Churchill

Fin de la guerre, Churchill est un héros, deux mois après les élections le balaient. Injustice ?

Les Anglais lui avaient gardé rancune de sa conduite erratique d’avant guerre. Et c’était l’homme du passé.

Durant la guerre, il avait gouverné une coalition. Son second, Clement Attlee, le leader travailliste, discret et loyal, lui, avait compris les aspirations de ses concitoyens. Ils désiraient la paix, un minimum de confort, la protection sociale, et l’égalité des sexes.

(Emission de la BBC.)

Yalta

Les dessous de l’histoire sont effrayants, quand on les découvre. A Yalta, le sort du monde est entre les mains de trois personnalités affligeantes.

Roosevelt est au bout du rouleau. C’est un dangereux innocent, qui veut balayer une culture européenne obsolète et installer un ordre mondial américain d’un simplisme consternant. Il croît que Staline, contre quelques concessions, va marcher dans sa combine. Mais Staline est une sorte de paysan madré, un genre de Trump qui fonctionne à l’instinct (et recule devant la force). Il le roule dans la farine. Quant à Churchill, il est vieux, et, contrairement à de Gaulle, il ne croit pas en son peuple. Celui-ci, au mieux, ne peut que résister héroïquement face aux Huns, en attendant les Américains. Il est entre les mains de Roosevelt. Et il se désole de son aveuglement.

(Réflexions venues de La conférence de Yalta racontée par les Dossiers de l’histoire. France Culture.)

Au secours Winston ?

How will the UK government pay for much-needed infrastructure upgrades?
High energy bills and a troubled water sector trigger debate about which private finance schemes provide value for taxpayers

Financial Times du 13 octobre

L’Angleterre est dans le même état que la France. Elle se réveille avec la gueule de bois d’années de gloire. Plus rien n’y fonctionne et pourtant elle est criblée de dettes. Elle n’a pas les moyens des réparations dont a besoin en urgence le pays.

Mais qu’est-ce qui a bien pu lui arriver ? Pourtant la rhétorique de ses dirigeants fut magnifique. Comment, avec d’aussi indiscutables raisonnements, en arriver à une si pitoyable situation ?

Et si l’on se penchait sur notre passé ? Un peuple qui ignore son passé se condamne à le revivre, nous répète-t-on ces derniers temps. Décidément Winston Churchill avait le sens de la formule ! Faisons ce que nous disons ?

(Citation en VO : “Those that fail to learn from history are doomed to repeat it.” Winston Churchill.)

The Stalin Affair

Hitler attaque Staline. Quel est le moindre des deux maux, se demandent Churchill et Roosevelt ? Ils choisissent Staline. Un Staline qui, un moment, est prostré tant il est pris par surprise.

On l’a oublié, mais les USA ont apporté une énorme quantité de matériel à l’URSS. Aurait-elle pu résister sans cela ?

La BBC consacrait une série d’émissions aux relations personnelles qu’ont eues Staline, Roosevelt et Churchill, et leurs proches. Cela ressemble étonnamment à ce que dit de Gaulle dans ses mémoires. On est en face de simples mortels. Mais, ce que ne dit pas de Gaulle, probablement parce qu’il est trop bien élevé pour cela, est à quel point ils sont en mauvaise santé. Roosevelt est moribond, Churchill, alcoolique, donne des signes de sénilité. Staline, physiquement, a quelque-chose d’un monstre. Mais c’est le plus habile de la bande.

Sa stratégie est celle de Poutine, et des Tsars : s’isoler en asservissant les nations limitrophes. Roosevelt, que l’émission qualifie régulièrement de « naïf », le laisse faire en échange de son appui contre les Japonais (dont il n’aura pas besoin). Churchill comprend qu’il va se retrouver seul face à Staline. C’est la raison pour laquelle il milite pour que la France de De Gaulle retrouve sa place, et pour que l’Allemagne reprenne rapidement forme.

Ce n’est pas pour autant qu’il ne fait pas preuve d’un rien de perfidie. Comme l’avait vu de Gaulle, il essaie de négocier avec Staline le maintient de l’influence de l’Angleterre sur l’Europe du sud.

L’histoire ne tient pas à grand chose ?

Churchill

Churchill était un raté. Il a vécu dans l’ombre de son père, Lord Randolph Churchill, quelqu’un d’extrêmement brillant, promis aux plus hautes fonctions politiques, mais mort prématurément, et qui avait toujours méprisé son fils. J’ai retenu cela d’une émission de la BBC.

Churchill a-t-il changé le monde en voulant singer son père ? Il est étrange à quel point l’histoire tient à peu de choses, et à quel point ceux qui vivent dans la vénération des grands hommes peuvent se tromper ?

(Curieusement, il ressemblait aussi à de Gaulle. Tous les deux, dès leur adolescence, avaient écrit qu’ils sauveraient leur nation, et tous les deux sont arrivés au pouvoir très tard, et, dans les deux cas, lors d’une crise existentielle.)

L'homme qui disait non

Le général (à titre provisoire) de Gaulle manqua-t-il d’éducation ? Sans Churchill, ce colonel à la carrière médiocre n’aurait été rien. Or, non seulement de Gaulle n’a pas cessé de contrarier Churchill. Mais, en 63, il a refusé l’entrée de la Grande Bretagne dans le marché commun. Un choc. Sujet étudié par la BBC. 

Il ressortait de l’émission que de Gaulle faisait une différence entre sa personne et la nation. Il défendait la France. Et son intransigeance a été bien plus efficace que les bonnes manières d’autres nations vaincues, hébergées par l’Angleterre pendant la guerre. 

En 63, il craignait que la Grande Bretagne ne fasse du projet politique qu’était l’UE, un projet économique, et que, de surcroît, elle y infiltre les USA. 

Ce en quoi il semble avoir eu raison. 

Mais il n’est pas interdit de penser que sans le passage de l’Angleterre dans l’UE, et le chaos qu’elle a provoqué, l’UE n’aurait pu devenir un projet politique. Ses membres n’ont plus d’alternative : union ou disparition. 

Réac Churchill

Conférence, ancienne, sur Churchill (France Culture). Churchill aurait été une sorte de réactionnaire qui en serait resté à l’ère victorienne. En outre, pour lui, l’Angleterre était le champion des libertés, qui organisait la défense contre l’oppression (Napoléon, Louis XIV ?). Les autres hommes politiques eux, étaient… des politiques. Tout était compromis et négociation. En ces temps, il y avait des nationalistes, et des socialistes. Et on s’entendait avec eux. Hitler ? Nationaliste ET socialiste : business as usual. 

Dans cette histoire, ce serait le peuple qui aurait été intelligent. Il a compris que, pour mener une guerre, il avait besoin d’un Churchill, même s’il retardait. Mais, lorsque la guerre s’est achevée, il a fait revenir l’homme politique ordinaire, le dribbler. 

Drôle d’histoire ? Une élite de pendules arrêtées ? N’y aurait-il que la société, qui serait douée d’une réelle intelligence ?

De Gaulle et Churchill

Il a longtemps été dit que de Gaulle avait un comportement que Churchill trouvait irritant (sentiment largement partagé, d’ailleurs).
J’entendais tout à l’heure une émission qui donnait une explication intrigante de ce désagrément.
À partir du moment où l’Amérique est entrée en guerre. Churchill a dû obéir à Roosevelt, ce qui l’a contraint à renier des engagements qu’il avait pris auparavant avec les Français. La seule présence de De Gaulle lui rappelait son statut de puissance de second rang. Ce qu’il n’aimait pas. Exemple de conditionnement pavlovien ?