Ecosse, hirondelle de l'Europe ?

L’Ecosse va-t-elle se séparer de l’Angleterre ? Brutalement, cela semble possible. Mais l’électeur ne va-t-il pas se raviser en dernière minute ?

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« Panorama of the Battle of Culloden » by Auz – originally posted to Flickr as Culloden Battlefield. Licensed under CC BY-SA 2.0 via Wikimedia Commons.

Pour ma part, il me semble que cette affaire est un pari. Au moment où l’Angleterre pourrait quitter l’UE, une Ecosse européenne pourrait avoir quelque-chose de séduisant. Sans compter que l’incertitude, surtout quand elle est de cette taille, sourit à l’esprit entreprenant… 

Between 1979 and 1981 Scotland lost a fifth of its workforce. Again, the old industrial cities of north and central England suffered similarly. But many Scots believed they had been singled out

L’indépendance, tentative pour renverser une politique destructrice ? Début de révolte des peuples européens ? Une révolte contre les gouvernants et les politiques appliquées à l’Europe depuis 30 ans ? Et si The Economist avait raison de craindre une scission de la zone euro ? Et si nos gouvernants devaient rapidement faire preuve d’un peu d’imagination, s’ils ne veulent pas voir les extrêmes, leur seule alternative actuelle, prendre la pouvoir ?

Libanisation de l’Ukraine ?

Ukraine. Les tanks russes passent à l’offensive et font reculer l’armée ukrainienne. Situation compliquée. Armée faible, de plus en plus constituée de seigneurs de guerre qui veulent jouer un rôle politique. L’Ouest use de la sanction. Mais les sanctions ne marchent pas si bien qu’on le dit. Y compris en Iran. Cependant, M.Poutine a un point faible. Son opinion n’aime pas que ses soldats se fassent tuer. Ce qui est le cas. L’idéal, pour lui, serait une Ukraine anarchique.
En Allemagne, un équivalent du Tea Party s’impose, à l’extrême droite. Après die Linke, à l’extrême gauche. Politique devenant chaotique, et Mme Merkel contrainte à la rigueur. En France, la tendance Rocard aurait pris le pouvoir avec M.Valls. Europe. La crise a renforcé le rôle des nations, au détriment de celui de l’UE. Angleterre. M.Cameron va bien mal. Subitement, les indépendantistes écossais gagnent des points ; l’aile droite de son parti se révolte ; et surtout, le niveau de vie de l’Anglais n’est pas brillant.
« A mesure que la guerre divise l’Iraq et la Syrie selon des lignes sectaires, toute action américaine contre l’Etat Islamique risque, sans le faire exprès, d’aider l’Iran et les Shiites, de ce fait renforçant le sentiment des Sunnites d’être des victimes, dont se nourrit l’Etat Islamique. » Israël est, lui aussi « en face d’un choix déplaisant ». S’allier ou non avec Assad. En attendant, il étend ses colonies.
Au Brésil, Marina Silva pourrait être le prochain président. Mais le système politique est chaotique. Pourra-t-elle gouverner ? Au Japon, M.Abe remanie son gouvernement. Acte désespéré ? Au Pakistan, l’armée joue toujours un rôle décisif, mais il n’est plus question qu’elle prenne le pouvoir. En Inde, M.Modi semble beaucoup plus populiste que réformateur.
Aux USA et en Angleterre, les stages sont généralement non payés. Cela favorise l’accès à l’emploi des gosses de riches. Les salaires des pays riches baissent. « Une reprise, saine et durable, dans les pays riches, demeurera illusoire aussi longtemps que durera la pression sur les salaires. »
L’Allemagne se ligue contre Google. L’industrie allemande a peur que l’économie numérique ne lui vole sa valeur. Matières premières. Les banques se séparent de leurs activités dans ce domaine. Les négociants spécialisés s’intègrent verticalement en récupérant, en particulier, les installations dont se débarrassent les producteurs, qui cherchent à améliorer leur rentabilité… 

Vive l'Ecosse libre ?

