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Triste général de Gaulle ? A peine décédé, nos gouvernement ont pris le contre-pied de sa politique et, pire ? aujourd’hui on en est revenu aux instabilités de la 3ème République, la hantise de sa vie.

Aurait-il dû écouter John Rawls ? On ne doit pas concevoir un régime pour soi, mais pour ceux qui peuvent prendre notre suite. Celui qui partage le gâteau n’est pas celui qui choisit en premier sa part.

Ou l’aurait-il compris trop tard ? En fin de carrière, il a tenté de faire adopter une régionalisation, afin de forcer le Français à prendre ses responsabilités. Français responsable, le changement à réussir ?

Crash stratégie

Un de mes anciens collègues parlait de « crash stratégie ». La crash stratégie est l’idée fixe qui vous fait échouer, parce qu’elle vous rend aveugle.

En lisant l’histoire du CNR, je me suis demandé si de Gaulle n’avait pas été victime d’une crash stratégie. En effet, son obsession était l’incurie de la France, le spectacle lamentable que donnait ses hommes politiques. Pour y mettre un terme, il a rétabli le pouvoir royal. Ce qui fut un flop.

Or, le CNR était justement la solution qu’il cherchait. C’était la responsabilité faite homme politique. Au lieu de le mépriser, si l’on en croit ce que disent les témoins de l’époque, peut-être aurait-il mieux valu qu’il cherche à en faire durer l’esprit. Il aurait pu être son homme fort et sa conscience. Ce qui est le rôle d’un président de la 3ème république.

Showbiz

Comme pour beaucoup de gens, je me demande quoi penser de De Gaulle. Aujourd’hui on tend à lui accorder à nouveau quelque considération. Il avait correctement jugé les Américains, et son idée de la France est probablement préférable à ce qu’ont fait ses successeurs de notre pays, entend-on.

Pourtant, mes souvenirs de cette époque sont gris. Le général et ceux qui l’entouraient n’étaient pas « dans le coup ». Ils semblaient d’un autre temps. Par exemple, j’ai découvert que Pierre Mesmer était quelqu’un de bien, courageux et intelligent. Ce n’est pas l’impression que j’avais gardée de lui.

J’en reviens à un constat que j’avais fait à l’époque où je donnais des cours. Ce qui comptait n’était pas la qualité de la connaissance apportée, mais d’être sympathique à l’élève. C’est ce que les Américains ont compris : leurs cours sont avant tout du showbiz.

Une leçon ?

De Gaulle et la résistance

50 ans après. Rediffusion d’émissions célébrant la libération de Paris. Des témoins sont là. (La plupart sont devenus généraux, entre-temps, avant de consacrer leur retraite à publier leurs mémoires.) Une question se pose à eux : pourquoi de Gaulle s’est-il comporté aussi mal avec les résistants, à cette occasion ? Avec les communistes, on peut le comprendre, et encore, mais avec les modérés ?

Il se révèle qu’il était timide, et même extrêmement attachant, mais qu’il pouvait être blessant et grossier lorsqu’il estimait que des intérêts supérieurs étaient en jeu. C’est ainsi qu’il lui arrivait de traiter Anglais et Américains.

Il se révèle aussi qu’il aurait voulu que Leclerc, donc l’armée, signe seul l’acte de reddition du gouvernement allemand de Paris.

Peut-être avait-il peur que le « système » de la 3ème République (au sens systémique du terme) ne le prenne dans ses rets, et empêche le changement qu’il désirait ? Il n’est pas loin de dire cela dans ses mémoires.

Vive de Gaulle ?

Je m’interroge sur de Gaulle, comme sur beaucoup d’autres personnes. C’est un des exercices habituels de ce blog.

Initialement, je n’avais pas une très bonne opinion de lui. Ne nous a-t-il pas affublé de champions nationaux dirigés par des hauts fonctionnaires parachutés, qui, depuis, se sont fait la malle ? Et n’a-t-il pas abandonné nos colonies sans leur apprendre à utiliser l’héritage que nous leur avions imposé ? Et cela pour des raisons d’amour propre ?

Mais, au moins pour la France, ne s’est-il pas rendu compte de ses erreurs ? Trop tard ?

Toujours est-il qu’il a réussi quelque-chose d’extraordinaire, qui ferait pâlir de jalousie les héros de films américains : il s’est emparé du pouvoir sans aucune légitimité (je l’entendais l’autre jour décorer des généraux, qui étaient ses supérieurs…). Et, alors qu’il n’était rien, il a mis KO l’Etat le plus puissant du monde – qui voulait sa perte : les USA. Et cela, il ne l’a même pas fait comme un Fidel Castro, ou un Mao, en chef de bande autour de qui s’agrège des combattants. Mais par la parole. Et pendant 30 ans, il a fait briller la France, qui a cru demeurer une grande puissance. Et ensuite ? Ceux qu’il avait combattus sont pris le pouvoir et le déclin est reparti de plus belle ?

