Je m’interroge sur de Gaulle, comme sur beaucoup d’autres personnes. C’est un des exercices habituels de ce blog.
Initialement, je n’avais pas une très bonne opinion de lui. Ne nous a-t-il pas affublé de champions nationaux dirigés par des hauts fonctionnaires parachutés, qui, depuis, se sont fait la malle ? Et n’a-t-il pas abandonné nos colonies sans leur apprendre à utiliser l’héritage que nous leur avions imposé ? Et cela pour des raisons d’amour propre ?
Mais, au moins pour la France, ne s’est-il pas rendu compte de ses erreurs ? Trop tard ?
Toujours est-il qu’il a réussi quelque-chose d’extraordinaire, qui ferait pâlir de jalousie les héros de films américains : il s’est emparé du pouvoir sans aucune légitimité (je l’entendais l’autre jour décorer des généraux, qui étaient ses supérieurs…). Et, alors qu’il n’était rien, il a mis KO l’Etat le plus puissant du monde – qui voulait sa perte : les USA. Et cela, il ne l’a même pas fait comme un Fidel Castro, ou un Mao, en chef de bande autour de qui s’agrège des combattants. Mais par la parole. Et pendant 30 ans, il a fait briller la France, qui a cru demeurer une grande puissance. Et ensuite ? Ceux qu’il avait combattus sont pris le pouvoir et le déclin est reparti de plus belle ?
Quel est le mal qui nous ronge ? Peut-être celui de Pétain : se croire porteur de la vérité ? Contrairement à une idée répandue, la particularité, extraordinaire, de De Gaulle aurait-elle été de vouloir, avant tout, l’union du pays ?