EDF démantelé

Le parlement aurait imposé à l’Etat de ne pas démanteler EDF. Que se passe-t-il ?

J’ai suivi son histoire de loin. Si l’on regarde ce blog on lira que, pour moi, c’est du déjà vu. Crédit Lyonnais ou France Télécom, cela vous rappelle quelque-chose ? Un service public est pris en main par des hauts fonctionnaires, qui veulent en faire un champion du secteur privé. Pour cela, ils ne savent faire qu’une chose : acheter des entreprises. Or, non seulement ils en évaluent mal le prix, mais ils ne savent pas les absorber. Résultat, les dettes augmentent.

En outre l’Etat avait décidé, semble-t-il, de se séparer du nucléaire. A l’intérieur, les « vieux de la vieille », les ingénieurs, disaient que ce n’était pas possible, et que l’on serait bien obligé d’y revenir. Seulement, depuis un demi-siècle, l’homme de l’art est progressivement éliminé par l’homme de discours.

Aussi, lorsque j’ai vu que, soudainement, l’Etat en revenait au nucléaire et parlait de nationaliser EDF et ses dettes, j’ai cru au retour du sérieux et des ingénieurs. EDF allait réapprendre à construire des centrales. J’ai donc été surpris lorsque j’ai entendu que le gouvernement plaçait à sa tête un ingénieur de l’armement.

Apparemment, démanteler serait une idée de l’Europe. A mois que, comme chez les Anglais, l’Europe ait bon dos. Le véritable motif pourrait être les fameuses dettes. Le gouvernement n’aurait-il pas voulu nationaliser les pertes et privatiser les gains ? J’imagine qu’ainsi, il pensait récupérer un peu d’argent à court terme. Quitte à nous en faire perdre beaucoup à long terme ? (A la manière des autoroutes ?) Mais, comme disait Keynes, à long terme, nous sommes tous morts ? Surtout les gouvernements ?

(Article de Marianne.)

(PS. Le 18 février, je recevais ce message : « EDF faces shouldering more of soaring bill for Hinkley Point
Nuclear power station costs could rise to £32bn as French group warns Chinese partner may not meet extra payments » (Financial Times).)

L’accent d’EDF

Agression. Un représentant d’EDF parle à la BBC. La France est probablement la seule nation à ne pas avoir compris que le plus important en anglais est l’accent. Non seulement, il révèle le niveau d’éducation du locuteur, mais aussi son intention. Celle du Français évoque le sans-culotte.

Bien sûr, ce n’est pas vrai pour tout le monde. Il y a quelques Français ayant des responsabilités internationales, qui parlent sans agressivité. Et la voix d’Hercule Poirot peut-être, selon l’interprête, pleine de séduction enfantine.

Et cela ne fait que rehausser les mérites d’EDF qui s’est imposée comme une puissance en Angleterre. En quelque-sorte elle a réussi là où l’Etat chinois a échoué : le bras armé d’un pays totalitaire a pris le contrôle d’une partie de l’économie anglaise. Et la BBC n’en parle qu’avec stupeur et tremblements.

Electricité et changement

On a dit, on va les avoir, on les a eus, disait Tristan Bernard, au sujet des Allemands. Il en est de même de nos centrales nucléaires.

Nos intellectuels nous expliquent qu’il faut s’en débarrasser, et, aussi, qu’il n’y a rien de plus terrible que le CO2. EDF et son art de l’entretien leur donnent une leçon de conduite du changement. (Y eut-il complot ?) Cet hiver nous serons dans le noir et nous aurons froid. Et encore, nous devons nous estimer heureux : en Angleterre, les « Avec Domicile Fixe » meurent du manque de chauffage. Et, aussi, que les chars de M.Poutine aient été arrêtés par les Ukrainiens.

L’intellectuel croit que le changement est une question de mots. Fils à papa, il s’est habitué à ce que l’on fasse ses quatre volontés ? Hé bien, dans la réalité, cela ne se passe pas comme cela. Quand on veut un changement, on doit trouver comment on peut le rendre possible. Et on se met au travail.

Et, en plus, ça réchauffe !

Délestage

Le gouvernement prévoit des coupures d’électricité.

Elles devraient avoir lieu le soir, notamment. Comme, dans mon cas, le gaz est lié à l’électricité, cela signifie pas de chauffage et de lumière.

Cela va faire vendre des bougies. Quant aux générateurs d’électricité, ils seraient en rupture de stock. La Corse devrait être épargnée, car elle est alimentée par l’Italie… Car la France n’a pas besoin de M.Poutine pour se ridiculiser.

Question : que se passera-t-il quand le courant sera remis ? Ne risque-t-il pas d’y avoir quelqu’effet imprévu ?

Ce qu’il y a de surprenant, c’est à quel point même ce qui semble névralgique (les lignes de trains) est sensible aux coupures du réseau général.

La première fois que je suis entré dans un conseil d’administration, j’ai été saisi par un violent sentiment d’amateurisme. Je me demande si je n’aurais pas la même impression, si je rencontrais notre gouvernement.