Quel est le mal qui nous ronge ? Peut-être celui de Pétain : se croire porteur de la vérité ? Contrairement à une idée répandue, la particularité, extraordinaire, de De Gaulle aurait-elle été de vouloir, avant tout, l’union du pays ?

Collaboration

Que penser de la collaboration ? Une série d’émissions de France Culture ne m’a pas appris grand chose. D’un côté, il y avait les collaborateurs, de l’autre les résistants, et, entre les deux, ceux qui essayaient de se débrouiller au milieu d’événements qui les dépassaient (dont on n’entendait rien dire dans la série, sinon qu’ils étaient gravement sous-alimentés).

Quelques-uns ont combattu pour les Allemands, qui les méprisaient. Les derniers défenseurs d’Hitler furent même Français, semble-t-il. Mais, généralement, ils ont mal fini.

En revanche la responsabilité de Pétain paraît immense. Non seulement il n’a pas préparé la France à la guerre, mais, en lui donnant l’impression qu’il la dirigeait, il permettait aux Allemands de lui prendre 30% de ses richesses, sans résistance. Elle travaillait pour eux.

Auraient-ils pu avoir de tels succès militaires sans cela ? En regardant défiler la deuxième DB, de Gaulle se disait qu’il aurait suffi d’en avoir quelques-unes comme celle-ci en 40, pour que le sort du monde soit totalement différent.

Il ne tient pas à grand chose.

Pétain

Pétain ou le règlement de compte ?

Il semblerait que Pétain ait cru à une courte guerre. L’Angleterre, comme la France, allait capituler. Ensuite tout rentrerait dans l’ordre. S’il n’est pas parti de France occupée, plus tard, ce qui en ferait aujourd’hui un héros, c’est parce qu’il voulait poursuivre sa révolution nationale. Chasser l’ennemi de l’intérieur.

De Gaulle, par contraste, voulait l’union de tous les Français.

Voilà ce que j’ai entendu dans une ancienne émission.

Pétain menait-il une « croisade anti woke » ? Cela expliquerait-il l’impréparation de l’armée : se servir de l’Allemagne pour donner une leçon à la France ? Rien de mieux qu’une bonne guerre perdue pour vous remettre au pas ?

Françoise Hardy

Il y a déjà quelque temps, France musique parlait de Françoise Hardy.

Lointains souvenirs. Curieusement, pour moi, Françoise Hardy fut le nom de deux personnes. La première, aux cheveux longs, vivait en un temps où la France avait des stars qui rivalisaient avec celles des Anglo-saxons. (Dernières heures d’une France oubliée, la France grande puissance, dont la culture rayonnait sur le monde ? De Gaulle la portait-il à bouts de bras ?) J’associe la seconde, des années 70, aux cheveux courts, à une affligeante France en noir et blanc.

Quant à son oeuvre ? Tout le monde ne parvient pas à devenir une vedette. Il n’y a pas besoin de prétendre à l’immortalité pour mériter le respect.

France unie

Témoignages de résistants de la première heure. Les faits n’ont encore que 20 ans. (Une rediffusion de France culture.)

L’histoire qui se fait n’a rien à voir avec celle que l’on nous raconte. On découvre, par exemple, un de Gaulle désemparé, qui se plaint amèrement aux résistants de l’intérieur qui lui rendent visite. (Spectacle curieux, lorsque l’on pense à la faible espérance de vie de ces derniers.)

Ils découvrent, à leur immense surprise ! que si « en zone libre, la résistance se bat contre Vichy, et, en zone occupée, contre les Allemands, en Angleterre, elle se bat contre les Anglais ». Les Anglais font tout pour torpiller de Gaulle. Quant à Roosevelt, il coopère joyeusement avec Pétain !

Encore plus surprenant, peut-être : cette poignée de résistants venait de « tous les horizons », et pourtant elle est demeurée unie. Un espoir ?

De Gaulle et Zelinsky

Hasards de wikipedia. Je savais que Roosevelt ne voulait pas de De Gaulle, mais, je ne savais pas que les USA l’avaient poursuivi de leur vindicte jusqu’à la fin de sa carrière, jusqu’à s’entendre avec le FLN algérien puis l’OAS et les révolutionnaires de 68 !

Décidément, Trump n’a rien inventé.

Faudrait-il mettre les USA au rang des états terroristes, comme le Hamas ?

(Il est vrai que l’on a oublié le nombre de régimes démocratiques que les USA ont remplacé par des dictatures. En particulier en Amérique du sud.)