Autres temps

Il n’y a pas encore longtemps, en Italie du sud, les hommes partaient le matin chercher du travail… Que leur famille ait de quoi se nourrir dépendait de leur succès. (France culture.)

On comprend, dans ces conditions, le succès de la Mafia (ou de la Camorra).

Mais aussi que notre système d’entraide sociale est étonnamment récent. Et, peut-être, que ce n’est pas parce que certains en abusent qu’il faut céder aux injonctions d’autres, dont c’est l’intérêt myope, à le démanteler ?

France chômage

Un observateur de la « chose publique » me disait que les grands groupes voulaient depuis quelque temps procéder à des suppressions massives d’emplois, mais qu’ils n’osaient pas licencier les premiers. Maintenant que le mouvement est parti, ils s’y mettent tous. Y compris Airbus.

Il y aurait eu une phase d’euphorie, une vague d’embauches, après le covid. Elle aurait fait oublier à nos politiques la question de l’emploi. Elle se rappelle à nous à un bien mauvais moment ?

La cigale… ?

Forcer le chômeur à travailler

En Angleterre, comme en France, il est question de forcer le chômeur à travailler.

Voilà qui paraît simple bon sens ?

Mais que veut dire engager quelqu’un contre sa volonté ? Le loup dans la bergerie ?

La solution au problème de l’emploi, alors ? Trouver des personnes motivées pour l’emploi qu’on veut leur fournir, quitte à leur apporter une formation, pour compléter la leur.

(Quant à la démotivation des personnels, elle pourrait résulter du phénomène suivant : nous sommes tous des diplômés, nous entendons par là : des « chefs ». En conséquence, les subalternes sont considérés comme des inférieurs. Et aucun chef ne veut être inférieur. Mat.)

The big one ?

Apparemment, M.Macron voudrait imiter M.Schröder. Message clair : mettre les paresseux au travail, en leur coupant les vivres.

Mais M.Macron s’est-il demandé ce que donnait un paresseux au travail ? Est-ce ce dont ont besoin nos entreprises ?

Le problème actuel de la France est structurel. La formation et les aspirations que donne notre société à ses membres ne correspondent pas à ce dont a besoin l’entreprise. D’où manque de compétence, et dépression. S’il y a des coupables dans cette affaire, c’est, principalement, les amis de M.Macron, nos précédents gouvernements. Comme M.Schröder, ils nous font payer leurs erreurs.

M.Macron semble penser que sa réforme des retraites a montré la faiblesse de son opposition. Mais a-t-il raison ? Si celle-ci considère qu’il s’en prend à la dignité humaine, ne pourrait-elle pas le faire tomber, lui et son gouvernement minoritaire ? (Ce faisant plongeant le pays dans le chaos.)

Aime et fais ce que tu veux

Voir Emmanuel Macron s’inspirer vingt ans plus tard des lois Hartz, toujours très impopulaires en Allemagne car elles ont aussi été le symbole d’une paupérisation d’une partie des travailleurs, ne manque en tout cas pas de piquant… Il suffit de traverser la rue, proposait-il à un jeune chômeur, pour trouver du boulot. Et si la formule devenait réalité, pour le meilleur, comme pour le pire ! (La Tribune de la semaine d’hier.)

Un ami suédois me disait que la France a la réputation, à l’étranger, de traiter ses salariés comme de la m…

Monsieur Macron serait-il fidèle à notre tradition ? Ou jouerait-il avec le feu ?

La malédiction du coût (du travail)

Notre coût du travail est le plus cher au monde. Pourquoi alors que tout le monde en parle. Pourquoi rien ne bouge Medef, Cpme, etc. Paroles, paroles mais rien ne bouge ?

Question qui m’est posée. Mon opinion, que l’on trouvera tout au long de ce blog :

Le problème est celui du chômage. Alors qu’après-guerre, on pensait que le chômage avait créé le nazisme, et donc qu’il ne devait pas y en avoir, depuis un demi-siècle, on s’est mis à licencier, en pensant qu’ainsi on ne garderait que les meilleurs, ou qu’ainsi on pourrait abaisser les salaires. On n’a pas compris que, du fait de l’indemnité chômage, cela faisait remonter le coût du salarié. La solution (…) : au lieu de faire entrer au chausse-pied un être humain dans une entreprise inefficace, ce qui produit la démobilisation dont on parle tant, il faut partir du génie humain pour en faire profiter l’entreprise.  

