Jeux Olympiques

A l’occasion des Jeux Olympiques de Londres, la BBC avait consacré une série d’émissions au thème du sport comme invention anglaise.

Il y est dit que Coubertin s’est inspiré de l’enseignement donné à l’élite anglaise, essentiellement sportif, à l’époque, pour concevoir les Jeux Olympiques. Le problème qu’il voulait résoudre est peut-être aussi celui auquel nous sommes confrontés : qu’est ce qui rend un peuple sain ? Sa réponse : la culture physique.

Ce que l’on a oublié est que les Jeux auraient pu mal tourner. Initialement c’était un travail d’amateur. Ce n’était pas des nations qui s’affrontaient, mais des individus, qui se trouvaient être là. Et les épreuves se déroulaient un peu n’importe quand. Les Jeux grecs furent un premier pas. Ceux de Paris un début de succès, mais tenus en même temps qu’une exposition universelle, et éparpillés. Les Jeux de Saint Louis aux USA furent si mal organisés et ridicules qu’ils faillirent être les derniers. C’est l’Angleterre, en 1908, qui les aurait sauvés en leur donnant leur forme moderne.

Comme quoi. On ne se souvient souvent que de celui qui a été à l’origine d’une invention. On oublie tout ce qui s’est passé ensuite. Et que son succès a pour beaucoup tenu au hasard.

D’ailleurs fut-ce un succès ? Coubertin voulait que nos corps soient sains. Or quel fut le résultat de l’olympisme ? Des professionnels sous perfusion pharmaceutique qu’observent des obèses vautrés sur un canapé ? Contre histoire de la conduite du changement ?

La devise du changement

​ »L’avenir n’est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons en faire. » Une phrase de Bergson, citée par Jean-Jacques Auffret.Je me demande si ce n’est pas la devise du « changement » au sens du type de changement qu’étudie ce blog. 
Mais cette phrase ne va pas de soi :
  • Le « nous » signifierait-il que l’avenir est un travail collectif ? Si c’est le cas, la tâche n’est pas évidente, puisque faire quelque-chose ensemble suppose probablement une forme d’accord, de « volonté générale ». (Il me semble effectivement exister : après guerre, ça a été le progrès social et matériel, selon un modèle technocratique et planificateur ; actuellement ce serait plutôt la recherche de la satisfaction immédiate de l’impulsion individuelle, selon le modèle de l’économie classique.)
  • « nous allons en faire » : si l’on est tous d’accord, l’avenir nous appartient ? J’en doute. Il n’y a pas que nous sur terre. En outre, on apprend en avançant. On change ! Ce qui me semble le plus important, donc, est une volonté commune appuyée sur des éléments de preuve du succès probable. Une image, pour clarifier les choses : celle du navigateur solitaire. Il prend une « option de course » déterminée par ses compétences, la météo et ses « envies ». Il veut gagner. Mais il ne gagne pas toujours. Et ce n’est pas grave. Ce qui comptait était la course. 
Alors, « l’important dans la vie n’est pas le triomphe mais le combat ; l’essentiel n’est pas d’avoir vaincu mais de s’être bien battu » (Coubertin, qui n’aurait pas dit « l’important, c’est de participer ») ? Pas encore sûr. Le combat, lorsqu’il est question de vie et pas de sport, fait évoluer son objectif, il n’a pas de terme.