Detective Dee

Film de Tsui Hark, 2010.
Est-ce une bonne idée de faire d’un juge du 7ème siècle un maître de Kung Fu ? Il me semblait que les juges chinois d’alors étaient avant tout de subtils lettrés, fruits d’une quantité infinie d’examens. Et en plus, il a été victime du Seigneur des anneaux. Même esthétique de jeu vidéo. 
Nostalgie d’un film de la série « Il était une fois en Chine » où se trouve une bataille au milieu de cannes de bambous. La technique serait-elle fatale au génie ?

Vampyr

Film de Carl Theodor Dreyer, 1932.
Une sorte de chaînon manquant entre muet et parlant : peu de paroles et beaucoup de textes. Il n’y a pas vraiment d’intrigue ou de récit. Peut-être est-ce le film d’un rêve ? Peut-être cherchait-on plus, dans les années 30, l’image forte que l’histoire ?…
Découverte de Nicolas de Gunzburg, qui aurait vécu une curieuse vie, de dilettante, mécène et esthète.

Ordet

Film de Carl Theodor Dreyer, 1954.
L’histoire du monde serait-elle celle d’une supercherie ? Notre « progrès » n’est que celui d’une sophistique lâche, qui masque notre médiocrité sous l’apparence de la raison, qu’elle soit religieuse ou scientifique ?  C’est parce qu’il nous a détournés de l’essentiel, une confiance pure et simple, que nous ne connaissons plus de miracles ? Que nous ne parlons plus à Dieu ?
Un noir et blanc magnifique, et une forme de suspens : tour à tour chacun croit que sa petite certitude personnelle est vérifiée. Remarquablement construit. 

La rose et la flèche

Film de Richard Lester, 1976.
Sean Connery, en garnement vieillissant, en Audrey Hepburn, en femme de tête éternellement aimante, sont fort bons.
On patauge souvent dans la boue. La reconstitution se veut fidèle. Mais les sentiments ne sont probablement pas très moyenâgeux. Et pas très contemporains non plus : je ne suis pas certain que l’égalité des sexes tolère encore une telle division des tâches entre homme et femme. N’a-t-elle pas aussi liquidé toute possibilité d’histoire d’amour, qui, comme ici, doit avoir quelque chose d’impossible ?

Winter’s bone

Film de Debra Granik, 2010.
Depuis que j’y ai mis le pied, je considère l’Amérique du nord comme sous-développée. Infrastructures piteuses, individus sans culture. Ce film me renforce dans cette idée.
On y est très pauvre et souvent obèse. Habitations de bric et de broc. Dès l’enfance on apprend à y vivre par les armes. L’armée fournit le seul espoir d’une issue digne. Pour le reste, il y a la drogue.
Compléments :
  • Les revenus des pauvres américains ne sont pas loin de ceux du tiers monde. 

La brune brûlante

Film de Leo McCarey, 1958.
Avons-nous libéré la femme ou l’homme ? Le sort du père de famille d’après guerre était effroyable. Il passe des heures dans le train (à boire), chez lui, il trouve une mégère et des pestes. L’alcool est son seul réconfort.
Ce décor apocalyptique planté, le film sombre dans la farce énorme. Paul Newman et sa femme en font des mégatonnes. Comment se dit « théâtre de boulevard » en américain ?
Compléments :
  • Même thème que Les noces rebelles, qui porte sur la même période. Dans ces conditions, que l’homme cherche à affirmer sa masculinité par des aventures extraconjugales ressortit à la simple hygiène mentale.