Homme et loup

L’homme est le seul animal à poursuivre et tuer un adversaire malheureux. Voilà ce que j’ai entendu chez France Culture (La famille chez les animaux).

La doxa du moment nous dit que l’homme est l’incarnation du mal. Mais, à y regarder de plus près, cela ne semble pas évident. En effet, si l’homme tue l’homme qui fuit, c’est, peut-être, parce que, contrairement aux animaux, celui qui a perdu n’accepte pas définitivement sa défaite. Il saisira la première occasion pour planter un couteau dans le dos du gagnant.

Ce qui signifie aussi que, chez nous, les hommes, les conflits ne résolvent rien. Aucune victoire n’est définitive. Aurions-nous le choix entre la paix des braves et la disparition de l’espèce ?

Les damnés de la terre ?

Guerre en Israël. Pour le moment, elle ne s’étend pas.

Y aurait-il un accord implicite entre « ennemis » ? Israël liquide le Hamas, à condition de le faire rapidement ?

Le danger pour cet accord, s’il existe, semble, en effet, que les peuples s’agitent. Y aurait-il, alors, une divergence de point de vue entre gouvernants et gouvernés ? Cela tiendrait-il à un phénomène constaté depuis quelques temps : une uniformisation des fortunes nationales, avec creusement des inégalités au sein des nations ?

(La théorie des jeux dit qu’un accord n’a pas besoin d’être explicite pour exister. La technique dite « tit for tat », ou « dent pour dent », permet de le faire respecter. On tire sur vos vaisseaux, vous ripostez en maximisant la nuisance pour celui qui est derrière l’attaque, mais en évitant l’escalade. On vous laisse tranquille, vous laissez tranquille… C’est comme cela que l’on se fait des amis.)

Défier la Chine

Pourquoi Mme Pelosi provoque-t-elle la Chine ? se demandait un ami. Pourquoi risquer une guerre mondiale ? 

A mon avis, exactement pour la même raison que les Chinois nous menacent d’une guerre mondiale. Pour leur faire entendre que l’on n’en a pas peur, et que Taiwan est un sujet que nous prenons au sérieux. 

Dans ce type de sujet, la Chine, comme tout le monde, adopte la stratégie du « voleur chinois ». Quand le « voleur chinois » veut voler quelque-chose, il le déplace imperceptiblement jusqu’à ce que son propriétaire n’en ait plus conscience. 

Si l’on veut éviter une guerre, il faut que la Chine sache que l’attention des démocraties ne se relâche pas (ou plus). 

Théorie du complot

On entend moins parler de « théorie du complot ». Pourtant, la théorie du complot est éternelle. Il y en a énormément d’exemples dans l’histoire. Et, il suffit d’écouter ce que l’on dit autour de nous pour comprendre qu’il y a des personnes qui voient des complots partout. Comment l’expliquer ? Cela doit répondre à un besoin humain. 

Cette constatation a une conséquence inattendue : ceux qui s’en prennent à la théorie du complot cherchent la bagarre. Certes, il serait certainement mieux que l’on ne croit pas à cette théorie, mais il semble évident qu’en faire l’origine du Mal est idiot. C’est un fait social, pas une cause. « Parisien, fils de chien » disait-on au temps de mon père. C’est la même chose. Une insulte gratuite. 

Reste la question : pourquoi certaines personnes ont-elles eu le besoin de « chercher la bagarre » ? Théorie du complot ?

Il est temps de cesser de traiter ses adversaires en ennemis

« Il est temps de cesser de traiter les adversaires en ennemis« , dit JC.Mairal.

« pour sortir par le haut des problèmes de notre société, il n’y (a qu’une solution) : s’écouter, se comprendre, dialoguer, débattre par la controverse citoyenne entre idées différentes, coopérer et co-construire ensemble les solutions aux défis auxquels nous sommes confrontés. C’est la voie de la démocratie et du respect.« 

Un point de vue que je partage. 

Pas de conflit chez les suricates

Chez les suricates, il ne peut pas y avoir de conflit. Le groupe suit le premier qui a une idée. Il n’y a pas de leader permanent. (Article.)

