Une journaliste (de gauche) me parlait de « destruction créatrice ». Autrement dit : que les entreprises qui ne peuvent s’adapter disparaissent ! (Il est loin le temps où la gauche avait le « monopole du coeur » ?)
Ma théorie est que l’adaptation ne tient pas tant à l’individu qu’aux conditions dans lesquelles il se trouve. En France, la PME est seule, et son environnement est hostile : les dirigeants se haïssent. C’est le lien social qui fait la résilience.
C’est d’ailleurs comme cela que je lis l’oeuvre de Schumpeter. Il explique que le capitalisme produit spontanément des innovations qui provoquent des crises. Pour résister aux crises, il fait la promotion du monopole, une forme de « bien commun ». Car, dans ces conditions, le monopole est bon : comme il est secoué sans arrêt pas la crise, il ne peut exploiter sa position de force. Il est en situation équivalente à la « concurrence parfaite ».
Je me pose une question, cependant. Les grandes entreprises tendent, ces derniers temps, à se vider de leur substance. Et si l’avenir était plutôt à des réseaux de petites entreprises ?
Cela correspondrait à ce que disait mon cours de « stratégie en environnement incertain ».
Conséquence curieuse de mon cours : lorsque le réseau s’étend, il peut maîtriser son environnement donc éliminer l’innovation qui le force à se transformer ! Alors, il ne serait susceptible qu’aux attaques extérieures.
Science fiction ?
