Chômage structurel aux USA

Nouvel épisode de l’enquête sur le chômage aux USA. Je révise ma position :
Certes les entreprises augmentent leurs bénéfices, réduisent leurs emplois, n’investissent pas… Mais ce serait parce qu’elle juge que leur marché va se contracter. Effectivement, dans de nombreux domaines (notamment l’automobile – peut-être aussi le transport aérien), l’industrie était en surcapacité.
Ce qui signifie peut-être qu’un changement structurel est en cours : les précédentes décennies ont vécu d’illusions (dette, poids des banques…), l’économie se redéploierait. Problème : vers où ?
Compléments :
  • L’article dit que les bénéfices comptent pour une part croissante du PIB : dans le langage de la matrice BCG, nous avons des vaches à lait, mais plus de dilemmes ou de stars…
  • Quelques autres épisodes : Chômage et USA, Déséquilibre structurel américain.

Chômage en France

C’est bizarre que l’on parle si peu de chômage. Pourtant il semblerait que la population active vienne de prendre son plus gros choc depuis 1976 ! Va-t-elle redresser la tête ou rester définitivement déprimée ?
Risque-t-on d’avoir des problèmes structurels comme aux USA ? Les emplois perdus semblent venir d’entreprises disparues : étaient-ce des constituants importants du tissu économique victimes d’un trou d’air, ou des inefficaces tués par la sélection naturelle ? En tout cas, c’est à nouveau l’industrie qui a trinqué (168.000 pertes d’emplois)…

Chômage et USA

Suite de mon enquête (billet précédent, notamment) : comment les USA vont-ils se tirer de leur chômage ? Pour le moment le bout du tunnel n’est pas en vue :
Car les mécanismes de sauvetage américains étaient conçus pour un chômage faible. Et les conditions sont exceptionnelles : en particulier, la crise de l’immobilier fait que les chômeurs ne peuvent vendre leur maison pour s’expatrier. Or, le chômage à long terme est destructeur des compétences…

Chômage et qualification

Les usines américaines embauchent à nouveau. Malheureusement, elles ne trouvent pas de personnel qualifié.
Elles se sont équipées de machines sophistiquées que peu de personnes savent faire marcher…
L’entreprise va-t-elle finir par comprendre qu’elle ne peut se passer d’hommes ? Qu’elle doit consacrer un peu de temps à faire évoluer leur qualification, et qu’elle doit choisir ses machines en fonction de ce qu’ils peuvent faire et non de considérations abstraites ?
Compléments :
  • Le problème n’est certainement pas récent. Il y a plus d’une décennie, un dirigeant d’usine italienne m’en parlait déjà. Il était prêt à payer le salaire de diplômés de maîtrise, mais ceux-ci ne voulaient pas travailler dans une usine… 
  • Si l’entreprise continue à créer des emplois que seule une élite peut remplir, qu’allons-nous faire du reste de la population ? 

Il est bien d'être égoïste ?

Il semblerait que l’Amérique ressemble à la France : le chômage y atteint des sommets, mais ça ne préoccupe plus personne. Dans les années 80 on s’en serait ému.
Ceci pourrait illustrer une idée fixe de ce blog : ce que nous croyons bien évolue avant nos comportements. De ce fait, ceux qui veulent changer la société cherchent d’abord à influencer notre pensée.
S’il est certain qu’il y a eu un effort délibéré pour nous « recoder » (le néoconservatisme), il est possible que le terrain ait été favorable.
Compléments :
  • Culture et changement : BCE, hypothèses fondamentales, valeurs officielles.
  • Je pense aussi que notre attitude à l’emploi a changé. Par exemple, je me trouvais il y a peu dans une queue SNCF ; des jeunes discutaient : l’un venait de donner sa démission ; il était émerveillé de savoir qu’il allait maintenant être payé à ne rien faire pendant 335 jours. 
  • Complément tardif : Paul Krugman semble penser qu’aucun argument économique ne justifiait la remise en cause du système économique d’après guerre, si l’on est convaincu qu’il a fait faillite, c’est du fait d’une manipulation des esprits. 

Chômage américain

Causes structurelles : les compétences licenciées ne sont pas celles réclamées par les secteurs en hausse, en outre beaucoup d’Américains seraient incapables de se déplacer du fait des dettes qui pèsent sur leur habitation.
Une raison qui est plus saine que celle que j’avais imaginée (une économie qui vit des subventions de l’État), mais qui a des implications tout aussi destructrices : existences définitivement fragilisées, et appauvrissement des talents nationaux. 
Compléments : 
  • Cette expérience pourrait-elle inciter les Américains à demander un modèle social de type européen ? se demande l’article.

Chômage :

Cette semaine j’ai parlé de chômage. Qu’en sais-je ?
  • Ce dont on nous a rebattu les oreilles depuis 30 ans est faux. On nous a dit qu’une économie performante créerait de l’emploi. Or, les économistes les plus orthodoxes affirment qu’il y a un taux naturel de chômage (courbe de Phillips), et qu’il est élevé. Or, chacun d’entre nous, et les économistes de plus en plus, sait que si un homme ne trouve pas un emploi à son entrée dans la vie active, ou si sa vie professionnelle est troublée, il a de fortes chances de devenir éternellement inemployable. L’économie de marché créerait naturellement l’exclusion.
  • Une erreur commune est de penser que plus l’on produit de richesses, moins il y a de pauvres. En imaginant que le PIB soit autre chose qu’une vue de l’esprit, nous sommes beaucoup plus riches que nos parents. Pourtant ils connaissaient le plein emploi, nous connaissons la précarité.
  • En fait, le chômage est une question d’entraide sociale. S’il y avait de l’emploi pour tous dans les années 60, c’est simplement que l’État le répartissait. Mais ce système n’a pas su s’adapter aux transformations de l’économie mondiale.
Conclusions provisoires :
  • En l’absence d’une organisation mondiale viable, la nation demeure le niveau pertinent de solidarité sociale, de protection de l’individu.
  • Si elle juge que le chômage est un fléau, elle doit s’organiser pour répartir le travail, mais en le faisant de manière à ce que, globalement, elle résiste à la dislocation de la moins disance internationale.
  • Cela passe probablement, en interne, par la mise au point d’un système de « flexisécurité », et, en externe, en l’imposition aux États concurrents de systèmes de protection sociale équivalents aux nôtres.
Compléments :