La Révolution culturelle de Xi Jinping

Christine Okrent parlait de la Chine, il y a quelque temps. C’est devenu, pour l’Occident, un ennemi redoutable. Ce qui est curieux. N’était-elle pas désignée, hier encore, comme un modèle à la « vieille Europe » ? 

En écoutant l’émission, j’ai pensé que nous avions de la chance d’être libres. Et pourtant, la Chine n’a pas que de mauvais côtés : ses dirigeants forcent leurs milliardaires à distribuer une partie de leur argent au nécessiteux, et se préoccupent de la santé mentale des joueurs électroniques. 

Le gouvernement chinois a dit aux capitalistes nationaux : enrichissez-vous ! Or, selon l’expression américaine, le capitaliste, c’est « greed and fear ». C’est l’animalité pure. Le degré zéro de l’intelligence. Voire moins. Donc, maintenant qu’il a fait son office, on le rappelle à l’ordre, façon mafia ?

Tradition de « révolution culturelle » ? L’art du changement à la chinoise ? Jouer sur les forces sociales puis les doucher, une fois qu’elles ont donné ce qu’on attendait d’elles ? 

J’ai toujours regretté que l’on ne prenne pas au sérieux l’anthropologie…

Les Chinois à Moscou

M.Poutine a-t-il envisagé les risques que lui fait courir sa politique belliqueuse ? Coût de troupes d’occupation, sanctions, et surtout amitié chinoise. 

Car l’ennemi de mon ennemi est-il mon ami ? La Russie est tout le contraire de la Chine : un territoire immense, une faible population, des ressources naturelles, une économie ridicule. 

La BBC disait que les Russes apprenaient le chinois. Sage décision ? 

Du plomb dans la supply chain

Les entreprises qui font des affaires avec la Russie s’interrogent. En particulier les banques. C’est ce que je lisais récemment parmi les titres du Financial Times. (« Banks betting on Russia face a new test of their appetite« .)

L’Ukraine est un coup de semonce. La Russie est un pays avec lequel il est risqué de faire des affaires. Mais c’est aussi vrai de la Chine : imaginons qu’elle attaque Taiwan… 

La « supply chain » a été le coeur ignoré de l’ordre mondial de ces dernières décennies. C’est elle qui a rendu possible la mondialisation. Or, ce géant avait des pieds d’argile. Le coronavirus l’a révélé. Mais on n’a pas voulu le croire, car il est plus aisé de se bercer d’illusions que d’effectuer un changement. 

Il serait maintenant sage de prendre les mesures qui s’imposent ?

L'art de la communication

Guerre en Ukraine. On lit qu’elle est imminente, et que M. Poutine cherche à installer une marionnette au pouvoir. On lit aussi, en ce qui concerne la Russie et la Chine, que l’Allemagne dit une chose et en fait une autre. 

Généralement, la communication gouvernementale se résume à « nous connaissons la seule bonne solution, dormez bien, tout doute serait criminel ». Dans ce cas, c’est tout le contraire. Heureux précédent ?

Amis et droits de l'homme

On parle d’un « boycott de la Chine », pour cause de droits de l’homme. 

Pourquoi maintenant, alors que l’affaire ne semble pas nouvelle ? Mais aussi, comme on l’a vu lors de l’histoire des sous-marins australiens, ce type d’action n’est-elle pas, avant tout, un attrape-nigaud pour « alliés » des USA ? 

Il est possible, comme on le voit dans les procès aux USA et comme l’a illustré M.Trump que, dans la culture américaine, l’intérêt individuel soit intimement associé à la notion de « bien ». Comme au Moyen-âge, le jugement de Dieu récompense le gagnant, qui écrit l’histoire, par ailleurs. 

Mais, si l’on n’est pas américain, on peut adopter un autre point de vue. Peut-être estimer que les droits de l’homme sont trop importants pour être associés à ses intérêts, et qu’il n’y a pas que les moyens qu’utilisent les Américains ne sont pas les plus efficaces pour les faire respecter…

James Bond a trouvé son maître, il est chinois

MI6, les services secrets anglais, appellent à l’aide. Ils ne sont pas de taille à lutter avec la Chine. Son effort de guerre technologique ridiculise les moyens anglais. (Nouvelles de la BBC d’il y a quelques jours.)

Il y a quelques années, on entendait parler de la « vieille Europe », et d’une Chine nouvel Eldorado, et nouveau paradis terrestre des forces du progrès. Sommes-nous gouvernés par des innocents ? 

Maintenant, tout est numérique. Les cyber criminels parviennent déjà à paralyser des entreprises. Demain une nation ? Face aux moyens considérables, et à la détermination, des Chinois et autres Russes, les innocents vont-ils reprendre leurs esprits ? 

Virus américano-chinois ?

Origines du coronavirus ? L’hypothèse du laboratoire chinois demeure. (Financial Times.) Il s’agirait d’un laboratoire à faible sécurité et d’une recherche américano-chinoise. 

La raison principale de croire à cette hypothèse est que les Chinois empêchent toute enquête. En outre, si la responsabilité des USA est engagée et que ceux-ci sont notre principal enquêteur, cela augmente la complication de l’affaire.

En tout cas, cela irait dans le sens, aussi, d’une rumeur venue de Chine : que le virus aurait son origine en Amérique. Jamais de fumée sans feu ?

Le droit à l’erreur va avec la transparence, disait un médecin…

Maison de verre chinoise

Fragile Chine ? La sortie d’épidémie (en supposant que ce soit une sortie) semble secouer le pays. « La révolution est comme une bicyclette : quand elle n’avance plus, elle tombe » aurait dit Mao. Faut-il être inquiet ? Craindre une réaction irrationnelle du gouvernement chinois ? Une récession mondiale ?… 

Un sujet à considérer sérieusement.

(Financial Times : « China economy grew 4.9% in third quarter as post-pandemic momentum slows. China’s economic growth weakened in the third quarter as a property slowdown and energy shortages highlighted the country’s incomplete recovery from the coronavirus pandemic, posing a formidable challenge to President Xi Jinping’s policy agenda« .)

Léninisme numérique

La Chine tape sur ses entreprises de la high tech. Ce qui est surprenant, car son succès tient en partie à avoir su développer sa propre Silicon Valley, en fermant ses portes au modèle original. Il y aurait trois raisons :

  • Des irrégularités de gestion. 
  • Le gouvernement chinois veut avoir accès à leurs données, pour contrôler le pays.
  • Réorienter leur activité du frivole au sérieux, pour servir la géopolitique chinoise. 
C’est un rappel à l’ordre. Un rappel que le maître absolu est le parti communiste, et que la Chine est une dictature. Une dictature numérique. 
En Occident on s’enrichit entre deux crises, en Chine, entre deux purges ?

Chine : début de la fin ?

Evergrande, gigantesque promoteur immobilier chinois, est en difficulté. Lehman Brothers chinois ? Faut-il craindre une crise mondiale ? J’entendais un interviewé de la BBC (jeudi dernier) dire que le risque était plutôt un ralentissement de croissance de l’économie chinoise : cette crise appauvrissant le citoyen. Or, la croissance chinoise est le moteur du monde…

Cela m’a rappelé une de mes anciennes prédictions. J’ai pensé que Chine et Japon se ressemblent par leur culture. Et que la Chine connaîtrait un repli après une forte croissance. Or, il se trouve que le repli japonais a commencé par une crise immobilière… Y a-t-il plus qu’une coïncidence ?