Comme à chaque fois que le Quebec ou une autre partie de son empire est en danger de sécession, l’Angleterre s’inquiète. L’Ecosse va-t-elle la lâcher ? Il y a peu de chances que le référendum sur son autonomie débouche sur un départ. Et pourtant, il n’est pas impossible qu’il soit dans les intérêts des milieux d’affaire anglais. Voici pourquoi :

  • Si l’Ecosse devient une nation, tout sera à construire. Voilà une nouvel el dorado pour l’aventurier ! D’autant que l’Ecosse pourrait lui proposer des conditions de faveur. 
  • Si l’Angleterre quitte l’UE, cela enlèvera beaucoup d’intérêt, pour l’entreprise, de s’y trouver. L’Ecosse pourrait être une enclave européenne. Pourquoi ne pas faire campagne sur ce thème ?
  • Comme on l’a vu avec l’épisode Juncker, l’Angleterre n’a pas de sens de l’honneur, elle ne suit que son intérêt. En conséquence, si l’Ecosse devient libre, l’Angleterre courtisera ce nouveau marché. 

L’Ecosse et le Royaume uni, victimes de Mme Thatcher ?

L’Ecosse va-t-elle quitter le Royaume Uni ? The Economist pense que ce serait une folie économique. Les sondages semblent dire que ce ne sera pas le cas. Mais The Economist ne peut que constater la rancœur des Ecossais vis-à-vis de l’Angleterre. Comment en est-on arrivé là ? L’Ecosse a beaucoup profité de l’Empire. Mais elle a souffert de la désindustrialisation. Mais, c’est Margaret Thatcher qui semble avoir porté le coup fatal…
Mateo Renzi souffre, lui, de l’ombre de M.Berlusconi et de la réputation de manque de rigueur de l’Italie. Cela pourrait lui ôter toute capacité d’obtenir ce qu’il veut de l’Europe. Pourquoi les Scandinaves occupent-ils tant de postes de responsabilité internationaux ? Parce qu’ils sont petits, et peu menaçants, et que leur culture politique est celle du compromis. Le nouveau gouvernement indien ferait des réformes très favorables aux marchés. Les Pakistanais essaient de combattre un terrorisme, qui leur sert à déstabiliser l’Afghanistan, allié de l’Inde, mais qui leur retombe sur le nez. En Afghanistan, les élections présidentielles menacent de s’achever en affrontement ethnique. En Chine, l’économie se recentre sur la consommation intérieure et découvre que la logistique est un problème. L’entreprise privée essaie de construire ses propres réseaux.
Le jeune a changé. Il est devenu sérieux, les excitants, c’est fini ; et désenchanté, les idéaux et la politique, c’est fini. L’hypocrisie semble la caractéristique de beaucoup de pays émergents. Des idéaux élevés cohabitent avec la pire des corruptions. La retraite du vieil anglo-saxon pose un problème. Elle est dorénavant par capitalisation. Il ne semble pas que l’on ait trouvé une façon intelligente de gérer cet argent dans l’intérêt de son propriétaire. « Le danger est que cette liberté se traduise pour le système financier en une autorisation à imprimer de l’argent. » Les enfants qui cherchent la satisfaction immédiate deviennent des brigands.
L’industrie électronique japonaise n’est que l’ombre d’elle-même. Elle essaie de se réinventer. Notamment en revenant vers l’industrie lourde (et en administrant des fermes de haute technologie). Mais elle utilise mal ses atouts. Et est victime de la culture japonaise étouffante. Philips n’est guère mieux. Il cherche le salut dans la restructuration. Massacre à la tronçonneuse ? Ça semble plaire au marché.
La piraterie informatique fait courir un risque au monde d’autant plus grand que demain, homme et machine, tout sera connecté à Internet. Défaillance du marché. La sécurité d’Internet dépend de son maillon le plus faible. C’est-à-dire nous. Et nous ne faisons pas le strict minimum de protection. Mais aussi les éditeurs de logiciel ont pour règle le ni fait ni à faire. C’est la loi du marché. Big data. Aux USA, chaque camp amasse des données sur l’adversaire afin d’y trouver ce qui va détruire sa carrière. Certains fonds spéculatifs font de même pour repérer les failles des entreprises, et s’enrichir en les abattant. Emergence d’une génération de « réseaux anti sociaux ». Tels que Airbnb ou Uber, ils appartiennent à la nouvelle vague de « l’économie du partage ». Leur stratégie est celle du parasite. Ils lancent une offensive contre la société, et observent ce qui se passe : « dans l’esprit de la Silicon Valley, d’agir vite et de casser de la vaisselle, ils conduisent de rapides tests de l’appétit du public et du régulateur pour une modification des limites de ce qui est une pratique commerciale acceptable ». 

