Animal Kingdom

Film de David Michôd, 2010.

Très sobre, et très impressionnant film sur le milieu australien, vu de l’intérieur.

Plongée dans une inquiétante famille de déséquilibrés (qui semble avoir existé). Quand une société marginalise une partie de sa population celle-ci reconstitue une forme de normalité, menaçante pour la normalité collective ?

Mérites de l’hypocrisie

Dans La conquête, je faisais un parallèle entre N.Sarkozy et Colombo. Depuis je me demande si la comparaison avec Lenny n’est pas plus appropriée.

Les deux considèrent que, parce que tout le monde fait des entorses à la morale installée, il faut s’en débarrasser. Bénéfice : il n’y a plus d’hypocrisie.

À la réflexion, je crois qu’ils ont tort. L’hypocrisie est une solution « innovante » au problème du respect de nos idéaux, « hommage que le vice rend à la vertu » selon La Rochefoucauld. En la liquidant, on renonce à la vertu, et peut être à la société. Plus que des individus poussés par des appétits primitifs ? Le marché, autrement dit ?

La conquête

Film de Xavier Durringer, 2011.

Je voulais voir Animal Kingdom. Mais, erreur de ma part ?, ce n’était pas le film projeté lorsque je suis entré dans la salle. Pourtant, je n’ai pas regretté mon incursion dans cet autre royaume animal.

La conquête n’a pas eu une bonne critique. On lui a reproché de ne rien nous apprendre de nouveau.

En fait, c’est la logique qui se dégage de ce connu regroupé en un temps court qui est intéressante.

À commencer par Nicolas Sarkozy : étrangement, je n’avais jamais pensé qu’il pouvait être en permanence comme il est dans ses discours. Je croyais qu’il s’était inventé un personnage, homme du peuple. Pas du tout.

L’histoire de La conquête, c’est Colombo contre Talleyrand. D’un côté quelqu’un qui ne fait aucun effort pour se conformer aux exquises conventions de la diplomatie française, et de ses palais, et qui ose être ce qu’il est et dire ce qu’il pense, de l’autre l’establishment des hauts fonctionnaires, sommet d’hypocrisie perfide.

Mais si Sarkozy n’avait été que Colombo, il aurait échoué. Un nombre insuffisant d’électeurs se reconnaît dans les valeurs qu’il aime. Il a donc cherché pour ses discours des rédacteurs qui pensent comme ceux qu’il voulait attirer. La manœuvre a réussi, mais il n’y a plus eu de cohérence entre acte et parole.