Tweet du cygne ?

Twitter aura-t-il la peau d’Elon Musk ? ?

Il licencie la moitié du personnel de Twitter, au motif que l’entreprise perd 4m$ par jour. Mais si les pertes de Twitter sont aussi importantes pour lui, pourquoi a-t-il payé la société aussi cher ?

On découvre, mais un peu tard, que les concurrents de Tesla étaient de gros annonceurs, et qu’ils ne veulent plus donner leur argent à Twitter. Ont-il perçu une faille dans l’armure d’Elon ?

Car, Elon est le Coca Cola de la voiture. Tout en image…

Celui qui a vécu par le glaive périra par le glaive ?

L'art de la communication

Je devrais lire mes livres ! 

La désindustrialisation de la France m’a fait comprendre que j’avais commis une erreur que je dénonce : j’ai incorrectement interprété l’action du gouvernement Hollande. 

J’ai décrypté le présent en fonction du passé. Or, le gouvernement a changé de cap, à 180°. Il l’a dit. Je n’ai rien entendu. J’ai été victime de mes a priori. En fait, il a anticipé Trump et le Brexit de 5 ans ! Il n’aurait jamais dû y avoir de Gilets jaunes. (D’un seul coup, ce que M.Hollande dit du « jugement de l’histoire » s’éclaire.) 

Grande leçon de communication. Le gouvernement a cru que l’on déduirait son intention de ses actes. Il a même, probablement, jugé bon de ne pas s’exprimer trop clairement, de façon à ne pas susciter l’ire de dangereux activistes. Il espérait que ceux dont il servait les intérêts le comprendraient à demi-mot. C’est tout le contraire qui s’est passé. Ses alliés en puissance l’ont torpillé. M.Macron persévère dans l’erreur. 

Qu’est-ce qu’une bonne communication ? La technique du « stretch goal ». C’est américain, simple, en trois points, et jamais appliqué :

  • Il faut partir d’une analyse de la situation, telle que perçue par le peuple, exprimée avec ses mots. Il doit comprendre qu’on l’a compris. 
  • Ensuite, il faut expliquer pourquoi on en est là où on en est, et vers où l’on veut aller. C’est, à proprement parler, le « stretch goal ». Un objectif quantifié, bête mais inattendu, qui frappe les esprits. 
  • Finalement, il faut dire pourquoi l’on va réussir. D’une part, parce que l’on joue sur les forces culturelles, uniques au groupe, elles aussi évidentes a posteriori. En quelque sorte, « on l’a déjà fait ». D’autre part, parce qu’il faut des moyens, et qu’on se les ait donnés. 
Tout cela doit se dire en quelques mots. Seulement, ils doivent être bien choisis, car, comme moi, l’être humain a une interprétation excessivement biaisée de ce qu’il entend. Ils ne peuvent être trouvés, si j’en crois mon expérience, que par essais et erreurs. 

Zone de sécurité

Dans un précédent billet, je parle de « zone de sécurité ». De quoi s’agit-il ? 

Une histoire me revient en tête. J’ai fait mon service militaire comme scientifique du contingent dans un bureau d’études de l’armement. Pourquoi m’avait-on fait venir ? Mystère. Comme les autres scientifiques, j’étais inoccupé. Et nous avions l’impression d’être des ethnologues chez les pygmées, tant les moeurs des natifs étaient étranges. 

Ce qui frappait était l’extraordinaire hiérarchisation des fonctions. Au sommet, les polytechniciens, sortant de l’école. Puis les IETA, école d’armement moins prestigieuse, qui sont les chevilles ouvrières du dispositif, puis les ingénieurs non formés dans les écoles de l’armée, qui me disaient être là pour « la qualité de la vie » (et me demandaient de ne pas « en faire trop »), puis les techniciens formés par l’armée, puis les techniciens non formés par l’armée, et ainsi de suite. 

Un jour, m’a-t-on dit, un nouveau polytechnicien déclare que ses calculs lui ont révélé que la conception du nouveau canon n’est pas la bonne. Les IETA lui répondent que, selon leur expérience, ce n’est pas le cas. On fait des essais. Le canon tient. Le polytechnicien est remis à sa place, définitivement. Il est, d’ailleurs, avec sa secrétaire, dans un bureau fermé, alors que le reste de l’étage est en « open space ».

Le phénomène « zone de sécurité » résulte probablement d’un double mouvement. Notre comportement naturel est totalitaire. Il est toxique. Il produit une réaction violente. Or, et, cela va avec, notre société est fortement structurée. Du coup, elle force chacun à vivre côte à côte. Mais, faute de communication, c’est bancal. Pour que nous parvenions à nous entendre et à nous coordonner, il faut beaucoup de bruit, et donc des crises. 

