Rétroaction

Auditors failed to raise alarm before 75% of UK corporate collapses
Three in four audit reports did not provide alerts that companies risked going bankrupt, think-tank finds

Financial Times du 20 mai

Est-ce que nos experts comptables font mieux que leurs collègues anglais ?

Ce que notre société a de curieux, c’est qu’elle n’est pas conçue pour apprendre. On prend une décision, par exemple on crée les experts comptables, sans se demander quels en sont les conséquences.

Et si, comme pour certains médicaments, toute mesure faisait l’objet d’un suivi ?

Le succès du changement est dans sa préparation

Notre système sanitaire coûte cher et est inefficace. La faute aux réformes. Pourquoi ce que font nos gouvernements donne-t-il l’envers de leurs intentions ? 

Qui dit changement dit objectif et dispositif qui permette de s’assurer qu’on y parvient. Que l’on demeure sur la bonne trajectoire, comme le font les satellites, grâce à leurs moteurs. Donc :

  • D’abord, il faut trouver un objectif. En fait une « envie ». En termes quotidiens, cela signifie simplement qu’il faut parvenir à comprendre ce que l’on veut faire. 
  • Ensuite, il faut chercher les moyens qui permettront de s’assurer que l’on va réussir. 

Cela ne veut pas dire que le changement ne sera pas fait d’aléas. Mais que l’on sera équipé pour le mener à bien.

Conséquence : le succès est dans la préparation. C’est ce qui fait défaut à notre gouvernement. Mais il y a cas exceptionnel : passage à l’euro. Un espoir ? 

Roche tarpéïenne et Capitole

M.Trump a peut être découvert que la Roche tarpéïenne est proche du Capitole.  

Histoire de changement ? C’est lorsque l’on croit atteindre au but que l’on est le plus en danger ? 

Histoire d’écologie et de bio, ou même d’Internet ? Tous leurs promoteurs ont fait des prouesses pour convaincre l’opinion. Mais, une fois qu’ils ont commencé à connaître le succès, d’autres, bien plus puissants, leur ont volé leur création, pour lui faire dire le contraire de leurs intentions ? 

Qui sème le vent récolte la tempête ? Le changement, ça se contrôle ? 

Valéry Giscard d'Estaing

J’entendais dire que le collège unique a produit l’opposé de ce qui en était attendu. Cela m’a fait penser à « la misère de la petite bourgeoisie » de Bourdieu : le gouvernement de Valéry Giscard d’Estaing avait pour objet de faire du Français un petit propriétaire. Du coup nos concitoyens s’étaient trouvés dans des cages à lapin, et couverts de dettes. Il les avait transformés en forçats !
Valéry Giscard d’Estaing avait-il un plan machiavélique ? Ce que j’ai trouvé sur lui ne semble pas le prouver. Il paraît avoir voulu mettre la France à la page. Ce qui est surprenant, lorsque l’on considère l’image de grand seigneur d’un autre siècle que l’on a souvent de lui. Il a été probablement le plus grand réformateur de la 5ème République. Quant au collège unique, il dit avoir voulu donner au Français quelque chose qu’il désirait ardemment. Seulement, il a été trahi par la mise en oeuvre de la mesure. Car il voulait un enseignement de haut niveau.
Il oublie surtout que si le Français désirait que ses enfants fassent des études, ce n’était pas pour elles-mêmes, mais pour leurs débouchés. Or, le collège unique, puis l’enseignement supérieur pour tous, ne pouvaient que produire un excès d’offre pour certains postes et une insuffisance pour d’autres. C’était la certitude du chômage, et du déclassement.
Aucun changement n’est définitivement raté. Cependant, il serait tout de même bien que nos gouvernants envisagent de temps à autres les conséquences de leurs actes. Et mettent en place un processus de « mise en oeuvre du changement », du type de celui utilisé pour l’euro.

Grèce : changement contrôlé ?

Nouveauté dans la crise grecque. On envisage maintenant une « séparation à l’amiable« . L’UE aiderait la Grèce à sortir de l’euro, en limitant les dommages. 
C’est une bonne nouvelle. Ce que disent mes livres est que la conduite du changement doit être un processus contrôlé. Mais je me suis heurté à un mur d’incompréhension : nous pensons que le changement est une décision. Une fois prise, le changement ne peut que réussir. J’étais découragé.
Que faut-il pour contrôler le changement ? Avant tout, un mécanisme qui permette de corriger le tir lorsqu’il s’écarte de ce qui était prévu. Il faut donc un système de mesure, et un autre de réaction rapide. Tout ceci doit être « correctement dimensionné » pour être efficace. Pour pouvoir mesurer, il faut un objectif. Par exemple, du côté de la zone euro, il est possible que ce soit les taux d’emprunt des Etats. Si c’est le cas, le système de contrôle doit réagir efficacement dès que ces taux menacent de s’élever. 
Y a-t-il un mécanisme de ce type dans le projet européen ? Je n’en sais rien. Ce qui veut peut-être dire que cette idée est plus une manœuvre de négociation (nous n’avons pas peur de votre départ) qu’une stratégie bien ferme. 

La flexibilité de l'emploi, solution de la crise ?

