Pensée captive

L’engagement chez les philosophes. Une émission de France culture.

Apparemment, la figure même du philosophe engagé, c’est Sartre. Et, le moins que l’on puisse dire, est qu’il fut ridicule. Mais le ridicule ne tue pas. Au contraire c’est, bien souvent, la recette de la célébrité, comme on le voit actuellement. « Plus le mensonge est gros, mieux il passe » aurait dit Goebbels.

Le plus curieux est le nombre de philosophes les plus diplômés qui se sont faits les « idiots utiles » du Stalinisme, et qui ont nié la réalité pendant des décennies. Normale sup n’enseigne pas le sens critique, mais le fait perdre ?

Allergie

Je n’aime pas les réseaux sociaux. Et pas plus les nouvelles de l’université de Cambridge et beaucoup d’émissions de radio. Pourquoi donc ?

Parce que tout ce monde prétend « être dans le coup », de la dernière mode, prédire l’avenir, et nous donner des leçons.

Cela me semble insupportablement idiot : ces gens ne font que répéter ce qu’ils ont entendu, sans aucun esprit critique. Etrangement, ils se gonflent, à éclater, de leur originalité alors qu’ils sont des perroquets.

Critique et sagesse

The Democratic strategy of using lawfare to defeat Trump was repudiated, and he deserves the ability to begin his new term with a clean legal slate

Donald Trump seized on transgender rights—already a flashpoint in sports and schools—as a potent late-campaign weapon against Kamala Harris. It resonated with many voters.

Wall street journal 

Les démocrates américains, avec une certaine honnêteté, s’interrogent sur leur échec. N’est-ce pas l’ensemble de leurs valeurs qui a été rejeté par la population ?

Curieusement, ils mettent en question ce qu’il était absolument interdit de critiquer. On en vient même à avouer que la justice était, en quelque-sorte, « vendue » aux démocrates.

Le début de la sagesse ?

Culture positive

J’ai découvert récemment que certaines cultures (nord américaines ?) se veulent « positives » (le terme est-il bien français ?).

Elles condamnent notre esprit critique. Critiquer n’est pas bien !

Paradoxalement, ce faisant elles sont elles-mêmes extraordinairement négatives, critiques et décourageantes !

Il me semble qu’elles sont le signe d’une culture qui ne comprend rien à la complexité. Elles voient l’arbre et non la forêt. Elles en restent aux apparences, et ne comprennent pas le potentiel d’une personne ou d’une situation. Surtout, la critique, à condition que l’on ne s’y arrête pas, est le propre d’une pensée droite.

Plus grave, c’est une culture de la censure et du statu-quo, qui nie le changement. Faut-il y voir une tentative de défense d’avantages acquis ?

Paradis artificiel

Présentation des applications de l’intelligence artificielle par un expert israélien (qui dit mieux ?).

Qu’en retiens-je ? Open AI, ce n’est que du matériel, de la capacité de calcul. Tous les investissements actuellement vont dans « l’infrastructure ». « Aucune grande entreprise n’a mis en oeuvre l’IA générative » ! Aucune application n’a fait la démonstration qu’elle pouvait « créer de la valeur » !

L’IA générative c’est, surtout, beaucoup de travail pour celui qui l’utilise. « Il faut beaucoup tester ». Elle est soumise (comme l’a immédiatement vu ce blog) à « l’hallucination ». Mais aussi au « drift ». C’est à dire à des dérives multiples. Ce qui demande de l’entraîner en permanence, et de contrôler ses résultats. Autrement dit, elle n’est rien sans l’homme !

Son utilité ? Apparemment, elle permet de gagner un temps fou dans des types de tâches qui demandent de récupérer des masses de données sur Internet, ou ailleurs, et de les remettre en ordre. En vertu de quoi cela pourrait permettre à des gens peu qualifiés de remplacer des gens qui le sont beaucoup plus. Seulement, l’intelligence artificielle utilisant les connaissances humaines, si l’homme ne sait plus rien, ne risque-t-elle pas de devoir se nourrir d’elle-même, et d’halluciner ? La présentation ne le disait pas. De mon expérience de la traduction, je pense que, au contraire, l’IA demande une très haute qualification, car elle doit être contrôlée, et que ses erreurs sont rares et subtiles. (Un cauchemar à vérifier.) En outre, pour avoir comparé le travail d’une personne qui utilisait l’IA avec celui d’un groupe qui ne l’utilisait pas, je constate que l’on est étonné au début par l’IA, mais ses résultats ne résistent pas à un examen sérieux. D’ailleurs, j’ai découvert qu’une nouvelle science émergeait, celle de « prompt engineer » : on a constaté que le système était d’autant plus efficace qu’on lui posait des questions intelligentes…

En tous cas, même s’il y a des gains de productivité notables, leur coût semble l’être aussi : l’IA a besoin de beaucoup de matériel et d’une quantité d’énergie considérable. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Conclusion ? Si ce que je dis est juste, c’est effrayant. Car toute l’économie mondiale, toutes les politiques ne sont que du vent. La raison en est claire : « l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours ». Notre société est dépouillée de tout sens critique. Exemple, Cédric Villani déclarait, pour nous convaincre de nous engager dans un programme d’IA, que, si nous ne le faisions pas nous allions être dépassés par les Chinois ! Et c’est avec ce type de raisonnement que l’on obtient la médaille Fields ?

