Étiquette : croissance
Serions nous les pigeons de la croissance ?
Le rendement décroissant du progrès
L’homme se vante de ses prouesses technologiques. Pourtant, si l’on compare son efficacité et celle de la nature, on constate un gaspillage colossal, me disait un ami. Par exemple, un oiseau de douze grammes peut faire un voyage de deux mille cinq cent kilomètres, sans escale.
Théorie des rendements décroissants ? Notre mode de développement est-il en fin de vie ? Les limites à la croissance ? L’homme est-il capable de changer ?
Malthus avait-il raison ?
Mobilisation du capital humain = relance de la croissance ?
Croissance par agression, ou par coopération ?
A little more than a decade ago (…) I spoke to Mikhail Khodorkovsky, at that moment the richest man in Russia. “If a man is not an oligarch, something is not right with him,” Khodorkovsky told me. “Everyone had the same starting conditions, everyone could have done it.” (…) Though typically more guarded in their choice of words, many American plutocrats suggest, as Khodorkovsky did, that the trials faced by the working and middle classes are generally their own fault. (L’article.)
- L’agression se poursuit, sans complexes. (Capitaliste.)
- On arrête tout et on se replie sur soi. (Altermondialiste.)
- On reconnaît que l’homme a une fonction dans la nature. Il lui apporte quelque chose qu’elle n’a pas, une sorte de « complexité ». Celle-ci peut-être obtenue sans affrontement, par coopération (sans angélisme). Le changement serait là.
Interrogation sur le développement durable
Nous découvrons aujourd’hui que l’homme est un écosystème. Or, la révolution pastorienne a consisté à détruire une partie du dit écosystème. Il n’est pas impossible que cela finisse par nous coûter cher. Mais, d’un autre côté, nous ne pouvions peut-être pas faire autrement, car l’invention de l’agriculture a créé tout un tas d’épidémies qui nous décimaient.
Ce n’est pas que le capitalisme qui fonctionne par destruction créatrice, mais la civilisation elle-même, me semble-t-il. Son principe paraît être « ce qui ne tue pas renforce ». Nous agressons la nature, qui nous le rend (au centuple ?), ce qui nous force à évoluer, dans la douleur. La science de l’ingénieur est une illustration de ce principe. C’est l’art de l’approximation. Quant à ses conséquences, elles seront payées par nos descendants.
Mais ce processus peut-il se poursuivre éternellement ? Et si, au prochain match retour, la revanche de la nature était d’une brutalité dont notre espèce n’arrive pas à se relever ? Ne serait-il pas temps de réfléchir à un mode de développement qui remplace l’agression aveugle par une forme de coopération ? Est-ce cela le développement durable ?
(Sur ce thème, voir les travaux de Spencer Wells. Prolongement de mon billet sur croissance et résilience.)
Croissance et résilience.
Sauvons la démocratie
Démocratie en recul partout. Après des années fastes, elle a connu des déconvenues. Crise russe, invasion d’Irak, printemps arabes, Afrique du sud, Turquie, Inde dysfonctionnelle… Et ses champions, USA et UE donnent un piètre spectacle. Les nations sont attaquées du dessus, par la globalisation, et du dessous, par une multitude d’intérêts spéciaux dont le pouvoir est décuplé par Internet. Les gouvernements démocratiques réagissent par l’artifice, la dette et la démagogie. Bien triste spectacle, en comparaison d’une Chine triomphante ! Comment redonner du lustre à la démocratie ? Plutôt que de les refuser, les gouvernements doivent mettre à profit les forces qui l’ont déstabilisée. Paradoxalement, en réduisant leur pouvoir, donc l’Etat. Ils doivent réapprendre à déléguer. Vers le haut à ceux qui savent, la technocratie. Vers le bas, à ceux qui sont légitimes : démocratie directe. En maintenant un savant équilibre entre les deux.
Qu'est que la croissance ?
Les limites à la croissance disent que la croissance est le mal de l’humanité. Mais ils n’expliquent pas ce que c’est que la croissance. Sinon que ce serait une sorte de tendance à la spéculation. C’est à dire à la négation des limites physiques de la nature. Ce n’est pas très satisfaisant. Une idée de modélisation m’est venue :
- Chaque année nous produisons des produits consommables + une capacité à produire (des machines, mais aussi des connaissances nouvelles). J’appelle dans la suite les uns P, l’autre C.
- Cette capacité à produire, l’année suivante va, de nouveau produire des produits et de la capacité à produire.
- Cependant une grosse partie de la capacité à produire se maintient d’une année sur l’autre (machines). Il est donc logique de penser qu’elle croit. On passe de C à C + dC, d > 0. Et la production passe de P à P + dP. Si d tend à avoir une valeur constante. On a une croissance exponentielle.
Ceci ne résout rien, mais pose de curieuses questions :
- La croissance pourrait avoir quelque-chose de naturel et de sain. C’est la croissance de nos connaissances. C’est le fait que nous en laissons plus à nos enfants que ce que nous avons trouvé. Ce peut-être aussi la croissance de la « résilience » de l’espèce : nous accumulons une sorte d’expérience qui nous permet de résister de mieux en mieux aux chocs, d’être de plus en plus durables.
- La croissance que craint Les limites à la croissance serait une croissance malsaine, peut-être parce que sa production P n’est, paradoxalement, pas consommable. Elle donne quelque-chose que la nature ne parvient pas à retraiter (thèse du berceau au berceau).
- Y a-t-il eu toujours croissance ou n’a-t-elle démarré que récemment ? Il n’est pas impossible que nous ayons trouvé de nouveaux moyens de stocker notre savoir (notamment les machines), qui font qu’il se perd moins que par le passé.
Ce qui m’amène à une idée encore plus étrange. Et si notre croissance actuelle était liée au matérialisme ? Il aurait fait notre fortune en nous permettant de rendre durables nos acquis. Mais il menacerait maintenant notre survie, en produisant du déchet non réutilisable. Cela signifierait alors que, si l’on veut un développement un peu plus durable, il faut réserver le non dégradable à la production de connaissances, et en faire un usage parcimonieux, et, pour le reste, s’assurer qu’il va se dissoudre dans la nature, qu’il est, effectivement, consommé. Pour une vraie société de consommation ?
