Limites à la croissance

Dans le rapport du Club de Rome, les chercheurs du MIT affirmaient que le mal de l’humanité était la croissance.

Cette année, j’ai fait un constat, quelque-peu évident : lorsque l’humanité rencontre une limite, elle se réinvente, et cette réinvention est une source d’activité, donc de croissance.

La « croissance » est en fait réinvention : la progression de l’humanité se fait par destruction de l’existant pour reconstruire quelque-chose de mieux. Nous procédons ainsi avec nos maisons.

« Croissance » ne veut rien dire.

Moteur allemand

Pourquoi la livre est-elle forte vis-à-vis du dollar ? se demandait la BBC, l’autre jour. Parce que la livre est une monnaie européenne, et que l’euro est fort, parce que l’on pense que l’Allemagne va relancer son économie et que ce sera bon pour l’UE. Ce n’est pas la première fois que j’entends la BBC évoquer ce sujet.

Notre gouvernement pourrait-il être sauvé par l’Allemagne ? Le crime paierait-il ?

Cracher en l’air

Elon Musk, ennemi public numéro 1 ?

Thousands of satellites being sent into orbit by SpaceX and rivals like Amazon eventually have to come down. Incinerating them in the atmosphere releases damaging pollutants that pose new threats to the planet’s protective shield.

https://www.bloomberg.com/graphics/2025-space-orbit-satellites-pollution/

Voilà qui rappelle les « limites à la croissance ». Y aurait-il quelque-chose de pourri dans notre mode de fonctionnement ? On commence par envoyer un satellite, ce qui est inoffensif, puis on en sature le ciel, ce qui nous asphyxie ? Un aventurier part dans quelque territoire inconnu, puis survient des hordes de touristes ?…

Est-ce la croissance qui est un mal, ou l’individualisme débridé ? L’homme laissé à lui-même est un danger public ?

Croissance à tout prix

Le gouvernement anglais est dos au mur. Il lui faut impérativement de la croissance.

Après avoir annoncé « l’intelligence artificielle partout », il parle maintenant de déréglementation. Quand un gouvernement de gauche parle de déréglementation, c’est un signe qui ne trompe pas qu’il est acculé.

Mais est-ce que la déréglementation provoque la croissance ? Cela semble faire l’hypothèse que l’entrepreneur est assoiffé d’argent et qu’un rien peut libérer ses esprits animaux.

N’était-ce pas ce que croyait M.Macron ? L’échec des mesures qu’il a prises semble montrer que l’hypothèse était fausse.

Je constate que l’entrepreneur s’adapte à son environnement. Son discours n’a aucun rapport avec ses actes. Au fond, il vit à la fois mal et très bien. Comme vous et moi, il n’a aucune envie de faire croître ses affaires. A mon avis, les recettes de la croissance sont :

  • Un avenir prévisible, et non la jungle libérale.
  • La loi, paradoxalement. Le chaos épuise le dirigeant.
  • La pression de son environnement. Une entreprise laissée à elle-même se recroqueville. Elle a besoin d’être stimulée par l’envie de faire mieux que « les copains ».

Chine du milieu

La Chine n’est pas une exception. Il est bon de se rappeler qu’au départ des réformes mises en place par Deng Xiaoping, c’était un pays particulièrement pauvre avec une économie très rétrograde, mais dont la population était relativement bien éduquée. Il était idéalement situé pour se développer en se libéralisant, en s’intégrant dans l’économie mondiale, et en adoptant les technologies existantes. Au fur et à mesure que l’écart avec les pays avancés s’est réduit, le bénéfice de ce rattrapage s’est épuisé et les coûts économiques d’un régime autocratique sont devenus plus apparents. L’essoufflement de l’économie chinoise se produit d’ailleurs très tôt dans le processus de rattrapage, alors que le revenu par tête de la Chine n’est encore que le tiers de celui des États-Unis. Le Japon et la Corée du Sud ont fait beaucoup mieux.

Article

Une des thèses de ce blog est que la Chine n’est pas le géant dont on nous a tant parlé. Il y a quelque chose dans sa culture qui fait que, comme le Japon, il arrive un moment où sonne l’heure du repli sur soi.

Union Européenne : un nouvel âge d'or ?

L’UE a une chance exceptionnelle, qu’elle ne doit pas rater. Du moins si l’on en croit Michael Porter. (Synthèse.) 

