Cyber bug

Coup de pub. Hier, elle était inconnue. C’est maintenant une célébrité. La société, judicieusement nommée « CrowdStrike », est parvenue à arrêter l’économie mondiale.

Apparemment, elle aurait diffusé un peu rapidement une nouvelle version de son logiciel de cybersécurité, qui aurait eu un effet imprévu. Ce matin, on soupçonnait, qu’elle n’avait pas fait correctement ses tests. (Personnel en vacances ?)

Intéressant événement à plusieurs titres.

De mon vivant, en quelque sorte, j’ai vu l’évolution du test. Jadis il était fait avant la mise sur le marché, maintenant, il est fait par le marché. On peut d’ailleurs se demander si Boeing n’a pas adopté cette philosophie. C’est une innovation.

Ensuite, cela illustre un concept que l’on trouve en statistique, et qui n’a pas la notoriété qu’il mérite. Exprimé en termes de cybersécurité, il peut se dire ainsi : il y a deux types de risques : celui de ne pas se protéger, et celui que présente la protection elle-même.

D’ailleurs, les journaux posaient la question de savoir qui devait assurer l’incident : l’assurance doit-elle payer pour les dommages encourus par le logiciel de protection qu’elle a demandé d’installer en contrepartie de l’assurance de l’entreprise ?

Cyber Russe

L’Occident cherche à dissuader la Russie d’envahir l’Ukraine par la menace de sanctions économiques.

Mais la Russie a aussi ses moyens de contre dissuasion : ses cyber criminels d’Etat. Elle a commencé à attaquer l’Ukraine. Ses prochaines cibles pourraient être occidentales. En particulier le secteur de l’énergie. Voilà ce que disait la BBC, hier matin. 

Peut-être serait-il temps de faire de la cyber sécurité, et donc d’Internet, une affaire d’Etat ? 

(Le libéralisme et la joyeuse anarchie des marchés s’auto réglementant ne peuvent qu’être éphémères ?)

Cyber canaille

Entre les deux guerres, le libéralisme était à la mode en France. Charles Gide avait trouvé une image curieuse pour le caractériser : dans un jardin libre, ce sont les mauvaises herbes qui gagnent. 

On a parlé d’Internet comme d’une création libertaire. Qu’est-il devenu ? Il est parcouru de bandes sans foi ni loi qui rançonnent le faible. Faiblesse relative, d’ailleurs, car le faible ne l’est que par son manque de relations et sa méconnaissance de la science du piratage informatique. Comme jadis, les maîtres de ce monde sont des gueux. 

Le surhomme et la loi d'Internet

Notre société est totalement numérique. La cyber criminalité devient donc une menace mortelle. Qui vise-t-elle ? Le faible ! (Article.)

Autrement dit, vous et moi. Car, que pesons-nous, nous les amateurs d’Internet, face à un spécialiste ? Ou à une organisation criminelle ? 

D’ailleurs, que pensent de nous ces génies du numérique ? 

Dans Les caves du Vatican, André Gide imagine le caprice d’un être parfait, qui précipite d’un train un voyageur ridicule. L’esprit d’Internet ?