Pourquoi les Allemands ne sont-ils pas prêteurs ?

Il semble bien qu’il y ait un problème de distribution de richesses en Allemagne.

  • Premièrement, la richesse en Allemagne est hautement concentrée dans la tranche supérieure de la distribution des revenus
  • Deuxièmement, une grande partie de la richesse allemande n’est pas détenue par les ménages, et donc doit être détenue par les entreprises ou le gouvernement.

(…) l’opposition de l’Allemagne aux transferts vers le sud trouve son origine non dans le richesse du pays. L’Allemagne est un des pays les plus riches de la zone euro. Le problème est que la richesse est distribuée de manière inégalitaire. (L’article.)

Cercle vertueux ? Les réformes Schröder déplacent la richesse des pauvres vers les riches, les entreprises et l’Etat. Les pauvres, qui contrôlent la démocratie allemande, ne veulent donc plus aider qui que ce soit. Pour cette raison, il faut appliquer partout les réformes Schröder.
On notera au passage que, de Schröder, à Blair, en passant par Clinton, la gauche aura été le fer de lance du démantèlement de la protection sociale en Occident. 

Face cachée de l'effet de levier

Adepte de l’effet de levier depuis l’éclairage de Christophe FAURIE, voici une illustration intéressante tirée d’une lecture récente (Freakonomics de S.D. LEVITT et S.J.DUBNER).

En 1995 un éminent criminologue, James Alan Fox, remet un rapport décrivant le ras de marée inévitable de la criminalité imputable aux adolescents, aux USA pour les 10 prochaines années. Il évoque 15 à 30 % d’augmentation! L’ensemble des politiques, des criminologues et des prévisionnistes lui emboîte le pas, jusqu’au président Clinton, lui-même.
Tous les fonds d’exception étaient alors alloués au combat contre la criminalité. Et c’est alors que les courbes au lieu de grimper se sont effondrées. La diminution de 50 % de crimes dus aux adolescents étonnait dans son ampleur et chacun de louer la reprise économique, les nouvelles stratégies policières, au contrôle des armes.

Tout ceci était logique rassurant de « bon sens » mais probablement faux! Car en réalité c’est le battement d’aile du papillon qui avait provoqué le cataclysme positif.

Ce battement d’aile s’appelait Norma McCorvey. Une jeune femme pauvre et sans diplôme alcoolique et droguée, enceinte pour la troisième fois à 20 ans. L’avortement était illégal à cette époque et des personnes avisées se sont emparées de son cas et en on fait l’icône d’une procédure collective visant à légaliser l’avortement. Le 22 janvier 1973, les juges se sont prononcés en faveur de McCorvey et l’avortement a été légalisé sur tout le territoire.

Or les études ont montré que les adolescent criminels étaient issus de ces milieux défavorisés auxquels appartenait Norma McCorvey. En légalisant l’avortement, on a éliminé un ferment de la criminalité. Ceci explique bien qu’à partir des années 95, date de prévision catastrophique de Fox, la criminalité baissa. Ces adolescents en âge de rentrer dans la criminalité n’étaient toujours pas nés! Le vivier des criminels en puissance s’était amenuisé et la criminalité avec…

Changement et politique

N.Sarkozy s’en prend aux mauvais Français en arrêt de maladie. Appel à la guerre civile ?
F.Hollande et les Verts s’enlisent dans des querelles d’une petitesse affligeante.
En ces temps difficiles, n’aurait-on pas attendu d’eux une vision optimiste et, au stricte minimum, le souci de l’intérêt général ?
Nos politiques nous disent qu’il faut voter pour eux car ils sont le changement. Mais ne se trompent-ils pas d’argument ? Leur succès électoral ne serait-il pas garanti s’ils nous annonçaient qu’ils ont changé ?
Compléments :
  • Ah, si nos politiques ressemblaient à Bill Clinton ? Yes, we can

Internet espion

Mme Clinton et le gouvernement américain veulent que la voix des peuples opprimés traverse la censure des dictateurs, chinois, iraniens, syriens…  Pour cela, ils infiltrent dans leurs pays des équipements qui court-circuitent les réseaux officiels (par exemple en utilisant le support de téléphones portables).
Il n’y a rien de plus important que la liberté de parole (U.S. Underwrites Internet Detour Around Censors Abroad – NYTimes.com), chez les autres.
Quid des dictatures amies ? (Par exemple l’Arabie saoudite.) Et de wikileaks ?
Compléments :

Hillary Clinton et la Banque Mondiale

Mme Clinton à la Banque Mondiale et Mme Lagarde au FMI ? (Hillary Rodham Clinton Denies World Bank Job Rumors – NYTimes.com)
Le FMI n’ayant pas cédé aux émergents, les USA ont peur qu’ils prennent la Banque Mondiale. Pour s’assurer sa présidence, ils doivent proposer un candidat de poids. Bref, ils copient la France.
Pour une fois que la France inspire quelqu’un, ce blog ne va pas critiquer l’hypocrisie américaine… 

