Les paradoxes de l'aide

On dit de l’aide aux pays pauvres, que ce sont les pauvres des pays riches qui donnent aux riches des pays pauvres. 

Toujours est-il que je lisais que cette aide n’a pas l’effet escompté. L’Afrique adore M.Poutine, mais pas du tout l’UE, en dépit de toute l’aide qu’elle lui apporte. 

Comment s’expliquer ce paradoxe ? 

La Chine et la Russie sont des impérialistes sans complexes. Avec elles, tout est une question de rapport de forces. 

L’Occident, lui, aimerait tant être aimé. Il donne de l’argent pour cela. C’est un dû. Pourquoi lui en serait-on reconnaissant ? 

(Une hypothèse qui n’est pas si fantaisiste que cela : on dit que, quand l’Occident a apporté la médecine aux pays colonisés, leurs citoyens, qui n’avaient rien demandé, estimaient qu’ils devaient être payés pour faire plaisir aux médecins, et prendre leurs médicaments.)

La fin de l'Occident ?

M.Poutine a certainement compris qu’il pouvait détruire l’Occident. Et que son point faible était l’UE. Non seulement il y a bien peu en commun entre la Hongrie et la Pologne, d’un côté, et la France et l’Allemagne, de l’autre, mais ses nations, elles-mêmes, sont divisées. Et que dire de la Grande Bretagne, parasite de l’UE ?

Surtout, l’Occident a donné au reste du monde la corde pour se pendre. Non seulement, il lui a apporté sa technologie, mais encore, il l’a abreuvé de l’auto-détestation qu’il a pour lui même. Avec un grand paradoxe : les valeurs des intellectuels qui portent cette auto-détestation révulsent les non Occidentaux ! 

La faiblesse de l’Occident, c’est son principe : l’individualisme. Il produit le chacun pour soi. Et son arme d’auto-destruction massive, c’est l’inflation, car elle fait exploser la société entre « profiteurs » et « victimes ». 

Au fond on a ici un exemple de la théorie de Hegel du changement comme dialectique. L’Occident a suivi ses principes jusqu’à l’absurde, la thèse a mené à l’anti thèse. Il doit maintenant se transformer, ou périr. 

Il est heureux que MM.Xi Jinping et Poutine n’aient pas plus attendu pour abattre leurs cartes. 

Chine et USA

 Comment expliquer les aléas des relations Chino-américaines, se demandait BBC 4 (Archive on 4). 

Je retiens qu’au temps de Nixon, Chine et USA avaient un ennemi commun : l’URSS. Ensuite les USA ont pensé que l’économie de marché transformerait la Chine. Grave erreur. 

Pour ma part, je soupçonne qu’il y a eu d’autres mécanismes à l’oeuvre. La Chine a permis à certains de gagner beaucoup d’argent, et, surtout, de faire de très belles carrières. Je me souviens d’avoir discuté avec des entrepreneurs des temps héroïques : ils disaient tous que l’intérêt économique du pays n’était pas tant ses bas salaires que l’absence totale de droits de l’homme : la vie humaine ne comptait pas. (Les exemples qu’ils donnaient, par exemple dans la fonderie, faisaient froid dans le dos.)

Pour autant ce blog cite des travaux universitaires qui montrent que, jusqu’ici, ce type d’argument n’avait pas amené à la délocalisation. Les gains de productivité occidentaux avaient compensé les bas salaires non occidentaux. En fait, les calculs de délocalisation ont omis un point essentiel : qu’il faudrait des années pour former la population locale aux standards occidentaux. Mon expérience « de terrain » me fait soupçonner que la délocalisation s’est faite sur un calcul faux. Mais que, plus ou moins, on le savait. Et cela tient à un autre phénomène de société : la prise de pouvoir par le diplômé. Le diplômé n’est pas « compétent ». Il ne sait que vendre des idées. Et l’idée des bas salaires était crédible. 

Pauvre Ouïgour

Pauvre Ouïgour. Un petit peuple, sur un grand territoire riche en ressources naturelles. La Chine veut l’assimiler, par le camp de rééducation, et l’intimidation. Et il n’a pas d’amis : sa religion est jugée non orthodoxe par les pays musulmans. Surtout, prendre sa défense n’est pas dans leur intérêt économique. 

Voilà ce à quoi me faisait penser Concordance des temps, de France Culture. 

Pourquoi l’Occident s’y intéresse-t-il, maintenant, d’ailleurs ? Une question d’intérêts, aussi ?

Mais, en dépit de son hypocrisie, l’Occident aurait-il une vertu ? Défendre les nations opprimées n’est pas une idée que partagent beaucoup de cultures…

Péril jaune ?

Le covid aurait-il bon dos ? Et si la fermeture de la Chine avait pour but de créer l’inflation en Occident, en cassant la « supply chain » mondiale ? Voilà ce que je lisais ce matin dans la lettre de Politico.eu. (Après un autre article qui soupçonne M.Poutine de vouloir déclencher une famine qui amènerait l’Europe a être submergée par l’immigration.)

Les régimes autoritaires se seraient-ils engagés dans un bras de fer avec les démocraties ? Entre infiltration de partis « populistes », et manipulation des élites (cf. billet sur HSBC), le coup était préparé depuis longtemps, probablement. 

Stratégie du « voleur chinois » ? Pas de confrontation directe, ce qui provoquerait une mobilisation générale, mais jouer sur la faiblesse de la démocratie : l’intérêt individuel ? 

