Demi-millier

500 billets, et question à chaque centaine : qu’ai-je appris ?

La forme des billets s’est stabilisée. Elle est le fruit du hasard.

  • Le style du billet est une adaptation au langage des blogs du style que j’utilise dans mes livres. Il paraît qu’on m’y entend parler. Ce qui est, effectivement, ce que j’ai cherché à faire (avec beaucoup de difficultés !).
  • Chaque billet se termine par des « compléments », une annexe où je donne les quelques références qui justifient mon propos. Originellement ces compléments (qui ont porté plusieurs noms), avaient pour but d’attirer l’attention du lecteur sur d’anciens billets. Depuis j’ai trouvé le moyen de faire ressortir, à la fin de chaque billet, les billets qui portaient sur les mêmes libellés. Cependant, j’ai conservé mon annexe. C’est probablement la partie la plus pénible de la rédaction mais 1) elle rappelle la forme de mes livres 2) elle me force à faire des révisions, et à éviter de trop me répéter ou d’oublier un développement intéressant 3) elle semble lue.
  • Mes chroniques de film doivent à une remarque d’Hervé Kabla le lien hypertexte entre photo d’affiche et site d’Allociné. Bonne idée : ça me fait de grandes photos qui donnent un peu de couleur au blog. Pour les autres articles, je ne sais pas trop comment les illustrer. Et merci à Jean-Pierre Bove pour ses bandes dessinées.  
  • La dimension du billet vient d’une remarque de Vincent Giolito, qui trouvait mes billets initiaux trop longs. En fait, récemment, je suis revenu à des billets un peu plus bavards : c’est ceux que je préfère écrire. Pour ces billets, j’ai emprunté une idée de Nicolas Dasriaux de Neoxia : les intertitres.
  • D’une certaine manière la forme de mes billets reflète le changement de stratégie que j’ai expliquée à la précédente centaine. Au début de la vie de ce blog, j’ai caressé l’espoir qu’il soit lu par (relativement) beaucoup de monde. D’où un contenu qui devait être attrayant. C’est pour cela que j’ai un moment mis en bleu certains passages importants. L’introduction, elle aussi en bleu (parfois un résumé, parfois une accroche), vient d’une remarque de François Hauser qui avait noté que la première ligne de mes billets apparaissait sur Plaxo. Il fallait que cette première ligne donne envie de lire le billet, me suis-je dis.
  • Depuis, j’ai abandonné Plaxo, et je me suis rendu compte que je ne me reconnaissais pas dans ce que cherchaient les visiteurs occasionnels du blog. En outre, contrairement à ce que je croyais, le sujet du changement n’est pas un sujet qui intéresse le grand public français. Les journalistes y sont totalement imperméables ; et l’entreprise et ses problèmes ne font encore qu’effleurer la conscience collective. Il faudrait que j’écrive en Anglais. Mais parler Français est un des plaisirs que me procure ce blog… J’ai compris que je l’écris pour une petite communauté de gens que je rencontre régulièrement. Une amie de Dominique Delmas, qui fait le tour du monde en voilier, utilise un blog pour informer ses proches de ses aventures. Le moyen est plus efficace que la lettre. Finalement mon blog a pris cette forme : il conte mes aventures à mes amis.

Un problème que je n’ai pas totalement résolu est le temps que me prend ce blog. Certes j’écris vite (il semble même que je donne des complexes à des journalistes professionnels, pour qui rédiger un billet par jour est un calvaire !). Mais j’ai beaucoup d’autres choses à faire. La difficulté vient du processus que suit la rédaction d’un billet. Il faut parcourir des sources d’idées (journaux, blogs, radio…), puis laisser décanter, puis rédiger. Malheureusement, d’une idée en surgit une autre, et alors il y a grand danger qu’une grosse partie de la journée se passe à écrire… J’ai sacrifié à ce blog le 4ème livre auquel je voulais consacrer été et Noël. Pas facile aussi de trouver le temps de lire autre chose que des articles dans ces conditions.

