Étiquette : conseil
J'envisage une carrière dans le changement…
J’ai enseigné dans un DESS puis Master de Contrôle de gestion. J’expliquais que le bon contrôleur de gestion faisait de la conduite du changement sans le savoir. C’est d’ailleurs pour cela qu’il réussissait. Mais c’est parce qu’il parle de contrôle de gestion qu’il peut conduire le changement. Parler de changement, c’est se condamner à l’échec. C’est donc une très mauvaise idée de s’affirmer spécialiste de changement. Aujourd’hui ceux qui le font sont des exécuteurs de basses œuvres, des consultants juniors (mal) payés pour faire entrer en force des changements mal conçus. Et changement est devenu synonyme de suicide.
Si vous voulez vous engager sur la voie du conseil indépendant, vous devez, à mon avis, mettre en avant vos compétences pratiques, et surtout vos réalisations, de contrôle de gestion, et vous assurer que vous avez déjà des clients, c’est à dire des gens qui vous ont vu à l’œuvre et vous apprécient.
L'esprit du conseil
Le cabinet de conseil : de l'adhocratie à la bureaucratie
Peut-être faut-il voir là une évolution sociale. Hier il était prestigieux de réaliser. Aujourd’hui on veut être « chef ».)
Bossard Consultants
Théorie et expérience
Vieil enseignement tiré de mon expérience. Attention à la théorie.
Biais français, je soupçonne. Les savants du 19ème siècle voulaient démontrer par l’équation que les chaudières ne pouvaient pas éclater. Ce qu’elles ne se privaient pas de faire. Pour ma part, je crois qu’il faut commencer par formaliser son expérience. La théorie vient ensuite. Et elle doit être évidente. C’est comme cela que j’ai procédé… Deux autres points importants :
- la théorie ne donne qu’une direction, pas une solution. Transformer cette direction en un résultat pratique demande de l’expérience et une forme de talent, peut-être de la chance. (Cf. la construction d’un pont.)
- En conséquence la force d’un cabinet de conseil n’est pas sa méthodologie, que tout le monde connaît, mais le savoir-faire accumulé de mise au point de son savoir-faire, les problèmes rencontrés…
Déficit de la Sécurité Sociale et téléphone
Une étude d’un cabinet de conseil explique que les technologies de l’information vont éliminer le déficit de la sécurité sociale. Les « applications » de nos téléphones portables pourraient réduire le coût des soins.
Il n’y a peut-être plus que les cabinets de conseil qui croient encore que les économies se fassent par miracle. 11,5md d’économie signifie 11,5md de pertes pour quelqu’un. Et la société étant fortement interdépendante, peut être même pour nous. Perdra-t-on d’un côté ce que l’on gagnera de l’autre ? Ces applications ne risquent-elles pas surtout de donner une excuse pour ne pas soigner ceux qui en ont le plus besoin, et le moins les moyens (après tout les technologies de l’information vont s’occuper d’eux) ?…
Un tel changement ne doit-il pas être parfaitement maîtrisé pour ne pas avoir d’effets pervers ?
Qu'est-ce que l'accompagnement du changement?
Passer du comment au pourquoi, et aider l’opérationnel à construire un comment qu’il sait mettre en oeuvre. Voici comment je définis l’accompagnement du changement.
L’accompagnement du changement est rendu nécessaire par le type de conduite du changement pratiqué par l’entreprise. Il est dit « dirigé » ou de haut en bas. Du coup, faute d’information, il ne peut tenir compte de la complexité de l’entreprise. Ce qui conduit à ce que sa mise en oeuvre coince par endroits. Ce que l’on appelle « résistance au changement« . Il faut donc mettre de l’huile dans les blocages, au cas par cas. (Le « cas » se manifestant souvent comme une crise plus ou moins grave, selon le temps que l’on a mis pour la détecter.)
Faut-il rééduquer les consultants ?
Qu’est-ce que le conseil en conduite du changement ?
- La façon ordinaire dont on mène le changement en France est dite « programmatique ». Le dirigeant prend une décision. Elle donne lieu à un programme. L’entreprise doit l’appliquer. Dans cette approche, la conduite du changement consiste à aider les employés de l’entreprise à s’adapter à une nouvelle organisation du travail. Une partie émergée de ce type de conduite du changement est souvent une formation à l’utilisation d’un système d’information.
- Pour ma part, j’interviens dans des changements menés différemment. On peut caractériser ce type de changement de deux façons équivalentes l’une à l’autre. En premier par le fait que le changement est trop complexe pour être conçu du haut de la pyramide sans consultation du bas. Le « programme » doit être mis au point par l’ensemble de l’organisation. (En conséquence, les changements dans lesquels j’interviens sont programmatiques, mais à programme conçu par l’organisation.) En second, peut être plus clairement, parce que mon client risque souvent sa carrière dans ce changement.
Ces deux définitions ont une conséquence pour la façon dont le conseil en conduite du changement est mené.
- La manière traditionnelle produit une conduite du changement en aval du changement.
- Pour ma part, j’interviens essentiellement en amont du changement. Puis, éventuellement, pour m’assurer qu’il se déroule correctement.