Entreprises et Etats : la paix des braves ?

Entreprises et Etats doivent s’entendre. Ils sont complémentaires, pas ennemis. En prétendant à l’autorégulation, le monde des affaires a entraîné une surréaction de l’Etat. L’un et l’autre sont engagés dans un cercle vicieux du gendarme et du voleur. Le rôle de l’Etat, c’est la formation, les infrastructures, la recherche et l’aide au lancement de l’entreprise. Le rôle de l’entreprise, c’est l’industrialisation et le marketing de l’innovation. Pour cela elle a besoin avant tout de règles du jeu claires et stables.

En attendant les multinationales jouent sur les règles locales pour partager leurs implantations. La Hollande permet d’arranger les statuts de l’entreprise à son gré. Pas mieux que l’Angleterre en matière d’accommodements financiers. La Suisse serait out.
Thaïlande. La bataille entre le peuple et les privilégiés pourrait tourner au profit des premiers. Le futur roi leur serait favorable. Ukraine. Le pays est pris entre des forces centripètes. Un Ouest polonais avant l’annexion soviétique, un Est proche de la Russie, la Crimée, base russe, communauté russe. Avec Kiev comme trait d’union. France. On parle de « théorie du genre ». La différence homme / femme serait une invention sociale. Cela a révélé qu’il existait un courant pro famille fort. Mais aussi que « une nouvelle génération de députés socialistes a été amenée à la politique non par le mouvement ouvrier ou par la politique locale mais par le mouvement associatif, où ils ont combattu pour les droits de la femme et contre la discrimination. Dans une société post industrielle où les travailleurs ont abandonné la gauche pour le Front National, les députés voient ces sujets comme un terrain de batail clé. » M.Sarkozy penserait à revenir au pouvoir. Malheureusement les Français l’aiment quand il se tait. Espagne. Elle redonne droit de cité aux descendants des Juifs expulsés en 1492. Toute la communauté juive serait concernée (au moins). Initiative business. Italie. M. Renzi a renversé le gouvernement. Apparemment, il n’a d’autre programme que de prendre tout le monde de vitesse. Ecosse. Va-t-elle faire sécession ? Ce serait une question de gros sous. Comment récupérer les bénéfices de la liberté sans assumer les charges de l’Etat anglais ? Et revenir dans l’UE prendrait du temps. En tout cas son succès pourrait encourager d’autres régions à prendre leur envol. Ces projets d’autonomie, d’ailleurs, n’auraient pas été possibles sans la protection européenne. Elle fait perdre son intérêt à celle des Etats. Iran. Suite de la tentative de se rabibocher avec l’Ouest en échange de revenus pétroliers. Un succès de M.Rohani pourrait nuire à M.Khamenei. Syrie. L’échec des négociations de Genève pourrait montrer à M.Obama qu’il a eu tort de laisser croire à M.Assad qu’il avait le haut du pavé. Lybie. C’est le chaos. Bientôt, un coup à l’égyptienne ? USA. Le congrès devrait couler les négociations de libre échange. Les précédents (NAFTA) seraient vues comme n’ayant pas tourné à l’avantage du pays. Réchauffement climatique. Croyants et non croyants pourraient trouver un terrain d’entente, à condition que les seconds ne s’en prennent pas aux valeurs des premiers.
Facebook achète WhatsApp. 19md$ pour 32 ingénieurs. Facebook veut injecter du sang neuf dans sa fortune déclinante. Tout étant informatique, la piraterie devient une grosse affaire. Elle coûterait plus de 100md$ par ans. Certains pirates passent au contreterrorisme. Les syndicats américains changent de marché. Le travailleur qualifié de l’usine automatisée n’en veut plus. Le syndicat doit se tourner vers les « exclus », personnels de service, universitaires sans poste fixe et autres intouchables. Révolution à San Francisco ? Mouvement de rejet de l’hypocrisie atroce des « barons du high tech », et d’un monde fondé sur la discrimination ? Les gestionnaires de fonds s’enrichissent au détriment de leurs investisseurs. Leur talent, s’il existe, ne compense pas leur coût. L’OPEP en difficulté. Le pétrole afflue de partout (USA, Iran, Iraq…). L’OPEP ne pourra pas maintenir ses prix. Pourquoi ne pas les baisser brutalement ? Cela tuerait ses concurrents. Le Bitcoin est victime d’une faille informatique. Sa valeur a été divisée par deux. Les économistes cherchent à mettre une valeur sur ce à quoi le marché n’en donne pas, parce que ça pourrait en avoir une un jour.

