pour des raisons qu’il serait intéressant de comprendre (par conviction ou par recherche d’une posture valorisante ?) les journalistes politiques (intervieweurs, éditorialistes, enquêteurs) ont fait se déplacer le centre de gravité qu’ils occupaient. Ils se sont progressivement positionnés presque exclusivement comme les représentants du peuple face aux pouvoirs en place, et donc d’une position d’intermédiaires éclairés, ils inclinent à se muer en opposants, quitte à empêcher le pouvoir de s’exercer. Cette mise en scène d’une légitimité du peuple (représenté par les journalistes) face à la légitimité des pouvoirs en place produit l’image d’une société bloquée, minée par les passions et les désaccords inexpugnables, au plus loin d’une démocratie régulée par des débats et des alternances. Une symbolique de l’impuissance se dégage de ce face à face mimant une guerre de positions, et constitue un élément de taille pour instiller un climat anxiogène, voire désespérant.
Article de Telos
Les journalistes sont-ils coupables de la déprime nationale ?
La question est-elle utile ? Ou, plutôt, faudrait-il chercher les conditions qui rendent au Français le sens de ses responsabilités ? Qui le sortent d’un si agréable sentiment « d’impuissance » ?