Corodimir

L’autre jour, on annonçait que M.Zelensky démantelait les dispositifs anti-corruption ukrainiens.

What the law does: It gives Ukraine’s prosecutor general, who is appointed by the president, power over the previously independent National Anti-Corruption Bureau (NABU) and the Special Anti-Corruption Prosecutor’s Office (SAPO). Zelenskyy defended the reform in the early hours of this morning, insisting in a Telegram post that “The anti-corruption infrastructure will work … NABU and SAPO will work.”

What’s behind it: On Monday, Ukraine announced its state security service had raided NABU and arrested two top officials as part of a massive hunt for alleged Russian moles. But critics argue the evidence against the agents is murky and the arrests were a pretext for undermining the independent agencies.

Politico.eu

Avant guerre, je m’interrogeais sur la pertinence de faire entrer dans l’UE un régime corrompu jusqu’à la moelle. Les chars de M.Poutine ont fait oublier cette question.

Devrait-on relire l’histoire ? On disait que Mme Clinton, elle était alors ministre de la défense, avait fait des coups tordus à M.Poutine. M.Obama enjoignait l’UE d’absorber la Turquie. Vous en souvient-il ? C’était une époque où les USA voulaient soumettre le monde par leur « soft power ».

On disait aussi que M.Zelinsky était un oligarque comme les autres.

L’UE serait-elle le dindon de la farce d’un règlement de comptes entre Slaves provoqué par des manigances d’Américains qui, entre temps, ont changé d’avis ?

Qatargate

Cette fin d’année aura été celle du Qatargate. Le Qatar aurait corrompu des parlementaires européens.

Ce blog s’intéresse au changement, et, ce cas semble significatif d’une sorte de loi de la nature. A savoir que l’infection attaque le système immunitaire. Ici, les corrompus étaient au dessus de tous soupçons. C’était, d’une part, des parlementaires, et d’autre part des politiciens de gauche.

Résumé en deux mots : au coeur du scandal est l’ONG « Fight Impunity » ?

Rien d’étonnant en ce qui concerne le Qatar : on lui reprochait son traitement des droits de l’homme, il avait besoin que les champions de ces droits changent de discours.

Mais pour les parlementaires ? Ils étaient tellement surs d’être les combattants du bien qu’ils refusaient tout contrôle de leur institution. Probablement par ce qu’il n’aurait pu être que le fait des forces du mal. Ainsi, ils tentaient le diable. (Si je comprends bien, c’est la justice belge qui a découvert la forfaiture.)

Doit-on, surtout, soupçonner un « effet Tartuffe ». Ou une « innovation » au sens du sociologue Robert Merton : notre société nous encourage tellement à avoir certaines opinions que nous les tenons même quand notre nature s’y oppose ?

Corruption en Inde

Il est difficile de concevoir le niveau que la corruption a atteint en Inde. Il ne s’agit même plus d’acheter les principaux gouvernants. On ne distingue plus gouvernants et hommes d’affaire. Ils font les lois qui leur conviennent. Il y aurait toujours eu des liens étroits entre l’Etat et l’entreprise. Mais ce serait la libéralisation des années 90 qui aurait transformé l’ampleur du phénomène. Les enjeux étaient tels, l’Etat vendait ses services, que les grands moyens ont été employés.

Le plus surprenant est que la société n’ait pas totalement sombré. Une partie de la population, de l’administration, de la justice… résiste. Et ce au péril de sa vie. (Article.)

Mystère de la nature humaine ? La médiocrité la plus abjecte côtoie le désintérêt le plus noble. Peut-être aussi qu’une société est construite sur quelques principes acceptés de tous. Et ce seraient eux qui assureraient sa résilience ?

Auto amnistie

L’autre jour j’entendais Eva Joly dire que nos députés venaient de voter une loi qui les amnistiait. Une loi du type de celle qui avait mis les Roumains dans la rue. 
Je n’avais pas compris de quoi il s’agissait. L’affaire Fillon semble l’expliquer. Le parquet financier aurait demandé d’ouvrir une instruction, pour éviter que ce qui est reproché à M.Fillon ne soit prescrit. (D’après France Info, hier.) 
M.Bayrou parle depuis longtemps « d’une politique propre ». Mme Joly, ministre de la justice ? 

