il se confirme qu’EDF a oublié de s’occuper de nos centrales.
  • Son nouveau patron veut prendre le contrôle de la partie d’Areva qui bâtit des réacteurs. Mais il semble douter de l’efficacité de l’EPR (qui produirait à 70€/MW contre 30 pour une centrale traditionnelle) et vouloir proposer des modèles plus simples (étrangers) à ceux qui le désirent.

Areva serait-il aussi très mal parti ?

Compléments :

TGV Est

Voyage en TGV :

Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris le TGV. Et je ne connaissais pas le TGV est. Le pensant plus récent que les autres, et véhicule d’une contrée riche, je m’attendais à quelque chose de cossu et de technologiquement avancé. Déception. Extérieur un peu médiocre. À l’intérieur, ça vibre beaucoup. Pire, à l’aller mon wagon était plongé dans le noir toutes les dix minutes, au retour le néon de ma banquette ne marchait pas. On se serait cru en Angleterre.

La SNCF prépare-t-elle son entrée dans le monde concurrentiel en copiant l’élite financière anglo-saxonne : exploitation du « client » pour enrichir le manager supérieur ? Comme EDF qui fait de coûteux achats mais n’entretient plus son parc de centrales ? (France : coupures d’électricité ?)

France : coupures d’électricité ?

Ça semble vraisemblable cet hiver.

Nos centrales sont en mauvais état, notre réseau n’est pas équipé pour importer de l’électricité (nous sommes supposés être exportateurs), nous sommes massivement équipés de chauffages électriques.

Tentant de voir ici la main d’EDF et du gouvernement. Un nouvel exemple de changement à la française. Le nucléaire est supposé nous apporter de l’énergie bon marché et abondante, EDF promeut le chauffage électrique, puis ce même EDF se lance dans une ambitieuse croissance externe, internationale, dont il n’a pas les moyens, et qu’il mène au détriment du parc installé.

Simple hypothèse.

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Les découvertes de la dernière centaine :

  • Avec le traité de Lisbonne, l’Europe est peut-être à un point de bascule, et la recherche de son président semble l’amener à une réflexion sur ce qu’elle est, qui montre l’isolement anglais. Comment va-t-elle finir ?
  • Jusqu’ici je ne m’étais guère demandé ce que signifiaient les droits de l’homme. Je n’avais pas perçu qu’une approche fondamentaliste du sujet était incompatible avec ce qu’est une « société ».
  • Je ne connaissais pas grand-chose à l’histoire Turco-arménienne ; maintenant, je pense qu’elle a été victime de nos idéologies occidentales.
  • Quant à nos idéologies actuelles, elles étaient à deux doigts de tourner en totalitarisme. Il était grand temps que la crise nous ouvre les yeux.
  • Une réflexion sur le sort d’EdF m’a rappelé qu’un de nos maux nationaux était d’avoir de grandes ambitions mais de ne pas nous en donner les moyens, d’où les malheurs de notre société. (J’ai immédiatement éliminé une partie de mes trop nombreuses activités bénévoles pour mieux m’occuper de celles qui me restaient.)
  • Prise de conscience aussi du dynamisme entrepreneurial des pays émergents (Téléphonie mobile et pays émergents) et, par contraste, qu’une idéologie financière a tué le nôtre.
  • Je me suis longtemps demandé si Mao avait eu raison de se fâcher avec le Confucianisme et si la Chine ne nous singeait pas de manière ridicule. Je crois avoir compris qu’il y avait là le seul moyen de se transformer et de faire absorber par la culture locale les apports de la nôtre.
  • Curieusement ce qui a fait le plus progresser ma très ancienne réflexion sur la comparaison des cultures chinoise et occidentale est le livre de Bill Belt sur le Lean Manufacturing. Le lean est l’émanation d’une culture flexible et durable, mais qui, probablement, tend à se satisfaire d’elle-même. La culture occidentale est une culture de la machine et de la rupture, qui a aussi sa faiblesse : elle devient vite une culture d’héritiers qui ne savent plus que tricher avec les règles de la société.

EDF

Energetic manoeuvres : y aurait-il lieu de se préoccuper de l’état d’EDF ?

  • La société se serait engagée dans une très ambitieuses stratégie d’expansion internationale (ce qui ferait monter les intérêts de sa dette à 2,5md€) : achat de British Energy (£12,5md) + Constellation (4,5md$).
  • Ses centrales marchent moins bien que celles de ses concurrents (âge, grèves…). Ce qui force EDF à leur acheter de l’énergie.