Dans son dernier numéro, The Economist disait que MM.Hollande, Valls et Macron faisaient du Schröder dissimulé. Et qu’ils ont raison : le mal de la France, c’est l’inflexibilité de son emploi, qui bloque ses réajustements. J’ai aussi entendu un homme de gauche, interviewé par France culture, dire que la flexibilité n’était pas une solution, mais un « modèle de société« . On utiliserait la crise pour nous l’imposer. Qui a raison ?, me suis-je demandé. 
Qu’est-ce qu’a donné la flexibilité, là où elle a été appliquée ? Elle a remplacé, en Allemagne ou en Angleterre, le chômeur par un travailleur pauvre. Ce type de mesure ne profite donc pas au pauvre, mais au riche, qui récupère l’argent du chômage. C’est la fin de la solidarité. C’est l’expression d’une idéologie qui remonte à très loin : le pauvre est maudit. Il doit se racheter dans la souffrance. Son retour sur investissement se fera au Paradis. 
Et si le mal de la société était l’égoïsme ? Ce type de mesure ne ferait qu’empirer les choses ? Si le petit peuple découvrait que l’union fait la force, le reste de la population devrait s’adapter ou disparaître ? Cependant, un tel changement d’attitude ne peut pas se produire par la contrainte. Il lui faut des circonstances favorables. (Et un contrôle, pour qu’il ne retrouve pas les voies d’avant guerre.)

(Remarque : la France a déjà procédé à des mesures d’allègement de charge des entreprises : détaxation des heures supplémentaires, crédit impôt recherche, etc. Cela ne semble pas avoir eu le moindre impact sur la santé de l’économie. Cet argent n’aurait-il pas été mieux utilisé ailleurs ?)

Qu'est-ce que le contrôle ?

Je dis réussite du changement = contrôle, et je me rends compte que ce j’entends par contrôle n’est pas l’acception usuelle. 
L’acception usuelle est celle de la mère française (fais pas ci, fais pas ça, je te l’avais bien dit…), de Taylor, ou du contrat américain. Il s’agit de déterminer parfaitement un comportement. Résultat ? Irresponsabilité. Le comportement devient totalement non rationnel. 
Pour moi, contrôle signifie un objectif, qui semble accessible, avant tout, et les moyens de corriger la trajectoire, si elle menace de prendre une mauvaise direction. Pour l’homme s’écarter de la trajectoire c’est rencontrer des difficultés, « anxiété d’apprentissage ». Ce que l’on prend souvent pour de la résistance au changement. Le dispositif de rectification de tir, c’est la capacité 1) de détecter les crises, 2) de donner de l’aide, le cas échéant. 

Obama s'excuse

M.Obama s’excuse. Il avait dit aux Américains assurés qu’ils n’auraient pas à changer d’assurance. Les compagnies la leur résilient. Conséquence de ses lois. Et en plus le système qui permet d’acquérir une assurance ne fonctionne pas.

Et voilà ce que donne un changement mal préparé. Combien de temps encore nos gouvernants, dirigeants et consultants penseront-ils qu’il suffit d’une idée pour changer le monde ?

Déficit de la Sécurité Sociale et téléphone

Une étude d’un cabinet de conseil explique que les technologies de l’information vont éliminer le déficit de la sécurité sociale. Les « applications » de nos téléphones portables pourraient réduire le coût des soins.

Il n’y a peut-être plus que les cabinets de conseil qui croient encore que les économies se fassent par miracle. 11,5md d’économie signifie 11,5md de pertes pour quelqu’un. Et la société étant fortement interdépendante, peut être même pour nous. Perdra-t-on d’un côté ce que l’on gagnera de l’autre ? Ces applications ne risquent-elles pas surtout de donner une excuse pour ne pas soigner ceux qui en ont le plus besoin, et le moins les moyens (après tout les technologies de l’information vont s’occuper d’eux) ?…

Un tel changement ne doit-il pas être parfaitement maîtrisé pour ne pas avoir d’effets pervers ?

Le bras d'honneur de Mme Duflot?

Qui a dit que notre gouvernement n’aimait pas l’entreprise ? Voici qu’il se livre à un exercice que toute entreprise connaît bien : la planification à moyen terme. Et comme pour l’entreprise, chaque patron de division explique que le miracle est pour demain. Voici ce qu’annonce l’executive vice president Duflot, en comité exécutif :

Grâce à cette batterie de mesures, la ministre EELV prédit notamment que l’objectif des 500.000 logements construits par an, qui sera loin d’être atteint en 2013, le sera lors des 12 années suivantes puisqu’elle prévoit « 6 millions de logements construits jusqu’en 2025, pour l’essentiel en densification du bâti existant, dont près de 2 millions de logements sociaux en partie sur les terrains publics ». Elle envisage également que les « 2 millions de logements vacants en 2013 » (2,39 au sens de l’Insee ndlr) seront « remis progressivement sur le marché ». Grâce à cet accroissement conséquent de l’offre de logements, chacun pourra, en 2025, disposer « d’un toit et d’un environnement de qualité », assure la ministre. Elle est également revenue sur quelques-unes de ses réformes symboliques, notamment la garantie universelle des loyers, intégrée au projet de loi Alur, qui devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2016. Pour la ministre, ce volet de la loi sera regardé dans 12 ans « comme une avancée sociale majeure qui aura permis de prévenir les expulsions et de prémunir les propriétaires contre les locataires indélicats ».

Pourquoi ceci ne marche-t-il pas d’ordinaire ? Parce qu’aucun mécanisme ne permet de s’assurer que l’on atteint son objectif. Il n’y a pas de « contrôle du changement ». Ce qui donne le phénomène du « bras d’honneur », selon l’expression d’un client. Plus on avance dans le temps, plus les résultats des années écoulées se dégradent, et plus les résultats à venir doivent être élevés pour compenser. D’où l’image (en mouvement) du bras d’honneur.