L’histoire montre que ce qui a fait la prospérité des nations est un handicap, un manque, ce qu’il appelle « désavantage concurrentiel sélectif ». Combler ce manque est le moteur du développement. 

L’Union européenne, contrairement aux USA, n’a pas de ressources naturelles. Or, elle a utilisé ce dernier demi siècle à démanteler tout ce qu’elle avait construit pour assurer sa « souveraineté », principal souci, notamment, du pouvoir gaulliste. En outre, contrairement aux USA, qui sont une île, elle est en confrontation directe avec l’empire russe, et s’est mise entre les mains de l’empire chinois. Comme si ce n’était pas suffisant, elle n’est pas unie. Or, les périodes de crise donnent un pouvoir de nuisance exceptionnel aux égoïsmes des minorités. 

Non seulement, tout est à reconstruire, en Europe, mais tout est à reconstruire « autrement »… Chance ?

Décroissons ?

Débat sur la conquête de l’espace (un précédent billet), France Culture. Une participante répète, « il faudra décroître ». 

La décroissance est une croyance, ai-je pensé. Un dogme. Car « croissance » recouvre tout et son contraire. Personne n’est mécontent de voir son enfant « croître ». Quelqu’un qui ne croît pas est un nain. L’histoire de l’univers est une question de croissance : les atomes se combinent en molécules, qui deviennent elles-mêmes des êtres complexes. 

Et c’est peut être ce que cherche à mesurer notre « croissance », le PIB. Ces combinaisons de plus en plus complexes et sophistiquées ? Et c’est peut-être, au contraire de ce que disait la dogmatique interviewée, ce qu’on reproche à notre mesure de la croissance : prendre pour de la croissance ce qui ne l’est pas ?

Pourquoi croissance n'est pas français

Le patron de PME ne peut pas grandir, parce qu’il se trouve dans un « puits ». Il est dans une « zone de confort » inconfortable, mais toute autre situation est inacceptable. Voilà ce que je retiens du rapport sur le syndrome de Peter Pan, déjà cité :

Pour l’entrepreneur, l’entreprise est à la fois le moyen de se libérer, et une expression de son ego. L’entreprise, c’est lui. Avec ses forces, et ses limites d’autodidacte. D’autant qu’il doit lutter avec de formidables handicaps. Il se retrouve dans un univers extraordinairement toxique. Car les valeurs de notre société sont exceptionnellement hostiles à l’entreprise. Il doit sans arrêt faire avec. Ce qui est épuisant, et terriblement injuste. Et cela produit un comportement totalement irrationnel. L’entreprise n’est pas guidée par ses intérêts économiques, mais par le conflit entre le « narcissisme » du dirigeant et les injonctions, anti économiques, de la société. Sa survie est donc un miracle. On ne peut pas lui demander, en plus, de grossir, et de créer des emplois ! D’ailleurs, le dirigeant ne rêve que de réussir pour pouvoir abandonner son affaire et consacrer sa vie au bénévolat ! 
Le dirigeant étant incompris, il cherche du réconfort parmi ses pairs, dans des clubs de dirigeants locaux. Il peut même tant s’y investir qu’il en oublie les intérêts de ses affaires ! Nouveau paradoxe : ces clubs ont un rôle opposé à leur mission !
Ce qui ressort des entretiens (mais pas de leur synthèse) est que l’entrepreneur est devenu entrepreneur parce que, bien souvent, la société ne lui réservait qu’une place indigne de son potentiel. Il est tentant de penser que notre société est profondément injuste, et que l’entrepreneur, nouveau paradoxe, ressemble au syndicaliste. Le système ne lui donne pas la place que devrait lui valoir son talent. Il recherche un ascenseur social alternatif. Mais, seul contre tous et lourdement handicapé par un système qui ne lui a donné aucun bagage, il ne peut aller très loin. 
La rigidité d’une société qui prétend nous assigner une place, dès la naissance, est source de conflits, et du fameux « désengagement » ? 

Pour que la French Tech décolle, enfin ?

Comme la femme, la start up française a son plafond de verre. Elle ne semble pas parvenir à dépasser le million d’euros de chiffre d’affaires. La Licorne française serait-elle une chimère ?

Edouard Plus, qui dirige un accélérateur, a peut-être trouvé une solution à ce problème.

  • Il choisit des hommes capables de faire croître une entreprise, plutôt qu’une idée. 
  • Il leur trouve un marché : leurs premiers clients sont dans l’accélérateur !
Un modèle à copier ?