Ponzi français

La question de l’immigration pose une question dont on n’entend pas beaucoup parler.

La logique de nos économies occidentales est celle d’un accroissement constant de la population. Les nouveaux travaillent pour les anciens, qui se la coulent douce ? Pyramide de Ponzi ? Cela nous permet de vivre au dessus de nos moyens ?

Mais est-ce durable ? Pourrons-nous éternellement voler leurs ressortissants à d’autres nations ?

Et si l’on réfléchissait à ce que signifie une société qui vit de ses propres ressources humaines ? (Le Japon ?)

Dépopulation

Dans 40 ans, la population mondiale devrait commencer à régresser. Mais peut-on croire les prévisions ? Jusqu’ici elles ont systématiquement sous-estimé la réduction des naissances et l’augmentation de la durée de vie. Et justement, le fait marquant est cette réduction des naissances, qui est générale.

Quant à l’espérance de vie, les USA seraient une exception, chez eux, elle serait en régression. « Crise de opioïdes », chez les hommes. (Y serait-on malheureux ?)

Alors que l’on nous a longtemps dit qu’il était dangereux qu’il y ait trop d’hommes, on pense maintenant que cette chute des naissances, du fait du vieillissement de la population, est une menace.

Et c’est la femme qui peut l’éviter, si on lui donne les conditions pour qu’elle ait des enfants, tout en faisant ce qu’elle a envie de faire…

(Ce que j’ai retenu d’Affaires étrangères, de France culture, samedi dernier.)

Et si la démographie expliquait le cours de l’histoire ?

J’ai été surpris par l’argument d’Olivier Ray, l’autre jour. Il reprenait en grande partie l’analyse de ce blog de l’aspect cyclique du libéralisme, mais en ajoutant un élément que je n’avais pas vu : la démographie. Le 19ème siècle comme notre époque ont été marqués par un afflux de main d’œuvre (notamment des pays émergents dans notre cas). 68, par ailleurs, a été le résultat du baby boom.

Il est possible, me suis-je dit, que les structures sociales explosent sous la pression. Du coup, la dimension individuelle de la société prend le dessus. Ce qui fournit un territoire favorable à la fois aux forces libérales (de droite), et libertaires (de gauche). En effet, paradoxalement, elles sont relativement plus solidaires et mieux organisées que la nuée d’individus qui résulte de la dislocation sociale. Et, surtout, elles sont monomaniaques. Il s’ensuit un cercle vicieux, le libéralisme appelant à de plus en plus de déréglementation, et les mouvements libertaires à détruire l’ordre social.
Les libéraux et les libertaires ne sont donc pas la cause de la dislocation sociale, mais une sorte de conséquence. Ce seraient la peste et le choléra, les pathologies opportunistes, d’une société dont le principe est individualiste (cf. « les droits de l’homme »). 
L’individualisme en lui-même n’a probablement rien de mauvais. Ce qui ne va pas est cette dislocation de la maison commune, par exploitation ou destruction. Pour éviter le chaos, il faut recréer l’édifice social, i.e. retendre des liens entre les individus : morale d’entraide, redistribution…
Compléments :

Lorenz et le sens de la vie (2)

Simplifier Konrad LORENZ est une gageure présomptueuse! Tant pis, si cela peut simplement donner envie de le découvrir et surtout de réfléchir à la question essentielle : quel est le sens de la vie?

LORENZ était d’abord un biologiste (médecin), puis un philosophe (successeur de KANT). Il nous rappelle que l’homme est le fruit d’une très longue sélection naturelle qui engendre des adaptations. Il est donc constitué par la phylogenèse et l’ontogenèse puis par l’histoire et la culture…mais dans quel but?

Si pour la plupart des espèces animales c’est pour la survie de l’espèce, LORENZ en venait (dès 1973) à en douter pour l’homme, lorsqu’il observait certains comportements de « l’homme civilisé », comme « l’expansion démographique illimitée, la frénésie de la compétition insensée, l’amollissement des citadins« .
Surpopulation: pathologie de l’espèce humaine

Selon LORENZ, ces comportements qui, à l’origine, pouvaient avoir une valeur pour la survie de l’espèce, seraient le signe de perturbations, voire de pathologies. Il fait l’analogie avec les fonctions cachées dans l’organisme que l’on découvre lorsqu’elles sont déficientes (comme la thyroïde). Il nous rappelle que l’organisme est puissamment organisé et équilibré par les nombreuses glandes hormonales dont le jeu complexe a été construit lors de l’évolution de l’homme. Si l’harmonie entre ces dosages multiples et subtils d’hormones est rompu, l’organisme tombe malade. L’homme est ainsi mu par un nombre immense de sources interdépendantes d’impulsions destinées à un comportement acquis par la phylogenèse. Ces impulsions, nombreuses, sont ensuite rangées dans des systèmes homogènes comme la haine, l’amour, la colère, l’amitié, l’agressivité, la territorialité, la hiérarchie… Ces impulsions agiraient ensemble comme les hormones et il n’ y a ainsi, pas de bonnes ou mauvaises impulsions = comportement, il y aurait un dosage et un but. Il se trouve que le système hormonal, et l’homéostasie qu’il assure, est régularisé par le « feedback négatif« . C’est à dire que le système est stabilisé par une fonction régulatrice. Plus le système agit puissamment sur cette fonction et plus sa réaction sur le système est faible.

A la recherche du feedback négatif

Alors comment trouver un « feedback négatif  » pour trouver un équilibre de la démographie aujourd’hui galopante, qui menace d’étouffement l’espèce humaine? Selon, LORENZ ce serait le point central qui conditionne un grand nombre de menaces de l’espèce qui pourrait s’étouffer elle-même. Ce serait une première dans le monde du vivant! Ce qui n’est pas durable selon LORENZ c’est le surpeuplement qui menace et la déshumanisation de l’homme qui va de pair! Selon LORENZ ce sont les qualités et les facultés les plus nobles de l’homme et celles que nous estimons les plus spécifiquement humaines, qui semblent appelées à disparaître, du fait de ce surpeuplement.

LORENZ rejoint Christophe FAURIE, lorsqu’il dit que ce qui n’est pas durable c’est la relation entre les hommes, cette relation où le subtil dosage des impulsions est mal régulé… manque d’amour du prochain sincère et chaleureux!