Larry Summers

Larry Summers est un économiste exceptionnellement précoce et supérieurement intelligent. Sa famille compte plus de prix Nobel d’économie que bien des nations. Et il est l’architecte de la déréglementation des marchés financiers de l’ère Clinton, et de toute la politique de M.Obama.
Que croit-il ? Que les marchés financiers sont efficaces – c’est pour cela qu’il les a déréglementés dans un premier temps, et qu’il les a secourus massivement dans un second ; que les marchés de biens ne le sont pas, que l’État doit leur fournir une assurance pour qu’ils puissent prendre des risques (risque = innovation pour l’économiste). D’où une série de plans de relance (le dernier en date, par réduction des impôts – 280md$). 
Ne dort-on pas mieux, lorsque l’on découvre que le monde est aux mains de tels hommes de science ?

Wikileaks et l’hypocrisie

L’Occident est offusqué. Le prix Nobel de la paix est bouclé par la Chine. Quelle honte.
Mais comment l’Occident peut-il donner la moindre leçon à la Chine quand lui-même veut clore, par des moyens totalement illégaux, le site de Wikileaks ? 
Au passage, on découvre qu’Internet rend les services pour lesquels il a été conçu : il est indestructible. Tout comme l’hypocrisie des USA ?

Compléments :

  • Mieux : les USA protestent contre la censure d’Internet par la Chine ! Et c’est Mme Clinton qui, dans les deux cas, est l’exécuteur de leurs basses oeuvres ! Les Indiens anciens auraient dit qu’elle avait une langue fourchue. Comme tous les Blancs d’ailleurs.

Bill Clinton

Demander des sacrifices ne fait pas un programme politique, remarque Bill Clinton, il faut trouver un moyen de promettre un « nouvel investissement et l’espoir ».
Il y a quelque chose de curieux. Les États européens doivent dégrader les conditions de vie du citoyen, parce qu’ils ont accumulé des dettes pour sauver l’économie de ses propres inconséquences. Pourquoi la population ne proteste-t-elle pas ?
Parce qu’une société individualiste n’a pas les mécanismes sociaux nécessaires pour cela ?  Parce que les politiques ne savent pas faire ce que leur demande Bill Clinton : comprendre nos problèmes et leur chercher des solutions ? Ils sont enfermés dans des dogmes d’une autre ère ?
Compléments :
  • De même qu’Internet a permis au opérateurs de télécom de détrousser les fournisseurs de contenu en leur faisant croire que leur fortune était dans la gratuité, je me demande si l’État n’a pas vécu des revenus d’une bulle spéculative, qui permettait à certains de s’enrichir sans que les autres, protégés par le dit État, s’en rendent compte. La poussière retombe. Un petit groupe a gagné, le grand nombre a perdu. Mais c’est maintenant qu’il faut payer l’addition. Et à l’avenir ce sera chacun pour soi. 

Obama en Clinton

Les commentateurs encouragent M.Obama, depuis qu’il a perdu la majorité absolue au Sénat, à suivre l’exemple de M.Clinton.

Pourtant, quand il le fait, en s’en prenant aux banques et en gelant les dépenses de l’État, demande de la vox populi ?, on parle de populisme grossier. Non seulement il contredit ses propos de campagne, mais il fait l’inverse de ce que réclame le traitement de la crise.

Explication possible ? M.Obama n’est pas un politicien ordinaire, il est froid et rationnel. L’atout du grand politique est d’être un grand séducteur et un survivant : il n’est jamais aussi bon que lorsqu’il est en difficulté et il a un sixième sens qui lui dit ce que le peuple est prêt à croire.

Compléments :

  • The Second Clinton?, President Obama concedes defeat.
  • La stratégie de M.Obama, réponse à mon billet précédent : pas possible de négocier avec son opposition ?
  • Illustration des théories sur l’optimisme de M.Seligman : le champion est celui qui voit la déconvenue comme une chance (définition d’optimisme). B.Obama a subi un revers : va-t-il se replier sur soi, ou se transcender ?

Obama et l’Europe

Chronique de France culture qui semble dire que les relations Obama / Europe sont fraiches. Il aurait beaucoup plus d’intérêt pour les « puissances de demain » que sont l’Inde et la Chine.

  • Risque-t-il de négliger (ou de nuire à) un ami, pour s’attirer les bonnes grâces de pays qui lui sont fondamentalement hostiles ?
  • Faut-il voir dans son comportement l’attitude instinctive d’une certaine classe américaine (notamment Roosevelt et l’élite politico-économique clintonienne) qui assimile l’Europe au mal, à un passé révolu, et les BRIC (la Russie en moins depuis l’arrivée de Poutine) à des pays jeunes, simples et rationnels, des pays qui ressemblent à l’Amérique, et avec qui l’on peut faire des affaires ?

Compléments :