Inuit

Le Danemark s’est livré à une curieuse expérience. Il a extrait quelques enfants inuits pour leur donner une éducation danoise. Il pensait que, devenus grands, ils guideraient sagement un peuple alors en situation désespérante. (Witness history de la BBC.)

L’expérience a mal tourné. Comme pour les « boarding schools », les enfants, coupés de leur famille, ont subi un choc traumatique. D’ailleurs, rapidement, ils ne pouvaient plus comprendre leurs parents.

En écoutant l’émission, j’ai pensé à une autre peuplade colonisée : les Corréziens. Comment se sont-ils intégrés à la société moderne ? En grande partie parce qu’ils ont été attirés par ses feux, mais aussi grâce à l’école républicaine.

Il me semble que l’on ne peut pas maintenir certains peuples dans des réserves, comme on le fait aujourd’hui, histoire d’avoir bonne conscience. Ils ne peuvent que constater qu’ils sont considérés avec condescendance. Le changement corrézien sous la 3ème République, qui est aussi le changement auquel aspire l’émigré, est probablement le changement le plus naturel et humain.

Corrèze = Grèce ?

Rien de plus inattendu pour le Corrézien que je suis : M.Guéant compare la Corrèze et la Grèce… Et moi qui appelait la Corrèze «  l’enfer vert ». Vert et gris ciment et sans habitant.

M.Hollande serait-il un panier percé ? 
En fait, il aurait hérité une très mauvaise situation financière de son prédécesseur UMP. Et s’il n’avait pas eu des ambitions présidentielles, il aurait probablement poursuivi dans la même voie. Ce qui semble à la fois dire qu’elle n’est pas grecque (i.e. intenable), et que la gestion est le dernier des soucis des présidents de région, de gauche ou de droite. (Ce qui nous promet un triste avenir : La gauche régionalise la France ?)

Hollande le barbare ?

Le précédent billet comparait la Corrèze à l’Arkansas. Le Don et ses cosaques seraient peut-être plus appropriés :
Wikipedia écrit que le Limousin a connu son « apogée » du XII au XIIIème siècle, à l’époque de la domination anglaise. Puis, il cite Balzac :

À cinq lieues au-delà de Limoges, après les gracieux versants de la Vienne et les jolies prairies en pente du Limousin qui rappellent la Suisse en quelques endroits, et particulièrement à Saint-Léonard, le pays prend un aspect triste et mélancolique. Il se trouve alors de vastes plaines incultes, des steppes sans herbe ni chevaux, mais bordées à l’horizon par les hauteurs de la Corrèze.

On apprend aussi que les loups y rodaient au début du siècle précédent, et peut-être encore dans les années 70…
Sous une apparente bonhommie, François Hollande est-il à l’image des terres qui l’ont élu ? 

Un maître pour l'Islande

Après une première chute de 30%, la bourse islandaise recule de 77%. L’Islande cherche de l’argent dans tous les rateliers. Plus inattendu elle va rejoindre l’UE en marche forcée et adopter l’Euro (Icelandic Stocks Drop 77% as Trading Resumes After 3-Day Halt).

  • Nouveau désastre d’apprentis sorciers qui ont cru être plus intelligents que les lois de la nature. (Il n’y a pas que les subprimes.)
  • Mais leurs épreuves ne sont pas finies. Il leur faut maintenant passer de l’ultralibéralisme à la bureaucratie européenne.

Je propose un modèle à imiter à l’Islande. Une nation de sa taille, et d’une histoire similaire. Une nation contre qui les crises du capitalisme se cassent les dents. Une société d’agriculteurs qui a su défendre son identité parce qu’elle a compris les règles non écrites de l’UE. La Corrèze. (Green power.)

Green power

Ma plongée dans le monde agricole est pleine de découvertes. D’après les statistiques de The Economist (Pocket World in Figures, 2009), le secteur agricole représente 2,1% du PIB français. Pas beaucoup. Mais son pouvoir est bien plus grand que sa taille. Il a su tirer parti des réseaux sociaux qui constituent une nation. Deux exemples :

  • Le politique. Le cas de la Corrèze. Ce département d’environ 200.000 personnes (l’équivalent du 15ème arrondissement) a donné à la France, ce dernier demi-siècle : un président du conseil (Henri Queuille), un président de la République (Jacques Chirac), un président de la Commission européenne (Jacques Delors). Le maire de Tulle (François Hollande) est premier secrétaire du parti socialiste depuis 11 ans. On peut imaginer que les intérêts de la poignée d’actifs de ce département âgé sont bien représentés.
  • L’économie sociale représente 10% du PIB national : coopératives, mutuelles, le Crédit Agricole… Ces entreprises ont été constituées au 19ème siècle sur les idées des socialistes utopistes, qui voulaient créer des entreprises démocratiques. Le pouvoir y est détenu par des administrateurs, qui sont élus parmi leurs adhérents. La population agricole y est fortement représentée.

Comment l’agriculture utilise-t-elle ce pouvoir ? Pour défendre le statu quo ?

Si c’est le cas, elle doit être prudente. À l’époque où je travaillais à la stratégie FAO de Dassault Systèmes, j’avais lu que le protectionnisme français avait été fatal à notre industrie de la machine-outil, qui avait un moment dominé le monde. Au lieu de développer ses forces elle s’était endormie.

Compléments :