(Politico.fr, hier : « Electric cité. En cas de délestage le matin, les écoles seront fermées (les établissements scolaires ne sont pas concernés par le créneau 18-20 heures). Vous risquez aussi d’avoir des difficultés à passer un coup de fil, le réseau téléphonique dépendant lui aussi du réseau électrique. Le gouvernement travaille d’ailleurs à rendre le numéro d’urgence 112 accessible partout.

Point transport. Les voies ferroviaires continueront d’être alimentées, mais pas le système de signalisation qui est lui relié au réseau général. Pour éviter que des trains ne soient bloqués deux heures au milieu d’une voie, en plein hiver, la SNCF pourrait donc être amenée à en supprimer. Il sera déconseillé de monter dans un ascenseur ou de prendre sa voiture en cas de coupure en soirée : les feux de circulation pourraient ne pas fonctionner. »)

Pannes électriques

Préparez-vous à des coupures, me laisse entendre ENGIE, qui m’invite à m’abonner à ses alertes.

En ces temps difficiles, la vertu n’est-elle pas dangereuse ? Car ce qui doit consommer beaucoup d’électricité, c’est tout ce qui est supposé être propre : voiture électrique, bien sûr. Mais aussi bicyclettes ou trottinettes électriques, qui, elles, emportées par l’engouement suscité par la si écologique batterie électrique, ont remplacé l’énergie humaine.

Mais dire cela est probablement contraire à la tradition française. En France, il ne peut pas y avoir de coupure électrique, de même que la ligne Maginot a arrêté l’armée allemande, et nos frontières le nuage de Tchernobyl.

EDF nationalisé

Il est arrivé ce qu’il devait arriver : EDF a été nationalisé. 

L’histoire d’EDF est celle de beaucoup d’entreprises publiques. De hauts fonctionnaires en prennent la direction. Vous allez voir, ce que vous allez voir, nous allons faire de ce mastodonte inefficace, un champion de l’économie de marché !

Quelques années après, l’entreprise est percluse de dettes, et ne sait plus travailler. Elle a trop d’énarques et de polytechniciens, et plus aucun soudeur. On fait alors appel au contribuable, qu’on trouve pourtant si paresseux et inutile. Depuis le Crédit Lyonnais, l’histoire se répète sans cesse. 

Notre élite gouvernante a une curieuse caractéristique : quel que soit ce qu’elle touche, cela se termine en dette publique ! La systémique a-t-elle une explication à proposer ? 

Bientôt des coupures d'électricité ?

Il y a deux ans, j’ai subi une coupure d’électricité d’une journée, un jour très froid. Cela a été très désagréable. Et ça a été fatal à ma chaudière. Or, on annonce de nouvelles coupures. Voilà qui aurait été inconcevable il y a encore quelques années. 

Une explication pourrait être qu’il y a eu de grandes manoeuvres au niveau de l’Europe, loin des yeux et des oreilles du citoyen. 

Ne serait-il pas démocratique que ce type de décisions fasse l’objet d’une information et d’une consultation populaire ? Avant que ses conséquences ne provoquent une révolution ? D’autant que l’on s’engage dans l’ère du télétravail ?… 

EDF démantelé

L’UE demanderait qu’EDF soit démantelé. (Article.)

Cela nous rappelle un passé que l’on a tendance à oublier. L’UE a été ultra libérale. Elle voulait imposer la concurrence partout. Elle a donc forcé EDF à vendre son énergie à ses concurrents. En outre, il n’est pas interdit de penser qu’EDF, voulant devenir un champion de ce nouveau monde concurrentiel, n’a peut-être pas fait que de judicieux investissements. 

L’UE n’a visiblement pas renoncé à sa politique libérale, en dépit de son échec manifeste, et demande encore plus de concurrence. EDF est criblé de dettes. On parle maintenant de le diviser en une partie nucléaire, et en une partie verte. De faire entrer le privé dans le rentable, et de faire payer ce qui ne l’est pas, par le public. Il faut aussi investir dans les énergies renouvelables et dans l’allongement de la durée de vie de ses centrales. Mais sans savoir s’il faut construire de nouvelles centrales, ou, au contraire, ne plus faire appel au nucléaire… Et alors que l’on parle de relocalisation, de résilience, et que l’on commence à se demander si le nucléaire n’est pas une meilleure solution qu’on ne le pensait… 

Quel bazar ? Les gens qui nous gouvernent ne feraient-ils pas bien, de temps à autres, de se demander si nos difficultés ne viennent pas de leurs décisions ? Et s’ils ne devraient pas les prendre en réfléchissant un peu plus ?   

Nucléaire et démocratie

Pourquoi l’EPR d’EdF nous coûte-il si cher ? Parce qu’EdF a perdu la main. Il faut donc construire régulièrement des centrales nucléaires.

Oui, mais il semble que beaucoup de gens trouvent cela dangereux. Cela ne mériterait-il pas un moment de réflexion ? Visiblement, le gouvernement en a décidé autrement. Il n’y a que les manifestations ou les crises qui puissent arrêter un gouvernant français.