(Au passage, on voit ici un des effets pervers dont se délecte la systémique : c’est parce que l’on a voulu abaisser les salaires qu’on les a augmentés ! Il est tentant de soupçonner une conséquence d’une forme de paresse intellectuelle : le dirigeant a trouvé fatigant de faire son travail d’innovateur, d’entrepreneur à proprement parler, il a cherché à améliorer la rentabilité de son entreprise par des moyens moins éprouvants.)

Une vie de retraité

« La jeunesse mélenchoniste est persuadée que la solution est le revenu universel et l’inactivité d’une grande partie de la population (sous-entendu le travail sera fait par des IA et des robots payés par les taxes sur les revenus du capital qui travaillera tout seul). » écrit un ami.

Je suis frappé par cette analyse. Je ne m’étais pas interrogé sur la jeunesse mélenchoniste.

Je vois dans cette idée, presque aussi vieille que le monde, une hérésie. La machine ne crée pas le chômage. Au contraire, le principe même de l’économie est le « gain de productivité ». Plus il y a de machines, plus un homme peut produire et plus, collectivement, la société est riche. Si je pouvais produire dix fois plus, j’achèterais dix fois plus !

Comme le dit un livre que cite ce blog, l’art du tailleur de pierre des cathédrales était de concevoir des outils qui lui permettaient de travailler vite et bien.

Bien sûr, la machine pose la question du changement. Mais elle pose surtout celle du fantasme. D’un côté, il y a les Elon Musk, qui rêvent d’éliminer le travailleur. De l’autre il y a leur opposé, peut-être bien le mélenchoniste, qui rêve de ne rien faire.

Pas étonnant que les élucubrations sur l’IA aient eu un tel succès ?

Le chômeur est-il un paresseux ?

Le gouvernement veut réduire les allocations chômage, pour faire baisser le chômage. Bonne idée ?

Qui sont les chômeurs ? D’après l’INSEE, un moins de 25 ans sur 5 est au chômage. De l’ordre de 7% pour les 25 / 50 ans, et moins de 6% pour les plus de 50 ans. Curieusement, pour le chômage long, toutes les classes semblent à peu près au même niveau : 2%. 

Qu’est-ce que cela dit ? Que les jeunes ont du mal à trouver un travail, et que les vieux, une fois licenciés n’en trouvent plus. (D’ailleurs, ont-ils intérêt, dans la perspective de leur retraite, à prendre un emploi mal payé ?) Quant aux autres, il ne faut pas oublier que, avec la bénédiction du gouvernement, le chômage sert de capital d’amorçage à beaucoup d’entrepreneurs. 

Autrement dit, plus que la paresse, il est possible qu’il faille incriminer l’inadaptation de l’offre à la demande, largement due à l’Education nationale qui ne sait former que des intellectuels, les pratiques de l’entreprise, et le manque de mémoire du gouvernement ?  

Paresseux Français

On n’arrive pas à recruter, dit l’entreprise. Notre gouvernement répond : je vais durcir les conditions du chômage !

Au même moment, la BBC dit : la « tech » ne parvient pas à trouver de personnel, la formation doit mettre les bouchées doubles ! 

Il est tentant de voir ici un biais culturel. Alors que tout le monde affirme que la « grande démission » mondiale est liée à une perte de sens, alors que, en outre, on constate que l’Education nationale n’a pas su mettre sur pieds une « formation professionnelle » digne de ce nom, notre gouvernement semble intimement convaincu que le Français est un paresseux. 

Avec de tels a priori, il peut au moins avoir une certitude : ses tourments ne sont pas prêts de s’achever ?

Dindon indépendant

D’après une étude de l’INSEE, 40% des indépendants gagneraient moins que le SMIC et 18% seraient au dessous du seuil de pauvreté (article).

Il y a quelques années nos hommes politiques nous ont poussés à quitter le salariat et créer nos entreprises. Et voilà ce que cela donne. Or, reconnaissent-ils leurs erreurs ?

Ne serait-on pas plus intelligents si, de temps à autres, notre gouvernement faisait un RETEX, un « retour d’expérience », comme l’on dit, fort élégamment, dans l’entreprise ?

(De quoi vivent-ils, ces « indépendants » ? « Le revenu de solidarité active (RSA), qui bénéficie à 5 % des indépendants ; La prime d’activité, allouée à 14 % des indépendants ; L’ allocation adulte handicapé (AAH), ouverte à 1,7 % des indépendants ; Les allocations logement, pour 14 % des indépendants (en moyenne elles représentent 10 % du revenu disponible moyen des ceux qui en perçoivent) ; Les prestations familiales, destinées aux ménages ayant des enfants, et dont 37 % des indépendants bénéficient. » Autrement dit, nos « indépendants » sont dépendants de l’Etat ! – mais ils lui coûtent peut-être moins ainsi qu’au chômage ?)