Femme dirigeante

Pourquoi les femmes n’occupent-elles pas les postes de direction ? Suite.

Nouvelle réflexion tirée des travaux de l’association des interpreneurs. Sujet d’étude : la transmission. Il est fréquent que le dirigeant de PME veuille transmettre son entreprise à ses salariés. Or, ceux-ci ne veulent pas la reprendre. Pourquoi ?

Parce que ce qu’ils voient de ce que fait le dirigeant ne leur plaît pas. Il passe son temps au travail et est écrasé sous l’administratif alors qu’eux sont responsables de la partie noble du métier.

Solution ? Réorganiser l’activité du dirigeant afin qu’il y prenne à nouveau du plaisir !

Je crois qu’il en est de même dans la grande entreprise moderne : être un manager de haut niveau est un sacerdoce. Il est compréhensible qu’une personne intelligente préfère privilégier sa vie de famille et une occupation professionnelle qui ait du sens.

Mon conseil. Si l’on veut avoir plus de gens intelligents à la tête des entreprises, il faut que les postes de responsabilité soient des postes dans lesquels de telles personnes s’épanouissent.

Conduite du changement

Il a quelques temps, j’ai découvert les programmes de formation que la BPI destine aux dirigeants de PME. Je n’ai pas pu juger de la pertinence de ces formations en ligne, mais, j’ai pu voir qu’elles étaient très nombreuses. 

Voilà qui est une bonne idée. En effet, les études de l’association des interpreneurs montrent que le patron de PME est un entrepreneur pur, autrement dit, il n’est pas formé à la gestion. Et cela a une conséquence regrettable : il ne sait pas mettre en valeur ses compétences. Ce n’est pas lui qui aurait l’idée de valoriser 100md$ un fabricant de voitures qui n’en a vendu aucune. 

Seulement, ces formations ne sont pas connues, et le patron a « le nez sur le guidon ». 

Une illustration de l’erreur que nous commettons, nous Français, lorsque nous pensons changement ? Nous croyons que cela se limite à l’idée, aux formations, ici. Alors qu’il faut aller jusqu’à l’adoption. Sans quoi, il ne se passe rien. 

(Ici ? Probablement, nécessité d’une campagne de communication qui convainque le dirigeant qu’il lui faut mettre à jour ses connaissances, que, pour cela, il doit s’astreindre à un programme de formation léger, mais intense, avec, pour commencer, une évaluation de son besoin. Peut-être lui faudrait-il aussi un dispositif mixte, homme machine ?…)

Effet troupeau

L’épidémie, c’est fini ? En tout cas, je suis bombardé de photos triomphales de rassemblements de dirigeants, sans masques, et en configuration troupeau. On claironne le nombre de participants. 

Le patron est-il naturellement grégaire ? Et pourtant on parle de sa solitude ?

Cela conforte peut-être une théorie que cite ce blog. Le patron est malheureux, on ne reconnaît pas son mérite. Alors, il est content de se retrouver avec des gens qui lui ressemblent. Il y est au chaud. 

Mais un tel environnement ne lui est pas favorable, car il ne le stimule pas. Il le conforte dans le statu quo. Sans compter qu’il est le terrain idéal de lancement de la prochaine épidémie. 

Solitude du dirigeant

Solitude du dirigeant français. La BPI a publié une étude sur le sujet. D’ailleurs, c’est devenu un lieu commun. Mais cette solitude est-elle bien ce que l’on en dit ? Une discussion m’a amené à me rappeler d’une anecdote curieuse. 

Réunion de comité de direction d’une PME. Je remarque qu’un directeur, homme de confiance du PDG, semble mal à l’aise. Je ne sais pas trop comment je m’y suis pris, mais je lui ai demandé ce qui n’allait pas. Il en est ressorti quelque-chose comme : la nouvelle DRH applique dogmatiquement le code du travail et le personnel est inquiet car il risque de ne pas y avoir assez de monde pour faire face au « coup de feu » annuel de juillet. (Je suis très fier d’avoir compris cela, car je n’étais pas là pour cette question, et je ne connais rien au métier de l’entreprise.) J’interroge le PDG : est-ce grave ? Il me répond : oui. Pensez-vous que je doive intervenir ? me demande-t-il. Moi, surpris : bien sûr ! Plus surprenant : il a réglé la question en deux coups de fil. 

Ce type d’incidents a émaillé ma vie, depuis mon premier stage en entreprise. Mais je n’en ai pas compris la teneur. En effet, j’étais tout content de pouvoir résoudre aussi facilement des questions qui paraissaient aussi critiques. Au fond, je pensais : qu’ils sont ridicules ! Complexe de supériorité. 

Je crois maintenant qu’il y a quelque-chose dans la culture française qui fait que « l’on ne se parle pas ». Peut-être que le Français a un respect inné pour la hiérarchie, les conventions sociales, même s’il est syndicaliste ou révolutionnaire, voire anarchiste. Cela mériterait d’être étudié. 

En tout cas, je fais actuellement une étude qui va tout à fait dans ce sens. Je constate que, pour qu’un groupe d’entrepreneurs puisse se constituer, il faut qu’il y ait un intermédiaire qui fasse émerger les sujets dont on n’ose pas parler…

Qu'est-ce qu'un entrepreneur ?

Un ami me disait que l’on avait fini par avoir une idée fausse de ce qu’était un entrepreneur. Tout diplômé de sciences po se prend, désormais, pour un entrepreneur. On croit qu’être entrepreneur, c’est être capable de faire de beaux discours pour lever des fonds. Non, cela s’appelle avoir des relations. 