(Ou théorie du complot, qui contaminerait les hautes sphères ? se demandait un ami.)

Les malheurs d'HSBC

HSBC va-t-il être coupé en deux ? C’est ce que demande un investisseur chinois, depuis quelques temps. 

Il y a quelques années, HSBC a installé son siège à Hong Kong. Pied de nez à la vieille Europe, ai-je pensé.

Aujourd’hui, HSBC se trouve pris entre deux feux. D’ailleurs, la demande de l’investisseur est surprenante, car HSBC semble avoir, surtout, basculé du côté chinois, où est la majorité de ses intérêts. Après la taupe russe, la taupe chinoise ?

La Chine, c’est l’avenir, pensait l’élite mondiale. Au diable le vieil homme occidental frappé d’obsolescence…

(HSBC pourrait faire appel, en cas de malheur, à celui-la même qu’elle jugeait condamné par l’histoire : le contribuable anglais. Article.)

Fragile Chine ?

La Chine va-t-elle tirer les marrons du feu ukrainien ? Paradoxalement, non. Elle aurait ses propres problèmes. Omicron, qui a semblé bénin chez nous, serait une calamité pour son économie. Non qu’il soit plus méchant qu’en Occident, mais du fait de sa politique zéro Covid, non compatible avec un virus contagieux. Politique, surtout, qui était supposée faire la leçon à un Occident décadent. Difficile de changer de cap dans ces conditions. 

Bref, la Chine n’a pas intérêt à une crise économique supplémentaire. Et donc qu’à ce que la guerre en Ukraine dure.

Comme on dit en Chine, lorsque l’on vit dans une maison de verre, on ne jette pas de pierres ? L’effet de serre ? 

(Inspiré par Affaires étrangères, de Christine Okrent, la semaine dernière.)

Economie et politique

Jusqu’ici il n’y avait pas de lien entre économie et politique disait, en substance, un invité de Christine Okrent (France Culture). Mais cela vient de changer avec l’invasion de l’Ukraine. 

Une remarque bien innocente. Cela arrangeait beaucoup de monde de faire des affaires avec les Russes et surtout les Chinois. Mais ces derniers ne cherchaient qu’à acheter à l’Ouest la corde pour le pendre. Les Chinois ont exposé ouvertement leurs plans. Si l’on entendait moins parler du projet des Russes, cela tenait à l’insignifiance de leur pays. L’intérêt rend sourd et bête. 

D’ailleurs, c’est peut-être aussi leur intérêt qui a abusé les Russes et les Chinois. Ils avaient intérêt à croire au déclin dont l’Occident donnait tant de signes. 

Pitoyable Russie ?

Il faudrait 500.000 hommes à la Russie pour tenir l’Ukraine, disait un invité de la BBC dimanche dernier. Ce qui lui demanderait de déclarer la mobilisation. Ce qu’elle ne veut pas faire. 

J’ai aussi entendu dire que la tactique qu’elle a adoptée a échoué, probablement du fait de la faible qualité de ses troupes. Et que les dysfonctionnements de ses équipements auraient pour cause la corruption qui ronge le pays. 

Bref, M.Poutine a probablement été victime de ses illusions. L’amour de la patrie est aveugle. 

En tout cas, sauf si, pour ne pas perdre la face, il fait sauter la planète, avec de tels moyens militaires, une invasion d’autres pays semble peu crédible. 

Si les sanctions économiques occidentales sont efficaces, cela pourrait aussi être un avertissement pour la Chine, et ses velléités d’invasion de Taiwan. Contrairement à ce que je disais, bien que beaucoup plus riche que la Russie, elle est aussi plus sensible aux sanctions économiques. En effet, elle semble avoir besoin d’un très fort taux de croissance pour éviter le mécontentement populaire… 

(En outre, remplacer la Chine serait certainement un exercice qui enchanterait les entrepreneurs occidentaux. Et peut-être aussi les nations dont elle a annexé les terres.)

Objectif Chine

Le problème du monde, c’est la Chine. Car si l’humanité survit à la guerre de M.Poutine, il faudra faire face à l’invasion de Taiwan. Or, la Chine n’est pas un nain comme la Russie, c’est le bénéficiaire des « délocalisations ». Nous avons fait sa puissance, et notre économie est entre ses mains. 

La Chine et la Russie haïssent l’Occident. Comme l’Allemagne du 19ème siècle, qui n’a pas compris les intentions universalistes de la France, et n’en a retenu que les prouesses guerrières, ces pays ont mal interprété l’histoire récente. Certes, il y a eu des crises, et ils en furent victimes. Mais, elles n’étaient que des conséquences imprévues de bonnes intentions. L’Occident est fondamentalement pacifiste. 

C’est ce dont il faut convaincre la Chine. Mais il faut aussi l’aider à ouvrir sa pensée à d’autres moyens d’action que la guerre. Elle ne doit pas répéter nos erreurs. Surtout, elle doit comprendre qu’elle n’est pas chinoise : de son communisme à son économie, elle a été modelée par les valeurs occidentales ! Elle a besoin de notre expérience !

Finalement, il faut attaquer le coeur du problème. Pourquoi ne peut-on pas faire confiance à « l’homme blanc » ? (En particulier, quand on est soi-même un « homme blanc ».) Pourquoi a-t-il, comme le disaient les Indiens, une « langue fourchue » ? Car, tant qu’un mauvais coup sera possible, l’humanité sera en danger.

Nous avons besoin d’aide pour répondre à cette question. 

Echange de bons procédés ?