Complotisme est un sujet qui est devenu à la mode. Concordance des temps (France Culture) en parlait, le 24 septembre dernier.
En écoutant l’émission, j’ai pensé que j’ai été complotiste. Mais pas tout à fait au sens de l’émission. Il me semble, quand j’étais adolescent, avoir cru à des histoires extrêmement fantaisistes que je trouvais dans la presse pour jeunes. Je n’en ai pas gardé de souvenir clair, mais j’aurais très bien pu m’enflammer pour des questions d’extra terrestres ou de civilisation disparue. Il me semble que Pierre Bellemare racontait ce type d’histoires.
D’ailleurs, j’e me suis passionné pour un livre, très sérieux, sur l’exploration de l’espace, alors qu’aujourd’hui, je ne trouve plus aucun intérêt à tout ce vide.
Boris Cyrulnik appelle cela un « délire logique ». L’homme qu’il nomme « insécure » tend à croire au père Noël, qui le rassure. Je ne suis pas certain que ce soit toute l’explication. Platon ne croyait-il pas, dur comme fer, au « monde des idées » ? N’est-ce pas aussi le cas de l’intellectuel, voire du scientifique ? Ce délire n’est-il pas une « pathologie » de la raison ?
Tout le travail de la « raison », au sens des Lumières, n’est-il pas, justement, de canaliser notre raison, pour qu’elle ne délire pas ? Ce qui demande la capacité de douter, dit Boris Cyrulnik. Et, donc, la capacité de pouvoir résister au doute. Elle exige, à son tour, une « liberté intérieure », qu’il croit résulter d’un environnement favorable à l’épanouissement de l’individu. (Je doute de son explication, mais c’est pour un projet billet.)