Commandant Cousteau

Esprit 68 ? Le commandant ne m’a jamais beaucoup intéressé. En ce temps, la France avait des figures d’autorité qu’il fallait admirer.

Comme souvent, je me suis trompé. Cousteau était bien plus curieux que je ne le pensais. C’était un aventurier. Il aurait aimé être astronaute. Et ses films étaient fort difficiles à réaliser. Son bateau, petit et mediocre, était dirigé par sa première femme. Il a toujours couru après l’argent. Et il avait fini par en trouver auprès de studios américains. Ce qui a fait de lui une célébrité aux USA.

Etrange destin d’ailleurs. Il a vite découvert que l’océan se dépeuplait. A l’image des sociétés développées, il a dit à ses contemporains : ne m’imitez pas, sans quoi la planète est fichue. Conseil difficile à suivre.

(D’après une émission de France culture.)

Criminel Cousteau ?

Le monde du silence : massacre à la tronçonneuse ? C’est ce que dit Gérard Mordillat. Effectivement, on y étudie la faune à la dynamite. On tue du cachalot et du requin. Des jeunes gens jouent avec des animaux et appellent cela de la science. 
Et voilà ce que cela fait de regarder hier avec les yeux d’aujourd’hui. Car hier, on ne savait pas ce que l’on sait aujourd’hui. Et la science était primaire. Et les voyages de Cousteau étaient des explorations dangereuses. Ce qu’il visitait était peu ou pas connu. Et c’était l’aventure. Il suffit de voir son bateau, quand il était stationné à La Rochelle, pour se demander comment une telle coquille de noix a pu traverser les océans. Et, surtout, il était seul de son espèce. Son impact était nul.
En fait, la critique de Gérard Mordillat pose surtout la question du « principe d’innovation ». Il est vraisemblable que ceux qui attaquent le « principe de précaution » ont dans la tête d’en revenir au modèle Cousteau. La croissance se fait à la dynamite. Tant pis pour les dommages collatéraux. Malheureusement, menée à l’échelle de la planète, une telle politique est suicidaire. 
Au fond, ce que Cousteau nous a donné, c’est l’amour de la nature. Il a utilisé le principe d’innovation et sa dynamite pour nous faire découvrir qu’il fallait traiter la nature avec précaution ?

Jacques Cousteau

Ses films m’ont toujours ennuyé et je découvre avec étonnement qu’ils ont eu un succès international. Peut-être dans une langue étrangère gagnaient-ils en mystère ?

A creature of the shallows dit que Cousteau aurait été moins un plongeur que le réalisateur (talentueux ? au moins malin) d’une œuvre de fiction. D’ailleurs, il paraît vite avoir épuisé les attraits des profondeurs : il venait en hélicoptère sur la Calypso, et passait le plus clair de son temps à faire des conférences, à collecter des fonds, et à entretenir deux familles.