Retour d’un des vieux démons français, le champion national ? On l’élève à coup d’achats ruineux, dont la société n’a pas les moyens. On pense à France Télécom et à ses 70md€ de dettes, au Crédit Lyonnais et à sa faillite, mais aussi à Thomson que M.Juppé voulait vendre pour 1F. Et à quelques autres.

EDF n’aurait-il pas mieux fait d’investir dans ses installations et de s’occuper de son personnel ?

Compléments :

  • L’article dit aussi que le nouveau dirigeant d’EDF présente l’avantage d’être un ami de N.Sarkozy, mais l’inconvénient de vouloir conserver la direction de Veolia, ce qui pourrait présenter un conflit d’intérêts.
  • Faut il voir dans le peu d’efficacité de la production d’EDF une répétition des problèmes que l’on prête à FT (Efficacité de France Télécom) ?

Prix d’un patron

Mon attention erre sur une publicité de l’université de Chicago (What the future holds for markets, dans l’édition de cette semaine de The Economist). Un professeur certainement célèbre y déclare « le PDG typique gagne 8m$, il a 20.000 employés, nous le surveillons tous, en permanence, dans l’attente d’une erreur. C’est vraiment dur, même à ce niveau de paie ».

Drôle d’argument. Imaginez que vous soyez patron, il suffit de faire illusion un mois pour que vous ayez gagné 700.000 dollars. Plus de 15 ans du PIB moyen américain. Dans ces conditions, la tension ne me semble pas si difficile à supporter.

D’ailleurs, n’est-il pas plus difficile de travailler dans une centrale nucléaire, ou à la régulation des trains ou des avions ? Une erreur = des centaines, ou des milliers de morts. Or ceux qui ont ces emplois à responsabilité ultime sont payés des clopinettes. N’y aurait-il pas une erreur quelque part ?

On répondra sans doute que ce n’est pas tel ou tel qui fait la sécurité d’EDF ou de la SNCF mais la structure sociale EDF ou SNCF, des centaines de milliers de personnes guidées par des processus qui ont mis des décennies à se construire. Mais n’est-ce pas aussi le cas pour le P-DG ? Et n’est-ce pas parce qu’on la shooté au fric qu’il en veut toujours plus et que, pour cela, il fait courir des risques invraisemblables à son entreprise, à l’économie, et au monde ?

Complément :

  • Il y a encore quelques décennies, on pensait que le dirigeant devait être un salarié plus ou moins interchangeable d’une technostructure : L’ère de la planification.
  • La recherche scientifique dément l’universitaire (Steven Kaplan) : les dirigeants ont une confiance démesurée en leur chance et en leur talent, autrement dit ils sont insensibles à la critique. LOVALLO, Dan, KAHNEMAN, Daniel, Delusions of Success, Harvard Business Review, Juillet 2003.

Que donnent les déréglementations ?

Soumettons l’économie aux lois du marché, et il en sortira performance, richesse et innovation. L’exemple de l’énergie européenne (Power games).

L’industrie européenne de l’énergie a été déréglementée il y a quelques années. Fin de consolidation : quelques champions nationaux (EDF, E.ON, RWE, Enel), des acteurs plus petits issus du démantèlement d’autres services publics nationaux, mais dont la faiblesse est protégée par la loi d’une acquisition (injuste) par un champion national. Oligopole. « Au niveau européen, les analystes disent que la consolidation et la concentration pourraient être en train de pousser les prix vers le haut ».

Nouvelle illustration d’un phénomène que seules les élites intellectuelles et gouvernantes ne semblent pas pouvoir comprendre : la concurrence n’amène pas au meilleur des mondes, mais à l’oligopole. Et remplacer le service public par l’oligopole n’est pas bon pour la santé : si le premier essaie de servir la société, le second sert son intérêt.

Consommateur, où est ta victoire ?

Compléments :

  • L’oligopole est partout dans l’œuvre de John Galbraith (The New Industrial State, Princeton University Press, 1985), mais il n’a pas fait école.
  • Estimons-nous heureux, nous n’avons pas connu les affres de la déréglementation de l’énergie californienne (les fournisseurs d’énergie ont adroitement infléchi la loi de l’offre et de la demande en leur faveur, d’où quelques longues coupures d’électricité).