Google et Microsoft III

Estelle Cantillon et Pai-Ling Yin examinent les batailles que se livrent les bourses mondiales. Elles se demandent comment un nouvel entrant peut détrôner une bourse installée. Réponse ?

  • Ne pas attaquer frontalement. Viser un segment pour lequel l’entrant a un gros avantage.
  • C’est un des fondamentaux du marketing. Segmenter les besoins du marché (cf. GM des années 20 contre Ford T). Cette stratégie s’apparente à « diviser pour régner » : on profite des appétits individuels pour dissoudre la clientèle du concurrent. Plus il perd de clients, plus ses coûts se répartissent sur une base faible… Danger de disparition. Dans une telle économie, les grandes entreprises sont régulièrement détruites par de nouvelles arrivées. C’est le modèle américain.

Une autre stratégie.

  • The Economist pense que Google a peur que Microsoft utilise sa domination du marché pour bloquer le développement d’Internet. C’est pourquoi Google a développé Chrome. Sa technologie, qui peut être utilisée par Microsoft, apporte ce qui manque aux navigateurs pour permettre la réalisation d’applications Internet sophistiquées. Oui, mais Windows et Office vont trépasser, répond Nicolas Dasriaux (Google et Microsoft II) ! Seulement à long terme. Les vaches à lait de Microsoft dureront longtemps. Grâce à Google, Microsoft peut profiter d’un, futur, fabuleux marché Internet (aujourd’hui il en est incapable). Et affecter les équipes mises au chômage à de nouveaux projets.
  • Cette stratégie s’appelle l’union fait la force : entreprise en place et nouvel entrant ayant un avantage spécifique s’unissent, sans que l’un tue l’autre. Alliance solide ? Oui, quand chacun y trouve son compte : si chaque allié devient de meilleur en meilleur. Aucun des deux n’aura de tentation de remplacer l’autre. Dans une telle économie les entreprises sont durables, elles s’appuient sur un réseau de partenaires de plus en plus spécialisé. C’est le modèle japonais.

Compléments :

  • The second browser war, The Economist, 6 – 12 Septembre 2008.
  • Les deux strategies de cette notent se trouvent aussi dans la gestion de l’entreprise : Comment gagner en productivité ?

L'art de la programmation par Microsoft

Nicolas Dasriaux m’apprend que Google développe bien, et qu’Apple fait de grandes choses avec peu de développeurs. Bonne nouvelle.

  • Je n’ai jamais compris comment il se faisait que Microsoft programme aussi mal et aussi coûteusement. Je craignais que l’art de la programmation en soit définitivement affecté.
  • Je me suis toujours demandé pourquoi Microsoft ne consacrait pas un peu de la montagne d’argent gagné à l’apprentissage de son métier. D’ailleurs le problème n’empire-t-il pas ? Les nouvelles versions de Windows, par exemple, semblent totalement hors sujet.
  • Malheureusement pour Microsoft, la menace directe du marché ne se fait plus sentir. Fini le temps où l’avenir de la société se jouait sur la sortie de DOS ou de Windows. À force de moyens, d’heures supplémentaires et d’hurlements, quelque chose d’à peu près correct émergeait.

Microsoft va-t-il finir comme IBM, en SSII ?

Google et Microsoft II

Chrome : tentative de tremblement de terre ? Discussion avec Nicolas Dasriaux, directeur technique de Neoxia.

  • L’objet du nouveau navigateur de Google, Chrome, serait de transformer Internet.
  • Aujourd’hui, le navigateur permet de chercher des pages HTML sur un serveur, guère plus.
  • Demain, si Google a le dessus, le mode d’interaction avec le Web ressemblera à celui d’une suite bureautique.
  • Donc plus besoin de Windows et de MS Office. « The network is the computer » comme disent les gens de SUN.