Le développement intellectuel de l’enfantest fonction du nombre de mots qui lui sont adressés, et de la complexité du dialogue que l’on entretient avec lui. Le réchauffement accéléré de l’Arctique ferait baisser le différentiel de température qui crée le jet stream. Du coup, il pourrait se mettre à zigzaguer paresseusement, et aléatoirement. D’où un climat incertain et stagnant. Un nouveau type de panneaux solaires pourrait produire de l’énergie à un prix concurrentiel avec le charbon. Les hyènes communiquent par leur odeur. Elles sous-traitent cette communication à des bactéries. En éclairant les tableaux pixel par pixel, on leur redonne leurs teintes d’origine. 

Vive l’Écosse libre ?

L’Écosse va-t-elle rompre une union de 3 siècles, et sortir du Royaume Uni ? On le saura d’ici peu. Qu’est-ce qui pourrait favoriser la scission ?

  • Une ancienne inimitié entre Écossais et Anglais. Mais est-elle réellement forte ?
  • L’Écosse pourrait être, au moins à court terme, plus riche seule que dans l’Union. Mais a-t-elle pris en compte les déséconomies d’échelles liées à la création d’un État ? En outre, elle conserverait la livre, ce qui sous-entend le type de problèmes qui se posent aux membres de la zone euro.
Je ne crois pas que l’indépendance soit une bonne idée. Seule, l’Ecosse ne pourra que s’en vouloir de ses difficultés, alors qu’avec l’Angleterre, elle a un coupable haïssable à souhait.

Compléments :

Vive l’Écosse libre

Je croyais que la crise avait enterré les velléités indépendantistes écossaises. Il semblerait qu’il n’en soit rien, même si la scission a peu de chances de réussir. (The conjuror’s bluff)

L’avantage du mouvement nationaliste continental, au 19ème, c’est qu’il a imprimé dans les populations locales un fort sentiment d’identité nationale. La Grande Bretagne a été épargnée par ce phénomène, mais, en conséquence, son unité ne semble pas totalement assurée. Comme celle du Canada, d’ailleurs.

L'Effet de serre rétraicit le mouton

Les moutons d’une ile d’Écosse rétrécissent.

Probablement l’effet de serre : les hivers étant moins froids, le mouton a moins de graisse et il survit mieux, du coup sa population croit, il a moins à manger… 20 ans ont suffi pour constater ce phénomène. L’effet de serre va vite…

Question : va-t-il se passer la même chose pour l’effet de serre que pour la crise ? On l’aura vu arriver, mais faute de l’énergie du désespoir, on aura été incapable de le prévenir ?

Compléments :