L’entreprise suisse nettoie l’espace

Une société suisse a pour raison sociale le nettoyage des débris de satellites. (Short Sharp Science: Swiss ‘janitor’ satellite to sweep up space junk)

Nouvelle manifestation des avantages économiques que procurent les caractéristiques culturelles d’une nation ?

Au moins indirectement. Que j’aie écrit ce billet montre que jouer sur des stéréotypes permet d’amplifier, à faible coût, un message. 

Et si vous changiez votre manière de communiquer sur Internet?

Les médias sociaux sont la grande révolution de ces dernières années. Ils ont fondamentalement modifié notre manière de communiquer, dialoguer, échanger sur Internet. Cette révolution touche aussi bien les organisations (administrations, associations, entreprises) que les particuliers.

Au sein de Media Aces, nous organisons tous les 3 mois des conférences pour anticiper les changements induits par l’utilisation des médias sociaux en entreprise. La prochaine conférence a lieu le 6 mars prochain à l’ESG – Ecole de Management, av Philippe Auguste, Paris 11e. Avec des témoignages de CEGOS, HOURA.FR, de la CCI de MONTPELLIER et de MYSCIENCEWORK.

Prix des places 30€, inscription en ligne.

Free et l'art de la stratégie

Free pourrait illustrer quelques théories de l’art du management et de la stratégie, à commencer par l’attaque d’un concurrent installé.
  • Reengineering : la société est construite avec une offre bon marché en tête. Par conséquent, les structures de coût de ses concurrents, résultat des méandres de l’histoire et d’un bien confortable monopole, sont certainement beaucoup plus lourdes que les siennes.
  • Modèle économique : Free ne propose pas de terminal, alors que c’est le principe de l’offre concurrente. Faire d’une force de son ennemi une faiblesse est le sommet de l’art chinois de la guerre.
  • Analyse de la valeur : l’offre de Free est bâtie sur ce qui compte le plus pour les segments de marché visés.
  • Par ailleurs, comme le note Hervé Kabla, Free réussit un coup de pub habile, qui profitera certainement à toute sa gamme. (FreeMobile, la révolution du 10 janvier 2012)
Quant à ses concurrents, leurs lourdes organisations leur permettront-elles de réagir et de ne pas se faire dépecer ? En fait, il est possible que le mal que va leur faire Free n’est pas tant sa concurrence directe que le changement qu’il a opéré dans la perception de leurs prix et de leurs services par le marché (« Non, vous n’êtes pas des pigeons », la réponse de Bouygues à Free).
Finalement, si la téléphonie mobile pouvait devenir moins coûteuse, cela ferait du bien à beaucoup de familles modestes, et peut-être aussi au reste de l’économie. Des mérites du libéralisme ? 

Ce qu'Internet a changé

Henri Kaufman a raison, Internet a tout changé 

Après cette rapide présentation, entrons dans le vif du sujet. Pour ce qui me concerne, j’ai choisi de parler du changement qu’introduisent les nouvelles technologies de l’information, et plus particulièrement Internet.

Cette expression de « nouvelles technologies de l’information et de la communication » – NTIC, c’est encore mieux, ça fait branché – me fait doucement rigoler. Qu’y a-t-il de nouveau dans des technologies dont les bases remontent aux années 70? Parle-t-on encore de nouveauté pour le TGV (1981), le téléphone mobile (1997) ou l’euro (2001)? Parle-ton de nouveauté à des jeunes (la génération Y) dont les premiers moments dans la vie ont été peut-être transmis, par photo numérique interposée, dans le corps d’un email? Non, bien entendu. Alors pourquoi cette terminologie perdure-t-elle?

C’est que justement, ces fameuses NTIC sont nouvelles parce qu’elles introduisent des nouveautés que peu d’humains ont été capables d’adopter rapidement. Par peur, par immobilisme, par un je ne sais quoi de réfractaire à des outils pourtant d’une simplicité quasi enfantine. A condition d’y accorder quelques minutes d’attention.

Internet – et les NTIC, gardons les avec nous pour le moment – ont introduit trois changements importants:

  • Un changement en termes technologiques: la capacité de transporter de l’information d’un point à un autre n’est pas une nouveauté (cf. la TSF) mais ce qui est nouveau, ce sont les protocoles qui ont permis de développer des services par dessus.
  • Un changement en termes d’outils: Internet a donné un sacré coup de vieux à nombres d’outils dont nos aïeux s’enorgueillissaient, du téléphone à la radio en passant par la presse écrite ou le catalogue de la CAMIF
  • Un changement en termes de moyens: avec Internet, on peut, grossièrement, faire des choses dont on n’avait guère imaginé qu’elles fussent envisageables, ne seraient-ce que 30 ou 40 ans plus tôt. Paradoxalement, les auteurs de science-fiction se sont émerveillés devant les voyages sur Mars et la voiture volante, sans penser une seule seconde au réseau des réseaux.
Voici donc les thèmes de mes trois prochains articles à venir sur ce blog: changement dans les technologies, changement dans les outils, changement dans les usages.
A la semaine prochaine.

L'hébreu, langue du changement?

L’hébreu est une langue formidable, dans laquelle les termes sont construits autour de racines de 2, 3 ou 4 consonnes: il y en a 22, cela limite donc le nombre de racines existantes. Une même racine, conjuguée dans l’une des 7 formes qui existent (cf. l’article Wikipedia sur la conjugaison hébraïque), peut prendre des sens différents, mais souvent assez proches: apprendre et enseigner, écrire et dicter, venir et apporter, etc. 


C’est bien entendu le cas du verbe « LeChanot », qui signifie changer. Mais ce qui est étrange, c’est que l’une des formes dérivées, « LichNot », signifie répéter, apprendre par coeur, voire étudier! On le retrouve dans le terme « Michnah », qui qualifie le texte qui a servi de base au Talmud, la version par écrit de la loi orale, traditionnellement transmise de génération en génération depuis Moïse. Comment ces deux sens peuvent ils se rapprocher?

Les dix commandements, un sacré changement pour l’époque…
Une première interprétation, consiste à comprendre que cette loi orale n’aurait jamais dû, initialement, être figée, par écrit. Contrairement à la Torah, fixe, inchangée depuis sa promulgation, la loi orale était flexible, évolutive, susceptible d’adapter un cadre légal rigide aux évolutions de la modernité: par exemple, adapter les lois des fêtes juives à une présence en dehors de la terre sainte, quand la diaspora devient nécessité. Son enseignement se faisait par répétition, par coeur, des textes initialement transmis. Répétition et enseignement sont toujours allés de pair dans l’enseignement talmudique.

Quelques traités de Michnah
Il y a une autre interprétation du lien cacher entre ces deux sens d’un même verbe. On ne change pas du jour au lendemain: pour changer, il faut répéter plusieurs fois les mêmes gestes, développer de nouveaux réflexes, faire sortir les anciennes habitudes pour en acquérir de nouvelles. La répétition est la principale forme d’enseignement. N’appelait-on pas autrefois, en français, certains enseignants des « répétiteurs »?…