(J’espère qu’Hervé Kabla ne sera pas fâché que j’ai emprunté le titre de la collection qu’il dirige…)
Étiquette : dirigeant
Mao conseille le dirigeant…
Je pense à une septième idée liée à l’ego et à la nécessité pour toute personne d’une entreprise en charge d’un changement de mettre son ego à la porte des salles de réunions… le star système actuellement en cours dans les entreprises représente aussi selon moi un frein à la conduite du changement…
L’idée n’est pas mauvaise mais, je la pense impossible à mettre en œuvre pour deux raisons : Le Patron pense qu’il est le meilleur puisqu’il est là. Ses Collaborateurs pensent qu’ils sont les meilleurs parce qu’ils sont là aussi. La seule façon d’agir est d’appliquer la pensée du Président Mao: “Pour voir les fleurs, il faut descendre du cheval”, Mais comment inciter le Patron à aller toujours sur le terrain et laisser ses Collaborateurs faire des Slides ?
Au secours, l’Etat
Qu'est-ce que diriger ?
Dans le billet précédent, je disais que la caractéristique de l’administration était des managers ne sachant pas manager (ce qui explique peut-être la déroute de nos multinationales, dirigées par des ex fonctionnaires…). Mais, qu’est-ce que diriger ? J’en arrive à penser qu’un dirigeant doit avoir deux compétences :
- Il doit savoir décider. Et, peut-être, surtout, il doit savoir quand il y a une décision à prendre (« The history of failure in war can almost be summed up in two words: Too Late », McArthur. )
- Il doit formuler ses décisions évidentes. Elles doivent mettre immédiatement en mouvement l’organisation. Autrement dit, il doit la connaître intimement.
Le dirigeant, handicap de l'entreprise ?
Et si l’obstacle au changement c’est le PDG lui même, que faut il faire ? Lorsque je parle de changement, voici une question qui revient souvent.
Je tends à répondre : Quand on n’a pas ce que l’on aime, on aime ce que l’on a. Devise du changement. Mais, à la réflexion, je pense que j’ai tort. En effet, j’ai fini par me demander si le changement ne pouvait pas être, en quelque sorte, une menace physique pour le dirigeant.
Voilà ce que j’ai observé, dans des changements que j’ai menés, et ce que j’ai entendu dans certains témoignages :
Un premier changement réussit. L’entreprise veut aller beaucoup plus loin. Le dirigeant bloque. Pourquoi ? Une hypothèse. Le dirigeant a fait l’entreprise à son image. Il ne se reconnaît plus dans une entreprise, certes performante, mais totalement transformée. Et peut-être même devenue dangereuse par son efficacité même. Cela me rappelle l’histoire que m’a racontée un mécanicien. Son patron avait vendu une Porsche à une personne un peu âgée, qui voulait impressionner une très jeune conquête. L’homme revient au garage en disant que la voiture n’avance pas. Concessionnaire et client vont l’essayer. Lorsque l’acheteur a senti la poussée que l’on pouvait tirer du moteur quand on savait conduire correctement le véhicule, il l’a immédiatement rendu.
Au fait, pourquoi le phénomène n’est-il pas identique pour l’employé ? Peut-être parce qu’aujourd’hui, il doit se remettre beaucoup plus souvent en cause que le dirigeant. Il est devenu adaptable. Peut-être aussi que la santé de l’entreprise compte plus pour lui et son emploi que la façon dont elle fonctionne. (Pour être honnête, ce type de blocage est beaucoup plus gênant chez le dirigeant que chez l’employé, c’est aussi probablement pour cela que l’on tend à lui accorder de l’importance.)
Le blues du dirigeant
Le blues du PDG
(les discours des rapports annuels) révèlent un paysage assez monocorde et le choix des mots échappe peu à la fadeur observée dans le langage économique…
dit la dernière étude de l’Institut de la qualité de l’expression.
La lecture de ces mots révèle une forme de ritualisme. Il y a des mots qu’il faut dire (marché…), et des mots auxquels on veut croire (croissance, défi…). Comme s’il suffisait de formuler une idée pour qu’elle se réalise ? Nos dirigeants en sont-ils réduits à la danse de la pluie ?
Salaires du footballeur et du patron
Discussion familiale, et sujet de toutes les discussions familiales. Qui, du grand patron ou du footballeur, mérite le mieux son salaire.
Le footballeur a le dessous, initialement. Il sait à peine s’exprimer. Mais il y a pire : l’artiste ou le journaliste qui n’est employé que parce qu’il porte un nom connu, d’un parent. Argument décisif : le grand patron a de grosses responsabilité. Ce qui amène un contre. Car, encore faudrait-il qu’il les assume. Or, il peut couler une entreprise sans jamais être inquiété. Et il s’en tirera avec une retraite énorme.
Au fond, cette discussion pose une question. Quels sont les critères de jugement à employer ? Dans une société individualiste et de libre échange, qui clame que l’homme exceptionnel est un créateur de valeur, on peut penser que l’on va chercher à évaluer l’apport de la personne au groupe. Dans ce cas, le people dont le nom déplace des foules ou le footballeur qui marque ont un avantage déterminant sur le grand patron interchangeable.
La métamorphose du dirigeant
Fait-il bon d’être dirigeant ? Il y a peu, je parlais d’un risque de printemps arabe. Mêmes causes mêmes conséquences. L’entreprise ne crée plus. Le dirigeant devient le bouc émissaire de toutes les anxiétés. Rançon du bonus ? De s’être présenté comme le créateur de valeur de l’entreprise ? En tout cas, il me semble stressé.
- Il pense qu’il doit donner un cap, alors que le monde est totalement incertain. Idée trompeuse. Il existe une façon de diriger une entreprise en environnement incertain, sans cap précis, qui est tout à fait acceptable par l’ensemble des « parties prenantes » de l’entreprise. Il faut accepter la réalité telle qu’elle est, incertaine, et faire comme les entrepreneurs et les planeurs, ou les oiseaux : chercher le courant porteur. (En fait, il y a mieux : voir ici.)
- Il ne voit pas comment mettre en œuvre ses idées. N’est-il pas entouré de gens qui sont mal disposés à l’endroit du changement ? Il se trompe. Son rôle n’est pas de dire comment, mais de dire pourquoi il faut changer (dans ce cas, se mettre en position de saisir les courants favorables), et de donner les moyens qui permettent à ceux qui ont le pouvoir de mise en œuvre de lui dire comment y arriver. Cela fait dix ans que j’explique comment faire.
Les caractéristiques émergentes du dirigeant
En 30 ans d’existence professionnelle, il me semble avoir vu apparaître un nouveau type de dirigeant. Et cela dans tous les domaines : entreprise, politique, fonction publique. J’ai même assisté à sa prise de pouvoir. Une tentative de présentation de ses caractéristiques.

