Je me souviens d’une habitante du seizième qui se lamentait de l’élection de François Mitterrand et de sa bande d’incultes, même pas polytechniciens. Parmi lesquels Messieurs Delors et Beregovoy.
Qui était Jacques Delors ? Surprise : un Gaulliste ! Il était passé au PS mais, apparemment, sans changer d’opinion. C’était surtout un syndicaliste chrétien. Et il a nationalisé. Mais il a été l’homme de l’Europe. Il n’était pas le candidat de Mitterrand, mais le seul acceptable par le reste de l’Europe. Et, avant de prendre son poste, il a eu l’idée de faire un bilan de la situation. Il a découvert que l’Union européenne menaçait de ne pas se relever des coups que lui avait portés Mme Thatcher. Qu’elle avait besoin d’un projet.
Pourquoi n’est-il pas ensuite devenu président de la France, alors qu’il était favori ? Parce qu’il a eu peur du PS, qui avait amorcé le virage qui en a probablement fait ce qu’il est peut-être aujourd’hui. (Plus rien ?)
(il avait la) crainte de se retrouver prisonnier d’un Parti socialiste français qui, après les années Mitterrand, basculait à gauche (Henri Emmanuelli était devenu premier secrétaire en 1994) et dans lequel le catholique progressiste et pragmatique qu’il n’avait jamais cessé d’être ne se reconnaissait pas. Ce n’est pas un hasard s’il a été sensible au concept allemand d’« économie sociale de marché ».
Article de Telos.