Ne serait-ce pas mieux s’il en était comme cela chez nous ? En fait, c’est le cas. Un anthropologue interviewé par ce blog a rencontré cette pratique chez les Pygmées. Le groupe de chasseurs suit celui qui paraît « inspiré ». Près de nous, l’équipe de football suit le joueur qui a le ballon…

Et même. Les gens les plus déterminés ne finissent-ils pas par nous entraîner ?

Faut-il une classe moyenne ?

La notion de « classe moyenne » a quelque-chose d’étrange. Pourquoi serions nous « classés » ? N’y a-t-il pas, uniquement, des êtres humains ?

Marx n’a-t-il pas commis une erreur grave en bâtissant ses théories sur le principe du conflit ? Du conflit « entre classes » ? Donc du primat de la « classe » ? Car classe = différence = guerre. Pourquoi pas de la « race » ? N’aurait-il pas dû partir du primat de l’homme ?

(Ce que l’on reproche peut-être à la classe moyenne, c’est de ne pas vouloir être une classe ? Elle a pour aspiration d’englober tous les hommes. A cela s’oppose le principe, libéral ?, qu’il existe des supériorités définitives, des sous-hommes ? Au fond, il existe deux types d’hommes : ceux qui croient qu’il n’y en a qu’un, et ceux qui prennent les autres pour des imbéciles.)

Changement Trump

La langue est la meilleure et la pire des choses, disait Esope. Il pourrait en être de même de M.Trump.

M.Trump met le monde en face de ses responsabilités. Si l’on croit au libre échange, il faut s’en donner les moyens. Si l’Europe veut être Europe, elle doit être solidaire et défendre ses intérêts. Si le monde veut la paix, il ne peut y avoir de nouveau Münich. Et ainsi de suite.

Mais, pour que M.Trump soit un agent du changement efficace, il faut que la menace qu’il présente soit réelle…

Voisins

Daech est chassé d’Irak, les communautés chrétiennes que Daech a chassées de chez elles, vont-elles y revenir ? Interrogation d’une émission de France Culture. Probablement non. Les chrétiens vivaient en bonne entente avec leurs voisins. Mais, maintenant, ceux-ci les haïssent. Cela m’a rappelé « La fin de l’homme rouge ». La disparition de l’empire communiste a, elle aussi, provoqué des affrontements effroyables entre gens qui jusque-là demeuraient paisiblement côte à côte. Comme quoi les liens entre groupes humains tiennent peu. Il n’en faut pas beaucoup pour les casser, et transformer les gens en bêtes sanguinaires.

Alain dit, en 1913 : « la guerre est toujours à craindre et peut toujours être évitée. Toujours à craindre, par l’effervescence qui, si elle s’étend, réalisera la guerre, même pour de très faibles raisons. Toujours évitable, quelles que soient les raisons, si l’effervescence ne s’en mêle point. » Grande est la culpabilité de ceux qui créent « l’effervescence » !

La rigueur crée le chômage

Un article dit, de nouveau, que la rigueur ne produit pas la croissance et l’emploi. Contrairement à ce qu’affirmait, hier encore, l’économiste. La rigueur, c’est le chômage. On le constate aujourd’hui : plus un pays s’est infligé de rigueur, plus il s’est enfoncé dans le chômage. Or, notre gouvernement s’engage dans cette voie…

Y a-t-il d’autres raisons à cette politique ? Une forme de justice ? Depuis des décennies nos gouvernements se comportent de manière irresponsable, nos partenaires veulent nous faire payer pour nos fautes ? Rationalité d’un comportement suicidaire ? Ou, encore, la France est à terre, malheur au vaincu ?

Jusqu’à ce qu’il y ait révolte, et que le monde réalise qu’il est allé trop loin ? (Comme lors de la confrontation Bercy / Défense.) La raison est l’opium du peuple, il n’y a que les rapports de force qui comptent ?

(Une référence utile ? SCHELLING, Thomas C, The strategy of conflict, Harvard University Press, 1981.)