Qu’est-ce qu’un entrepreneur ? C’est un patron de PME. C’est, avant tout, quelqu’un qui est en rupture avec l’ordre social. En conséquence, il n’a pas la rationalité du bon élève. Il faut le prendre tel qu’il est, et ne pas lui demander d’être poli, ou d’avoir étudié les dernières théories du management. En revanche, à partir du moment où il comprend que quelque-chose peut avoir un intérêt pour son entreprise, ce qu’il peut en faire, « impossible n’est pas français », rien n’est trop complexe pour lui. 

La fin de l'ère technocratique ?

Si l’on reprend les synthèses d’ouvrages cités par ce blog, il est tentant d’écrire l’histoire française ainsi :

  • Lors de la crise de 29, l’ingénieur français est convaincu que son intelligence lui permet de diriger l’économie et l’entreprise de manière, enfin, rationnelle. Suivons l’exemple de l’Allemagne. 
  • Le pouvoir lui est donné par Vichy. Pas épuré, il connaît ses heures de gloire lors de la reconstruction du pays. Progressivement, pour quelle raison ?, l’inspecteur des finances remplace l’ingénieur des mines. 
  • Les choses tournent mal. La réalité est plus complexe qu’imaginée. Car l’entreprise est une question d’innovation. Or, le haut fonctionnaire est un « commis », un exécutant. Il « administre ». Incontrôlé, il élimine ce qui demande un trop grand talent entrepreneurial (l’industrie) et, pour le reste, fusionne, licencie, délocalise, en appelle au moins disant, empile les dettes…  
  • Le gaullisme, qui n’est pas un colbertisme, a voulu des champions nationaux (par gloriole ? pour entraîner l’économie locale ?). Cela pouvait justifier que le champion soit dirigé par un garant des intérêts de la collectivité. Mais la stratégie ci-dessus l’a amené à faire l’envers de sa mission. Comme les espions anglais de la guerre froide, il travaille pour l’étranger ?

Ce qui est en cause, c’est le système, plus que les hommes. (A suivre.)

La métamorphose du dirigeant

En France, la critique est toxique. Particulièrement lorsqu’elle s’adresse au dirigeant de PME. Notamment, il n’en faudrait pas beaucoup pour penser que la loi PACTE le prend pour un arriéré, incapable de développer son entreprise comme le fait l’Allemand. Le dernier espoir qu’a notre gouvernement, pourrait-on parfois même penser, c’est que cette arriération provienne de lois qui ligotent l’initiative de l’entrepreneur. C’est pour cela qu’il en ajoute de nouvelles… 

Il n’est pas impossible, pourtant, que le chef d’entreprise soit moins idiot qu’on ne le dit. Sa tactique serait « pour vivre heureux vivons caché ». Et cela s’explique très bien. En France, il n’y a que des coups à prendre à faire connaître son succès, ou à avoir trop d’ambition. Seulement, quand on reste chez soi, sans être informé de ce qui se passe au dehors, on est le jouet des événements. Et si le dirigeant devenait un « explorateur » ? Ne serait-ce pas plus agréable et moins risqué ? 

De « vivons cachés » à « explorateur » = nudge ? 

(Témoignage d’un dirigeant transformé.)

Greed and fear

« Le CAC 40 est à la fête et pas seulement à la Bourse de Paris qui signe un semestre record avec 18% de progression. L’espoir de la sortie de crise sanitaire l’emporte sur la peur du variant Delta. Et cela se sent à Aix où jamais les Rencontres économiques n’ont signé un tel carré VIP. » Disait La Tribune, samedi dernier. 

Les Anglo-saxons parlent de « greed and fear« . Ce qui caractérise le grand patron, ce sont des « instincts animaux« . Quand il fait beau, il est le maître du monde. Quand le ciel se couvre, il est terrorisé. Il est incapable de voir loin. Serait-ce une force ? Comme M.Trump, il est shooté à l’adrénaline. S’il n’a pas de tête, il a de puissants réflexes, et surtout une terrible volonté de survie ? Voilà ce qu’a retenu la sélection naturelle. 

(PS. Je lis ce matin (vendredi 9) : « La bourse plie devant le variant delta »…)

La solitude du dirigeant de PME

La solitude, mal du dirigeant de PME ou d’ETI, dit une étude de BPI de 2016. (Ici.)

  • Pas ou mal entouré (3/4 d’entre eux)
  • Un sentiment d’écrasement face à la complexité du monde
  • Aucune reconnaissance de la part de la société (la PME n’existe pas, ils sont écrasés par la complexité administrative, les syndicats et leurs salariés leur sont hostiles)
  • De très grandes difficultés à recruter, donc pour s’entourer, pour presque tous
  • Des personnels qui font le minimum syndical

Le sentiment d’isolement est corrélé à la santé de l’entreprise et des affaires, et, quasiment, à rien d’autre. 

Y remédier aurait un impact immédiat sur la santé de notre économie, peut-être sans nécessiter des centaines de milliards de subventions ?

Ce qu’il y a de plus étrange dans ces études, est qu’elles disent toutes la même chose, mais que cela ne semble avoir aucune influence. L’administration, en particulier, qui en publie, dont celle-ci, ne semble pas capable de les lire. 

Le changement est à effet de levier, dit la systémique. En ce qui concerne les entreprises, nous ne l’avons pas trouvé ?

L'Amérique aime-t-elle l'entreprise ?

Le chef d’entreprise français a la nostalgie de l’Amérique. Au moins, là bas, on aime le succès. 

Mais aime-t-on l’entreprise ? En France, on lui donne des PGE, du chômage partiel. Aux USA, le coronavirus lui est fatal. 

Au dirigeant de faire preuve de résilience. Et s’il ne parvient pas à s’en tirer, c’est un « looser », un raté. Contrairement à ce que l’on dit en France, l’échec n’y est toléré que quand il annonce le succès.