Classe moyenne et corruption

Crise au Brésil. Raison : corruption. Elle est endémique, mais elle ne serait plus acceptée aujourd’hui. Pour cause de classe moyenne. Car la classe moyenne n’accepte pas la corruption et que, désormais, elle est puissante au Brésil. Voilà ce que disait hier matin France Culture. 
Cette histoire m’a rappelé les oraisons funèbres de Bossuet. Il décrit une noblesse qui se joue des règles sociales, en particulier de la religion, jusqu’à ce qu’elle se trouve sur son lit de mort. Alors, elle devient exemplaire. Le seul qui se tire bien de ces sermons, c’est Le Tellier, le bourgeois. Le noble a aussi un effet corrupteur. Il est clientéliste par nature. Comme à l’époque romaine, il a une clientèle de parasites qui vit à ses crochets, mais qui lui sert d’hommes de main, le cas échéant. 
Et si la disparition de la classe moyenne produisait systématiquement ce phénomène ? 

La FIFA ou l'enfer de la corruption

Pourquoi de tels scandales à la FIFA ? Parce qu’elle est en dehors des lois. Ce n’est pas une entreprise, elle ne dépend pas d’un Etat… On y fait ce que l’on veut. Résultat, on se répartit l’argent des pots de vin. Le président en donne une partie à ses organes nationaux, pour se faire réélire. Si la FIFA a aujourd’hui des difficultés c’est qu’un de ses composants est entré par mégarde sous le coup du droit américain. Lui ne pardonne pas. (Enquête de Vox.)
D’où une question philosophique. Comment l’homme se comporte-t-il en l’absence de contrôle social ? Beaucoup de courants libéraux, anarchistes, libertaires… répondent « bien ». La FIFA semble les démentir. Même la théorie d’Adam Smith selon laquelle le mal fait le bien, paraît hors course. En fait, il est peut être plus juste de parler de société que d’hommes. Elle est composée de beaucoup de gens. Et le Far West est favorable à certains d’entre-eux. Ceux qui sont sans foi ni loi. Le rôle de la société est, avant tout, de maintenir l’individu dans un rôle, dans une position, où il est utile au groupe ? 

Lutte (désespérée) entre M.Poutine et les forces du marché ?