Covid, grippe et complot

J’entends dire que le coronavirus repart à la hausse. En même temps, je lisais dans le Financial Times que sa version Omicron était moins dangereuse que la grippe. 

Il y a quelques mois, imaginons que quelqu’un ait émis cette hypothèse, qui semblait pourtant bien correspondre à la réalité palpable par l’honnête homme, il aurait été brûlé en place publique.

Il n’y a pas de théorie du complot sans feu ?

L'art de la communication

Guerre en Ukraine. On lit qu’elle est imminente, et que M. Poutine cherche à installer une marionnette au pouvoir. On lit aussi, en ce qui concerne la Russie et la Chine, que l’Allemagne dit une chose et en fait une autre. 

Généralement, la communication gouvernementale se résume à « nous connaissons la seule bonne solution, dormez bien, tout doute serait criminel ». Dans ce cas, c’est tout le contraire. Heureux précédent ?

Danger, sens unique

Le FT dénonçait, hier, les effets délétères de la pensée unique. Phénomène fréquent en phase de difficultés

Message destiné à l’entreprise. Mais n’est-ce pas le cas, actuellement, de notre pays. N’est-ce pas ce qui fait que l’on a l’impression d’une guerre de religion ? 

Mais comment faire autrement ? 

La pensée unique est contre-productive. Elle n’a rien de rassurant. Par définition, on ne peut pas la croire. Qu’a-t-on intérêt à cacher ? se demande-t-on. La malhonnêteté ou l’incompétence ?

Ce qui est rassurant, c’est de savoir ce qui se passe. Cela permet de comprendre ce que fait le pilote, et de s’assurer qu’il est honnête et compétent. 

(Ce que disait le FT : « How cronyism corrodes workplace relations and trust. When a group is under threat, the instinct can be to close ranks rather than act in the best interest of the organisation.« )

Voeux présidentiels

Ancienne émission de France Culture sur les voeux présidentiels. Elle s’arrêtait avec François Mitterrand. Mais commençait avec Léon Blum (qui n’était pas président !) et une énorme surprise : un discours comme on n’en entend pas aujourd’hui. Un chef de gouvernement qui s’adresse, avec humour !, à des gens intelligents ! 

Le président Giscard d’Estaing semblait avoir choisi une même ligne de communication. Contrairement aux voeux usuels, qui planent au dessus des tête, et parlent de l’intérêt général, il se présentait en Français comme les autres, allant jusqu’à faire intervenir son épouse, qui débitait d’étonnantes banalités. Mais, d’après les participants à l’émission, il a manqué son effet. 

Un exemple de l’art de la communication et de ses mystères. Nous ne paraissons pas aux autres ce que nous croyons être… 

Monsieur je sais tout

Un premier ministre a réponse à tout, aurait dit Édouard Philippe à un « pote » cinéaste (France Culture, il y a une semaine).

Comment peut-il tout savoir alors qu’il n’a pas de temps à lui ? Cela m’a rappelé le commentaire d’un ami d’une déclaration de notre premier ministre actuel, qui expliquait qu’il avait été contaminé par un enfant (donc qu’il fallait vacciner les enfants) : un premier ministre rencontre des quantités de personnes, comme peut-il être sûr que la cause de sa maladie soit celle-ci ? 

Soit le premier ministre est idiot, soit il nous prend pour des idiots ?

En quoi, peut-on se demander, changerait la communication gouvernementale, si nos dirigeants considéraient qu’il y a, dans la population, des gens beaucoup plus intelligents qu’eux, et qui, en plus, on le temps de penser ? 

Le retour de l'opinion

« L’opinion ». Un terme dont on n’entendait plus beaucoup parler semble revenir en force. Que pense « l’opinion » ? ai-je entendu dire à plusieurs reprises, dans une émission de radio. 

Jusqu’ici il semblait que c’était la raison qui gouvernait le monde. Egalité des sexes, transition climatique, etc. Mais, soudainement, apparaît une sorte d’impondérable : « l’opinion ». Phénomène mystérieux, dont on ne parle qu’avec stupeur et tremblements, avec « horreur » au sens romantique du terme. 

Est-ce elle qui explique certains revirement surprenants ? Du jour au lendemain, l’énergie nucléaire ne semble plus susciter de rejet. Plus curieusement, l’immigrant n’est plus désirable. 

Le gouvernement et le complot

Une étude de l’université de Cambridge constate que ce sont les malades qui propagent le coronavirus à l’hôpital, et pas les soignants. 

Cela m’a fait penser que le gouvernement était peut-être à l’origine d’une théorie du complot. En faisant un grand ramdam autour de la vaccination des hospitaliers, il pourrait avoir fait courir des bruits trompeurs. (D’un autre côté, on découvre que l’hôpital est dangereux parce qu’on y trouve des malades !)

Le discours politique, nouvelle victime du virus ?