Sciences du management

Les sciences du management appartiennent au domaine de l’hagiographie. On y cherche les recettes de ceux qui réussissent (cf. les « meilleures pratiques »). Suite des billets précédents.

Mais la copie est-elle possible ? efficace ? La caractéristique de la science n’est-elle pas de nous dire ce qui, au contraire, nous semble contrintuitif ? Et de baser son raisonnement sur un modèle mathématique ?

Illustration : le film Le stratège. L’usage des probabilités montre un biais dans la sélection des joueurs de baseball.

Si Versailles m’était compté

Film de Sacha Guitry, 1954.

Que le château de Versailles a été d’une richesse extraordinaire, que la France a compté de gens célèbres, et qu’il y avait de comédiens fameux pour les jouer dans les années 50…

On oublie de plus en plus que notre pays a été une grande nation, et ce que cela signifiait.

D’ailleurs, faut-il la sorte de folie qui l’a jeté à la poursuite de grandeurs chimériques pour engendrer des génies ?

M. Butterfly

Film de David Cronenberg, 1993.

Un diplomate français se trompe, pendant 20 ans, sur le sexe de sa compagne chinoise.

L’homme a une capacité exceptionnelle à se bercer d’illusions ? D’ailleurs, l’acteur qui joue l’amante ne ressemble pas à une femme, et encore moins à une Chinoise ?

En tout cas, l’univers de David Cronenberg n’est pas le mien.

Compléments :

Tu ne tueras point

Film de Krzysztof Kieslowski, 1988.

Le film qui a fait connaître Kieslowski (jamais approché par aucun de ses suivants ?).

Ce que ce film a d’exceptionnel ? Miroir de la vie telle qu’elle est, sans plus ? Un enfer pavé de méchancetés médiocres. Nous sommes moches.

Comme chez Tarkovski, la qualité pisseuse de la pellicule soviétique est un constituant à part entière de l’œuvre. 

Le stratège

Film de Bennett Miller, 2011.

Le baseball est encore plus incompréhensible du cricket.

En tout cas c’est une histoire de changement. Je me suis cru dans mon métier.

Comme dans l’entreprise le « changement » est un changement de modèle. Ici, il n’est pas économique, mais de recrutement des joueurs. Et, comme dans l’entreprise, la formule n’est pas suffisante, le succès est dans la mise en œuvre, qui demande le talent d’un « leader ».

On y rencontre aussi la résistance au changement, et ses arguments usuels : ne venez pas nous ennuyer, le baseball est un art et pas une question de science.

Le film est peut-être surtout une métaphore du capitalisme, qui avance par « arbitrage », selon l’expression des financiers, en tirant parti de, et ce faisant en éliminant, ce qui n’est pas optimal. Et en liquidant les vieux crabes qui se protègent derrière des coutumes irrationnelles. (On notera au passage la violence des relations humaines, les licenciements se faisant ad nutum, et les joueurs valsant comme des pions.)

Question : est-ce que l’idéal de l’Américain est le changement, c’est-à-dire d’être à l’origine d’une transformation de la société ? 

Intouchables

Film d’Olivier Nakache et Éric Toledano, 2011.

Le film qui aurait pu changer Nicolas Sarkozy ?
Le problème est dans la solution dit ce blog. Et si au lieu de nettoyer les banlieues au karcher, il avait fallu les amener à Neuilly ?
Et si les caractéristiques humaines qui, dans un milieu, font une racaille, étaient celles du surhomme, dans un autre ? Et si les valeurs du FN (par exemple le respect de la famille) étaient infiniment mieux respectées chez les immigrés que dans les beaux quartiers, ou même chez les classes moyennes ? Et s’il avait juste fallu un « recadrage » à Jean Sarkozy pour qu’il fasse de solides études et devienne un citoyen modeste, travailleur et méritant ?…