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Vie des centrales
La libéralisation de l'économie expliquée
A partir des années 90, la Commission européenne exige des États membres de libéraliser de vastes secteurs de leur économie, notamment celui de l’énergie. L’objectif était de casser les monopoles verticalement intégrés afin de faire jouer la concurrence. EDF est donc contrainte, de l’amont à l’aval, d’opérer une séparation juridique entre ses activités (création d’ERDF et de RTE). L’État « stratège » opérant un pilotage de long terme des différentes entreprises de l’énergie laisse progressivement place à un État « neutre », c’est-à-dire gardant l’actionnariat par sécurité sans imposer sa vision aux entreprises.
Borloo PDG de Veolia, ou le retour de l’Ancien régime ?
Il semblerait que le patron d’EDF, ami de notre président, ne soit pas content que son successeur chez Veolia mette en cause la stratégie d’expansion qu’il avait décidée pour le groupe. Il voudrait le faire renvoyer. M.Borloo pourrait le remplacer. (Jean-Louis Borloo pressenti pour Veolia – LeMonde.fr)
- Article de la Tribune sur le même sujet.
- Sur l’impact supposé du recrutement des dirigeants français sur la performance des constructeurs automobiles : European carmakers: Too many cars, too few buyers | The Economist.
- Des détails supplémentaires sur les tractations concernant la direction du groupe. Où l’intérêt collectif semble avoir bien peu de place à côté de l’intérêt personnel… Et explications des résultats du groupe.
Démocratie verte
Hier, j’entends dire que, en accord avec les verts, le programme du PS annonce la disparition de 24 centrales nucléaires, mais que l’intervention d’un ami du patron d’EDF a évité que le dit programme ne lui soit encore plus défavorable.
Est-ce cela la démocratie ? Le problème infiniment complexe de l’énergie est réglé en 5 minutes par des manœuvres d’arrière cuisine, ayant pour seule rationalité l’idéologie d’intérêts particuliers ? C’est cela le dialogue avec les parties prenantes dont le développement durable parle tant ?
Pas joli-joli ?
Champions nationaux
Après l’ère libérale, nous en sommes revenus à une politique industrielle, une forme de protectionnisme.
- La politique industrielle consiste à développer les compétences naturelles du tissu économique national, pour qu’il acquiert un avantage qui lui permette de décourager les offres concurrentes. (Ce qui n’est pas forcément répréhensible : le système mondial atteint un équilibre sain, si chaque nation parvient à développer des compétences à elle.) LIST, Friedrich, Système national d’économie politique, Gallimard, 1998.
Japon, nucléaire et danger
Réseau électrique français
Changement sexiste
Discussion sur le changement organisée par des élèves de Sciences U. Cécille Etrillard raconte son expérience (remarquable) de changements chez EDF. Au passage, elle fait une remarque qu’elle dit sexiste : la conduite du changement est art de l’influence, les femmes ont donc un avantage décisif. Je suis d’accord. Voici quelques caractéristiques favorables, ou non, au changement, selon moi.
- Résultat préliminaire (qui explique la suite) : savoir conduire le changement, c’est savoir utiliser les lois invisibles de la société.
- Les femmes ont une approche sociale du monde, alors que l’homme donne de la tête contre les murs.
- Les nations individualistes (Anglo-saxons, pays nordiques, la France dans une moindre mesure mais tout de même en haut de classement mondial) tendent à être nettement moins douées pour l’animation du changement que les pays communautaires (Maghreb, Asie…). J’ai été très impressionné, par exemple, par la capacité à conduire le changement d’étudiants marocains et algériens. De même, j’ai noté lors d’un rappel à l’ordre des élèves d’un Master, la différence de réaction des participants. Une étudiante Biélorusse, et une autre d’origine chinoise ont répondu immédiatement : « qu’avons-nous fait », « comment pouvons nous nous tirer de cette affaire ». Les Français ont cherché un coupable. Par contre, les communautaires tendent à manquer de cap, de méthode. Les techniques « individualistes » (schémas directeurs) leur sont d’une grande utilité.
- Ceux qui ont une vision, mais pas le pouvoir officiel de la mettre en œuvre, tendent à découvrir les leviers cachés de la société. Ils deviennent des leaders naturels. Ceux qui font bouger les organisations sont bien plus souvent en leur sein qu’à leur tête. « Il faut bien que je les suive, je suis leur chef » aurait dit La Fayette.
- L’Éducation nationale, par son obsession de la rationalité, de l’équation, de l’unicité de la vérité… produit des personnels incapables de conduire le changement. Ce que n’arrange pas le fait que l’élite universitaire tend à avoir immédiatement du pouvoir (cf. point précédent). En termes de conduite du changement, l’autodidacte a un avantage colossal.
EDF
« Faute d’investissements suffisants, le réseau de distribution d’EDF est en piteux état. Particulièrement en zone rurale. Pis, son mauvais entretien le rend de plus en plus vulnérable aux aléas climatiques »
A périmètre et change constants, l’activité recule de 1,6 %, en raison d’une baisse des prix de l’électricité et du gaz à l’étranger. En France, le chiffre d’affaires progresse au contraire de 1,4 %, la demande ayant été stimulée par un climat rigoureux.