China deploys censors to create socialist AI
Chinese government officials are testing artificial intelligence companies’ large language models to ensure their systems “embody core socialist values”, in the latest expansion of the country’s censorship regime.

Financial Times breaking news du 17 juillet.

Si ce n’est toi…

L’autre jour je lisais que M.Macron, à Marseille, réclamait qu’on ne lui reproche pas les décisions de ses prédécesseurs.

Ce qui est juste. Arrêtons de nous lamenter sur le passé. Où en serait-on si l’on avait dû reprocher au Français d’avoir collaboré ?

Ce qui est plus désagréable est l’arrogance. Ce qu’oublie de dire M.Macron, homme de la commission Attali, c’est qu’il a monté ce qu’il est en train de démonter. Il affirme avec autant d’aplomb une chose et son contraire. En cela, son comportement ne diffère en rien de celui des siens, notre « élite », mais que l’on retrouve aussi chez le moindre médecin généraliste.

Et si l’on acceptait de douter ? Douter n’est pas être faible. C’est la première étape de la réflexion, de la recherche de « sa » vérité, de ses convictions.

Droit à l’information

Un ami m’a raconté que, par esprit de provocation, il est allé assister à l’assemblée générale de Total. En effet, Total est dénoncé comme le mal absolu, et divers militants avaient appelé à empêcher cette assemblée générale. Qu’allait-il se passer ?

Qu’a-t-il vu ? Rien. Des manifestants bons enfants, des CRS tout aussi bons enfants. Quatre dirigeants de Total protégés par une vitre blindée. Et un débat bon enfant.

La surprise n’était pas là, mais dans le reportage qu’en a fait la presse. Selon elle on n’aurait pas été loin de 68, avec violences policières en sus.

La presse souffre peut-être d’un biais : par définition, elle ne s’intéresse qu’à ce qui est anormal ?

Genre incertain

Il faut nous aider, nous ne savons comment nous comporter vis-à-vis des élèves qui sont mal dans leur genre. C’est ce que disait, l’autre jour, les enseignants anglais. (Informations de la BBC.)

Le mot « genre » n’est entré que récemment dans ce blog.

Curieux phénomène. Il y a encore quelques décennies, il n’existait pas.

Eh puis, il s’est agi de protéger les « dominés ». Un temps ce fut les Gitans, puis les « minorités ethniques ». Aujourd’hui il ne semble subsister que les femmes (paradoxalement, en majorité) et quelques minorités sexuelles quelque peu ésotériques.

Pas étonnant que l’adolescence, traditionnelle période de crise existentielle, s’y perde, et soit un peu plus mal dans sa peau que d’habitude ?

Ce que l’enseignant aurait besoin d’apprendre, serait-ce ce que les Lumières croyaient le moyen ultime de libération de l’homme : la pensée critique ? Le vaccin contre les modes sociales ?

Fake news

Une enquête de Sherlock Holmes. On croit une personne de la bonne société assassinée par un mendiant. Or, le mendiant, c’est elle. Elle s’est rendue compte que mendier était un excellent moyen de gagner sa vie. Et plus les dépenses de sa famille augmentent, plus elle est contrainte à la mendicité !

Et voilà comment on dissémine les fausses informations ? Toute lecture, toute oeuvre d’art, devrait faire l’objet d’une étude critique ?

Antichiante BBC ?

Je suis surpris par la quantité et la qualité des séries radiophoniques de la BBC.

Contrairement à ce que l’on trouve chez France Culture, on n’essaie pas (trop) d’en faire des oeuvres d’art. Elles ressemblent, plutôt, à la bande son d’un film. Je les préfère au film, d’ailleurs : je n’ai pas besoin de les regarder, et mon imagination est plus belle que la réalité…

Déception, tout de même : les classiques. Ce qu’un classique a de miraculeux, c’est le style de l’auteur. Or, c’est le style qui, justement, est la victime du traitement cinématographique de l’oeuvre. La seule exception est la pièce de théâtre.

Les consultants, les journalistes, les agriculteurs, les avocats, les architectes, le gouvernement, Internet… il n’y a pas un sujet d’actualité dont elle ne soit capable de parler, avec dérision, et surtout, une connaissance d’initié.

Comment y parvient-elle ? L’Anglo-saxon est formé à être un citoyen, c’est à dire à l’art du forum, la rhétorique. Penser et parler. Les deux sens de « logos ». Boris Johnson, qui a étudié les lettres classiques, aurait pu être un consultant en management. En conséquence, cette élite formée à la pensée, à l’esprit critique, est partout, et capable de décrire ce qu’elle voit, et d’en faire une oeuvre d’art.

C’est drôle, mais aussi inquiétant. Car, lorsque l’humour se dissipe, beaucoup de vérités apparaissent. Et ce n’est guère rassurant. La force de la série anglaise est de corriger les moeurs par le rire ? La définition d’antichiant ?