Attrape-moi si tu peux

« Les sous-variants BA.4 et BA.5 d’Omicron sont capables d’échapper de façon notable aux anticorps produits après vaccination ou après infection naturelle » (Le Monde.)

Ce blog avait oublié un moment le coronavirus. 

Voici une de ses nouvelles caractéristiques : « attrape-moi si tu eux » ? Il joue au gendarme et au voleur avec nos systèmes de défense, individuels et collectifs ? 

Une leçon de complexité pour les nuls, Monsieur Edgar Morin ? 

(Comme je le disais récemment, cela peut faire la fortune du gendarme…) 

Science et complexité

« Comment une pandémie a changé le monde, et comment éviter la prochaine ». Une conseillère scientifique de la ministre n°1 (traduction de « first minister ») de l’Ecosse produit une émission pour la BBC. 

Tout ce qu’a fait l’Angleterre est mal (ou presque), au contraire de ce qu’a fait l’Ecosse. Une fois le vaccin au point tout fut fini. Vive la science ! Aurait-on changé l’impartiale BBC ?

Systématiquement, j’entends : « j’ai attrapé le Covid, et pourtant j’étais vacciné ». Trois de mes proches ont arrêté leur vaccination après de violents effets secondaires. Il est maintenant avéré que le vaccin Oxford / Axa Zeneca peut produire des thromboses… Si j’ai écouté cette émission, c’est parce que je croyais que l’on m’expliquerait ce que la « science » avait à dire de ces questions. 

Quant à la « science » de l’émission, si j’en crois ce que je lis ailleurs, ce sont les forces du marché qui nous ont soignés, selon leur bon plaisir. Les vaccins ne rapportant rien, ils n’intéressent plus la recherche, privée. Si l’on en a eus, cette fois, c’est parce que certaines start up ont pensé qu’elles pouvaient sauver une technologie qui avait échoué ailleurs (le cancer). Opportunisme. La véritable recherche est publique. C’est la société qui veut soigner la société. 

Illustration des travaux du psychologue Adam Grant. Une argumentation de type « blanc ou noir » braque celui qui doute, et renforce l’opposant dans ses certitudes ! Ce qui peut le faire changer d’avis, paradoxalement, est de lui montrer la complexité de la question. A quel point, moi, et lui, en savons peu… 

Fragile Chine ?

La Chine va-t-elle tirer les marrons du feu ukrainien ? Paradoxalement, non. Elle aurait ses propres problèmes. Omicron, qui a semblé bénin chez nous, serait une calamité pour son économie. Non qu’il soit plus méchant qu’en Occident, mais du fait de sa politique zéro Covid, non compatible avec un virus contagieux. Politique, surtout, qui était supposée faire la leçon à un Occident décadent. Difficile de changer de cap dans ces conditions. 

Bref, la Chine n’a pas intérêt à une crise économique supplémentaire. Et donc qu’à ce que la guerre en Ukraine dure.

Comme on dit en Chine, lorsque l’on vit dans une maison de verre, on ne jette pas de pierres ? L’effet de serre ? 

(Inspiré par Affaires étrangères, de Christine Okrent, la semaine dernière.)

Le PGE : ruse de l'Etat ?

Le PGE, soutien à l’entreprise pendant le confinement, est généralement vu comme de l’argent jeté par les fenêtres. Peut-on faire confiance au patron français ? Ne dit-on pas que certains l’ont placé en bourse ? 

Et si c’était voulu ?

Une des particularités, mondiales !, de notre économie est le manque de trésorerie, affolant, de ses entreprises. Cela produit un cercle vicieux : l’entreprise ne pouvant pas investir, elle ne produit que du bas de gamme, qui l’oblige à une guerre des prix, qui affaiblit sa trésorerie… Grâce au PGE, qui devient de plus en plus une subvention, la trésorerie de l’entreprise est améliorée. Elle a les moyens d’investir. Elle peut entamer un cercle vertueux. 

Il se trouve qu’une étude de BPI Lab, que cite ce blog, commence, justement, par partir de cette idée d’amélioration de trésorerie. 

Le PGE ne serait donc pas un gaspillage populiste, mais un investissement. Si la rentabilité des entreprises repart à la hausse, les impôts rentreront dans les caisses de l’Etat, les chômeurs ne chômeront plus, et la dette publique disparaîtra. 

Cela va-t-il marcher ? 

En tout cas, cela pourrait en dire long sur la façon dont notre élite gouvernementale nous considère. On croirait entendre Tocqueville ! Le gouvernement fait ce qu’il sait être notre bien, mais sans nous le dire, car nous sommes trop idiots pour le comprendre ?

(Par ailleurs, la technique de l’Etat est peut-être celle de Parmentier : le Français étant un voleur, pour lui faire faire son bien, il faut l’amener à croire qu’il fait un mauvais coup.)

Démocratie ?

Il ne faut jamais gaspiller une crise, disent les Anglo-saxons. 

C’est ce qui semble expliquer ce qui se joue en ce moment. M.Macron veut profiter de la guerre ukrainienne pour créer une « Europe puissance », avec une armée et des dettes communes, les lobbys nucléaires et agricoles reprennent le dessus sur les lobbys écologistes, qui, eux, se replient vers la promotion de l’énergie renouvelable… 

(Au passage, Boris Johnson pourrait avoir sauvé sa tête, en faisant oublier son comportement indigne. C’est la chance insolente qui distingue l’homme politique méritant ce nom ?)