La Russie serait dans une mauvaise passe. Ses capitaux la fuient. Libérez les forces du marché ! dit The Economist à M.Poutine. Mais, il semble vouloir empêcher l’aliénation de son pays par le dit marché. Pour le contrôler il utilise une clique de copains. Ils sont inefficaces et corrompus. On ne peut rien contre le marché ? Rendez-vous, vous êtes cerné ?
Les sénateurs américains voudraient priver la Russie de SWIFT, le système d’échange interbancaire. Arme extrêmement efficace. Mais The Economist craint qu’en montrant trop ouvertement qu’il est aux mains des forces du bien, celles du mal, Chine et autres émergents ainsi que mafieux et terroristes, n’utilisent d’autres voies. Elles deviendraient alors incontrôlables et inespionnables.
Au sujet de la corruption. Elle toucherait le Portugal. Comme beaucoup d’autres pays en difficulté, il vendrait sa citoyenneté en échange d’investissement dans l’économie locale. Cela conduirait naturellement à la malversation. Vous voulez une augmentation de salaire ? Offrez-vous un consultant spécialisé dans la paie. Uber est un digne représentant des nouvelles sociétés technologiques : tous les coups sont permis pour réussir. Maintenant, il cherche à intimider les journalistes qui ne disent pas de bien de lui. (Demain, il placera un contrat sur leur tête ?) Mais le marché vote avec son argent. L’esprit Silicon Valley a de beaux jours devant lui.
« Plus d’un tiers des sociétés minières et d’exploration sont canadiennes ». Mais leur comportement à l’étranger suscite des mécontentements, ternissant l’image du pays. Son gouvernement est leur ami, parviendra-t-il à les ramener à la vertu ?
En Allemagne, l’heure n’est toujours pas à la dépense. En France, M.Sarkozy refait surface. Mais il a perdu beaucoup de supporters. Mme Mogherini, remplaçante de Mme Ashton, se révèle une femme à poigne. L’Etat Islamique se ferait plus d’ennemis que d’amis. Aux USA, la dépendance à l’héroïnese répandrait. Ce serait les traitements médicaux qui créeraient l’habitude. Le fléau ne touchant plus uniquement les pauvres, le gouvernement va réagir. Après de multiples revers, les transports en communs s’implanteraient au sud des USA. Cela permettrait aux pauvres d’avoir accès à l’emploi. Les institutions tendent à avoir des couleurs politiques. Goldman Sachs est massivement républicain et Harvard massivement démocrate. M.Obama lance un défi aux Républicains, qui le haïssent. Il décide de légaliser 5m d’immigrés illégaux. (Démocratie bloquée = pouvoir dictatorial ?)
L’avenir de l’Amérique latine est sombre. Elle aurait dû profiter de son boom économique pour investir et construire une capacité de production propre. Elle ne l’a pas fait. Maintenant, il est peut-être trop tard. Mais sa population s’est habituée à une vie facile… M.Abe procède à une élection anticipée. Apparemment pour reprendre en main son propre parti, qui résiste au changement, et avoir les moyens de réformer le pays. La Chine a du mal avec ses étudiants. Elle les expédie à l’étranger, mais ils ne reviennent pas. Ou vieux, leur capacité productive derrière eux. Par ailleurs, sa banque centrale imprime beaucoup d’argent, pour relancer l’économie. Mais sans le dire. Les banques centrales, devenues toutes puissantes, ne sont pas plus clairvoyantes que le reste de la population. Comment éviter le panurgisme ?
Les Entreprises polonaises s’étendent à l’étranger. Mais elles sont petites et manquent de recherche et développement pour pouvoir encore avoir beaucoup d’ambitions. Les grandes entreprises montent des fonds d’investissement. Ce qui leur permet d’absorber leurs concurrents potentiels. Les banques devant être prudentes, elles ne prêtent plus. De nouveaux acteurs apparaissent, les fonds mutuels, qui pourraient prendre la partie risquée des emprunts d’entreprise.
La fin de la carte SIM ? C’est ce qu’envisage Apple, depuis quelques temps. Cela permettrait de choisir son opérateur en temps réel. Cela permettrait à Apple de les écrémer et de les remplacer par son monopole. (Décidément, nous vivons à l’heure des trusts ?) Le paiement par terminal mobile semble avoir le vent en poupe. Tout le monde s’y met. La rentabilité de la chose ne paraît pas encore évidente. Les fournisseurs de services aux compagnies pétrolières se concentrent. La baisse du prix du pétrole devrait les affecter. Mais, à long terme, la complexité croissante de l’exploitation pétrolière pourrait leur être favorable. (Sans compter que moins on est nombreux, mieux on peut s’entendre pour rançonner son marché.)
Et si la stagnation mondiale venait du manque de jeunes ? « L’effort simultané de tant de pays de constituer des réserves pour les retraites, combiné à un faible investissement, une baisse de la croissance potentielle, l’austérité fiscale, l’accumulation de cash par les entreprises et l’inégalité (qui laisse une part croissante du revenu national entre les mains des riches, gros épargnants) déprime le taux d’intérêt  qui permet l’équilibre entre investissement et épargne. » Il faudrait mettre les retraités au travail. Il se trouve aussi qu’il arrive un moment où le retraité brûle la chandelle par les deux bouts. Ce qui est bon pour l’économie.
Médecine. On cherche à utiliser les anticorps, en appui aux antibiotiques défaillants, dans la lutte contre les bactéries. 

Péril vieux ?

« le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans devrait doubler d’ici 25 ans ». Conséquences du vieillissement mondial ? « un ensemble de forces réduisant l’investissement et augmentant l’épargne, sans action politique les contrebalançant, fait que l’impact du vieillissement (conduit à un monde) de croissance faible (…), un trop plein d’épargne et de très bas taux d’intérêt. Ce sera un monde dans lequel le vieillissement renforce les changements de répartition de revenus que les nouvelles technologies ont provoqués : les vieux qualifiés gagnent beaucoup, les peu qualifiés de tous âges vivent difficilement. Les non qualifiés et les sans emplois s’en tirent particulièrement mal, ne parvenant jamais à acquérir les compétences qui leur permettraient de devenir de vieux travailleurs productifs ».

