L’amical Jacques Chirac

Nathalie Kosciusko-Morizet, hier, faisait de la prospective :

La question est de plus en plus claire : voulez-vous, avec François Hollande, la régularisation massive des sans-papiers, le droit de vote des immigrés, des impôts pour tout le monde, subir le sort de la Grèce et l’Espagne, avec 25 % de chômage, des retraites qui baissent, les salaires des fonctionnaires amputés ?

C’est une polytechnicienne, son avis doit être scientifique. Ce qui m’a amené à regarder l’article que lui consacre wikipedia.

En dehors du fait qu’elle descendrait de Lucrèce Borgia, on y apprend que Jacques Chirac (qui vote Hollande et 25% de chômage, d’après ce que l’on dit) a été à l’origine de sa carrière. En 2002, elle est suppléante d’un député qui devient ministre. Ce qui fait d’elle un député. Ça ressemble à ce qui est arrivé à F.Baroin.

Dommage que nous ne soyons pas tous les amis de M.Chirac. Nous serions députés. Il n’y aurait plus de chômage. 

Le cercle vicieux de l’intermittence du spectacle

J’entendais parler France Musique des intermittents du spectacle, l’autre jour. (L’invité : Pierre-Michel Menger.)

Ce système semble se prêter à de réjouissants cercles vicieux. Il a encouragé le développement de l’offre culturelle, bien. Mais plus elle croît plus se développe le chômage, et plus se fragmente le travail. En effet, l’employeur a intérêt à utiliser beaucoup de gens peu de temps. Les dindons de la farce sont les contribuables, qui paient les intermittents au chômage, et les intermittents, qui ne cotisent pas pour leur retraite, lorsqu’ils sont au chômage…  

Inégalités et crise

Aux USA un cercle vicieux se serait enclenché qui aurait enrichi les plus riches, leur donnant de plus en plus de pouvoir, notamment de déréglementer, donc de s’enrichir… Ce serait leur argent qui aurait envoyé le parti républicain à l’extrême droite, ce qui bloquerait le fonctionnement démocratique du pays. Surtout, ils empêcheraient la relance dont a besoin le pays et ses chômeurs, parce qu’elle prouverait l’utilité de l’État dont ils veulent se débarrasser. En outre, sans chômeurs, la nation ne dépend plus des états d’âme des entreprises, qui perdent tout pouvoir.

Intrigants arguments (Krugman et Wells, Economy killers: Inequality and GOP ignorance – Salon.com)

De l’avantage économique du sénior

Il y a peu, on nous disait que le jeune avait toutes les qualités. Depuis quelques temps, la tendance s’inverse.

Même la créativité ne lui semble plus réservée. Les groupes de rock ne retrouvent-ils pas une nouvelle jeunesse passés les 70 ans ? L’avenir de la création n’est-il pas au mélange de disciplines qui demandent des années pour être assimilées ?… (Enterprising oldies)

Argumentation (de The Economist) suspecte ? À l’époque où les entreprises voulaient réduire leurs effectifs elles prônaient le jeunisme, aujourd’hui elles enjoignent les (vieux) chômeurs à créer leur emploi ? Comme cela, plus besoin de cette coûteuse sécurité sociale dont « nous n’avons plus les moyens » ?  

Il est bon pour l’économie que les vieux travaillent

Il y aurait corrélation entre (faible) taux d’emploi des vieux et des jeunes. Le départ du vieux ne crée pas une place pour le jeune, mais affaiblit l’économie qui n’a plus les moyens de payer les jeunes. (Keep on trucking)

Est-ce pour autant qu’augmenter l’âge de la retraite est une panacée ?

Je n’en suis pas sûr. Tout l’art du changement est dans sa mise en oeuvre, pas dans de grandes mesures tonitruantes. L’entreprise, qui élimine les vieux (les « séniors » de plus de 45 ans) et n’est guère intéressée par les jeunes, doit aussi être aidée à réformer ses usages. Sans quoi nous aurons des classes de chômeurs à vie. 

Pourquoi Apple n’emploie-t-il pas d’Américains ?

En ces temps de chômage, l’Amérique se demande ce qui lui est arrivé. Exemple caractéristique : Apple est monstrueusement rentable, n’ayant pas réellement de concurrents. Pourquoi emploie-t-elle aussi peu d’Américains ?
Apparemment pas uniquement pour une question d’argent. Les actionnaires de la société gagneraient juste un peu moins, mais ses profits n’en seraient qu’à peine affectés.
Ce serait pour des raisons de main d’œuvre. L’Amérique manque de qualifications intermédiaires. (Apple, America and a Squeezed Middle Class – NYTimes.com)
L’offre et la demande ne s’adapteraient-elles pas mécaniquement l’une à l’autre ? Ou est-ce parce que l’Amérique ne fabrique plus chez elle que sa main d’œuvre ne peut s’adapter à ses besoins ? 

Chômage au sud, croissance au nord

L’Europe est divisée, et c’est inquiétant. Le nord embauche, le sud (dont la France) licencie. Le chômage, l’autre ligne de fracture dans la crise européenne – la Tribune

Seule explication structurelle, avancée par l’article : l’entreprise du nord garderait son personnel à temps partiel pendant les périodes difficiles, ce qui lui éviterait de perdre ses compétences. N’y a-t-il rien d’autre ?

Curieusement, en termes de chômage, l’Angleterre est au sud.

Compléments :

  • Autre hypothèse : la France et l’Amérique (l’Europe du sud et les pays anglo-saxons ?) ont délocalisé leur savoir-faire. L’Allemagne (l’Europe du nord ?) l’a développé.

TVA sociale

 

Que penser de la « TVA sociale », renommée « anti délocalisation » ?

Initialement le système de sécurité sociale était une forme d’assurance pour l’employé. Aujourd’hui la sécurité sociale sert essentiellement à rembourser des frais de santé, qui sont pour une part de confort. En outre elle indemnise aussi des inactifs. (Voir Réforme des systèmes de santé.)
Il paraît donc logique de modifier l’assiette de prélèvement, d’autant plus que le coût des cotisations de sécurité sociale semblent désavantager massivement l’entreprise française (cf. graphique, qui vient de wikipedia).

Mais pourquoi la TVA et pas un impôt ?
La TVA fait baisser les coûts des entreprises françaises et augmente les prix de leurs concurrents, et ce à un moment où le crédit est difficile à trouver. On stimule l’économie pour pas un kopeck. Brillant ?
Beaucoup dépendra du comportement des dites entreprises. Vont-elles utiliser les économies faites pour investir ou pour embaucher ? ou pour s’enrichir – ce qui semble leur tendance actuelle ?
Comme le répète ce blog, le changement laissé à lui-même tend à donner l’inverse de ce que l’on en attendait. L’art de la conduite du changement, c’est le contrôle. Le gouvernement aurait probablement intérêt à définir clairement ses objectifs et à négocier avec les acteurs concernés un accord qui l’assure de l’atteinte de ce qu’il cherche, et qu’ils aient intérêt à appliquer. 

Anglais égoïste ?

Les Anglais seraient beaucoup moins solidaires que dans les années 90. Ils pensent de plus en plus que les chômeurs sont trop payés, et que les pauvres n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes.

Conséquence de la crise ? Formatage culturel ?… BBC News – Today – Social attitudes not reflecting ‘Big Society’

En  tout cas, cela arrive à un moment où de plus en plus de gens doivent s’endetter à des taux usuraires (jusqu’à 4000%) pour tenir jusqu’au versement de leur salaire. BBC News – R3 insolvency group says millions turn to payday loans