L’ennui est que tout ceci n’est pas du tout démocratique. La dissimulation et la manipulation de l’émotion sont la règle du jeu. Qu’allons-nous découvrir quand la poussière retombera ? En fait, l’Union européenne empire les choses. C’est une boîte noire. Les élus y sont incontrôlés. Les Brexiters et la Cour suprême allemande ont raison ?

La suite au prochain numéro. 

Une crise à la fois

Une guerre peut arrêter une épidémie, disaient des amis. On n’entend plus parler du coronavirus. 

Manipulation ? En fait, si j’en crois ce que j’entends, Omicron n’est pas plus terrible qu’un petit rhume. Or, il se trouve que, du fait de son nom de famille, on emploie les grands moyens pour le combattre. Tests, isolement, messages radio disant de se faire vacciner tous les trois mois… Le pouvoir politique semblait avoir été dépassé par le complexe sanitaro-industriel. 

Je me demande s’il n’a pas profité de la guerre en Ukraine pour en revenir à la raison. 

Soutien à l'économie : mais qui va payer la note ?

Qui va payer la note ? C’est bien d’éviter aux entreprises la faillite, mais qui va payer les dettes que nous avons accumulées ? Voilà la question que pose un groupe de dirigeants.

Dans un billet ancien, je disais qu’un économiste m’a rappelé que la méthode de soutien à l’entreprise que nous avons utilisée a été employée par les Allemands en 2008, alors que N.Sarkozy a laissé « faire le marché ». Nous : économie qui se contracte, chômage ; eux : « rebond ».

Prenons l’exemple d’une entreprise de « l’événementiel » que « j’accompagne » dans le cadre de mon action associative. L’aide du gouvernement lui a permis non seulement de ne pas déposer le bilan, mais surtout de se réinventer. Son modèle économique initial, location de matériel, valait zéro. Elle a découvert qu’elle avait un autre métier : la logistique. Elle est entrée sur ce marché. Les affaires que dégage un entrepôt comme les siens valent plusieurs millions d’euros, pour un investisseur. Et, en plus, rien n’empêche d’ajouter entrepôt à entrepôt. Ce qui était impossible avec son métier initial. 

Pas mal. 

Ce n’est pas tout : si elle a pu saisir cette opportunité, c’est que, en masse, le commerce est devenu électronique. C’est un tsunami. Cela signifie non seulement marketing digital mais aussi explosion des besoins de logistique. 

Si cet exemple n’est pas une exception, s’il y a réinvention de l’économie française, si nos PME, de zéro, se mettent à valoir « quelque chose », elles produiront des bénéfices, et elles emploieront des chômeurs et cela nourrira les impôts, et éliminera les dépenses d’assistance sociale, et cela remboursera les dettes. Et l’Etat aura bien joué. 

Covid, grippe et complot

J’entends dire que le coronavirus repart à la hausse. En même temps, je lisais dans le Financial Times que sa version Omicron était moins dangereuse que la grippe. 

Il y a quelques mois, imaginons que quelqu’un ait émis cette hypothèse, qui semblait pourtant bien correspondre à la réalité palpable par l’honnête homme, il aurait été brûlé en place publique.

Il n’y a pas de théorie du complot sans feu ?

Distanciation sociale

Distanciation sociale : « mot de la décennie ». Ou du siècle ? 

J’ai découvert qu’elle se pratiquait avant qu’on la décrète. Une personne m’a expliqué que, déjà, elle évitait les grands rassemblements de début d’année, car c’était là que l’on attrapait la grippe. J’ai aussi découvert que, depuis longtemps, certains DRH faisaient appliquer à leurs collègues des mesures de « distanciation » dès qu’il y avait une épidémie de quoi que ce soit. Et aussi que, pour cette raison, le port du masque était courant en Asie. (Asie qui était, donc, déjà, un foyer d’infection ?)

Je me suis aussi rendu compte que j’avais régulièrement des périodes de fièvre inexpliquées, et qu’elles ont disparu depuis que je suis isolé. 

Qu’en déduire ? Notre modèle social était-il insuffisamment « distancié » ? Le contact, qu’il soit avec l’homme, l’animal, ou la nature, a un coût, qui peut être énorme ? Apprenons à cultiver, avec parcimonie et efficacité, l’art, si précieux, du lien ?

Le paysan : un modèle ?

Il y a quelques temps j’ai interviewé les dirigeants du FMSE. C’est le fonds de solidarité des agriculteurs. Il permet de distribuer des aides sans contrevenir à la réglementation européenne sur la concurrence. Nos agriculteurs ont du génie ?

Ils m’ont raconté qu’ils n’avaient pas attendu le coronavirus pour constater que leurs exploitations étaient dévastées par les calamités. Il y a le temps et les virus. Ils ont été les premiers à observer les « externalités négatives » de la globalisation. 

Pourrait-on s’inspirer de leur exemple ? 

Tout leur souci est de maintenir leurs revenus à flots. Résilience, maître mot. Pour cela, ils font feu de tous bois. 

Seulement, si je comprends bien, dans ce dispositif entrent beaucoup de subventions à la calamité. C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui, en ce qui concerne les nations, pour le coronavirus et l’entreprise. 

En bref, la conclusion que l’on peut tirer de cette expérience est que notre capitalisme avait un coût insoupçonné. Il se prête aux crises sanitaires ou politiques. Ses coûts peuvent-ils être réintégrés dans les prix qu’il pratique, sans produire une crise, ou faut-il envisager un autre modèle de société ?