Mme Merkelcrée un salaire minimum, réduit l’âge de la retraite, encadre les loyers. The Economist regrette M.Schröder. Et M.Blair. Certes, il n’avait pas fait que du bien. Et, il a gagné 60m£ en collaborant avec des régimes peu reluisants ou à qui il avait accordé des faveurs lorsqu’il gouvernait. Mais, en ce temps, la politique anglaise avait une autre mine. A l’Est de l’Europe, les communautés russophones sont autant de pions dans le jeu de M.Poutine. Mais les populations locales voient avant tout leur intérêt matériel. Italie. La Ndrangheta aurait-elle une direction invisible ? Corruption à Bruxelles ? « Les normes éthiques concernant le lobbying sont souvent moins rigoureuses à Bruxelles qu’à Washington. » Les factions palestiniennes pourraient s’unir. Pour une fois elles y ont un réel intérêt. Et The Economist croit à leur succès. Au Yemen, « à chaque fois qu’un drone tue des civils Al Qaeda devient plus fort (…) mais la dernière vague d’attaques laisse penser que cette politique va continuer de plus belle. »

USA. Il devient trop coûteux d’exécuter les condamnés à mort. Les beaux jours de la peine capitale seraient finis. Et on redécouvre James Madison. « La solution de Madison était une république vaste et diverse, dans laquelle les partis et les intérêts se contrebalancent, réduisant le risque qu’une minorité s’unisse pour se liguer contre les autres. »

En Thaïlande, « on est au-delà de la logique et de la raison, c’est devenu une question de foi ». Le pays sombre dans le chaos ? A moins que la famille gouvernante actuelle ne laisse la place à quelqu’un d’autre de son camp. Grève massive en Chine. L’ouvrier sachant son avenir menacé par des pays à bas coûts veut une retraite. Quant aux très riches et aux cadres supérieurs ils sont tentés de passer à l’Ouest. Ils gagnent beaucoup d’argent, ont un travail passionnant, mais leurs conditions de vie sont détestables. La monnaie chinoise peut-elle devenir monnaie de réserve ? Non, car il est dans l’intérêt du pays de contrôler son cours.

L’économie du partage croît et affronte la justice. Comme d’habitude avec Internet, elle attaque à la marge les entreprises en place. C’est suffisant pour menacer leur survie. Mais aussi, elle court-circuite les taxes, les assurances et autres règles que s’est donnée la société.

La dernière mode chez les laboratoires pharmaceutiques est de s’échanger des unités. Pour pouvoir se spécialiser. M.Gentskow est un économiste spécialiste des médias. Il a découvert, en particulier, que « le web (…) siphonne des revenus de là où l’attention du lecteur est durable, et les fait croître, là où elle ne l’est pas » et « si plus de journaux avaient fait payer leur contenu en ligne (…) les ventes de papier et leurs revenus seraient plus élevés. »

La réglementation MiFID1 avait pour but d’accroître la concurrence sur les marchés financiers européens. Elle a eu des conséquences imprévues : perte de contrôle d’une partie des échanges. MiFID2 veut les empêcher. « Les conséquences risquent d’être aussi radicales et imprévisibles que celles de son prédécesseur. » Quant aux entreprises américaines : « Une vague d’acquisitions est un signal classique de la fin d’un cycle haussier, un signe que l’ingénierie financière a pris la place d’une croissance des affaires saine. » 

L’avenir de la centrale nucléaire serait en mer. On y trouve toute l’eau dont elle a besoin. (Et il n’y a pas de voisins ?)

De la corruption

The Economist dénonce régulièrement la corruption des pays dont il désespère (Inde, Chine, Russie, Brésil, France…). Est-ce un vice constitutif de ces sociétés ?
J’en suis arrivé à une curieuse hypothèse. En quelque sorte, c’est celle de l’Eglise Catholique et du protestantisme. Soit une société. Imaginons que, par exemple sous l’influence des valeurs occidentales, la tendance soit à l’individualisme. Deux types d’individualistes apparaissent. Ceux qui ne voient pas plus loin que leurs intérêts immédiats, et ceux qui pensent que la société est le meilleur promoteur de leurs intérêts. Initialement, les premiers ont le dessus. Car leur action n’est pas embarrassée par une pensée sophistiquée. (Les entrepreneurs et les grands conquérants sont avant tout des gens indestructibles, beaucoup d’énergie, faible QI.) Ce faisant, ils prennent les commandes de la société et de ses institutions (cf. l’Eglise). Et ils la font travailler pour eux. Autrement dit elle devient corrompue. La situation est insupportable. On est amené à dissoudre les institutions gangrenées. On en arrive à une société d’individus. Pour qu’elle parvienne à tenir, il faut alors, probablement, que le second type d’individualistes prenne le dessus. Mais c’est une autre histoire.