Le retour en grâce de l’ingénieur ?

Les LED semblent avoir un grand avenir lisais-je. La science anglaise progresse. Seulement, l’article m’a mis en face de noms chinois…

Lorsque j’étudiais l’ingénierie en Angleterre, j’ai eu la surprise de découvrir que, dans mon cours, les Anglais étaient non seulement une infime minorité, mais surtout totalement « en dehors du coup ». A tel point que je m’étais demandé s’il n’y avait pas un quota d’autochtones, façon « affirmative action ».

Il m’est venu l’idée suivante. La fameuse « élite » qui a façonné le monde à son image est une élite littéraire (plus exactement, « politique »). Et si c’était pour cela qu’elle a jugé que le métier d’ingénieur était bon pour les pays de second rang ?

Et si le retour d’une économie productive exigeait de former à nouveau des ingénieurs dignes de ce nom. De ceux qui ont fait la révolution industrielle. Qui soient heureux de créer, dans tous les domaines productifs, pas uniquement dans le logiciel ou la finance, et qui ne se prennent plus pour de grands chefs ou de profonds esprits ?

Nom du changement : productivité ?

Qu’on le veuille ou non, il va falloir produire dans des pays à « coûts élevés ».

Déjà, disait un précédent billet, par peur de défaut de la « supply chain », on rapproche des clients les centres de fabrication finale. Les Chinois réduisant leurs exportations de matériaux critiques, il va falloir les extraire de nos sols. Dernièrement il était question de mines de lithium au Cornwall (alors que l’on dit que ce type de mines est particulièrement polluant).

Tout cela fait que l’inflation n’est pas finie ! Elle ne fait que commencer.

Comment la contrer ? L’innovation, si possible radicale, et le gain de productivité. Nos dirigeants vont devoir apprendre à faire leur métier.

Gens de Pékin

La Chine du début du siècle dernier, en quelques nouvelles.

Extrêmement déprimant. Des misérables condamnés par le sort, des révoltés, tout aussi condamnés, ou de sinistres crétins. Et eu égard au statut de grand homme de l’auteur, je doute qu’il ait écrit avec le style que lui prêtent ses traducteurs.

(J’étais sur le point de dire qu’il est difficile de traduire le Chinois, lorsqu’il m’est venu à l’esprit que j’avais rencontré de remarquables traductions.)

Faut-il évoquer Flaubert, Madame Bovary et Bouvard et Pécuchet ? L’intellectuel ne voit-il du monde que la bêtise, et la misère ?

Modèle allemand

L’Allemagne est dans une situation inconfortable. Pendant longtemps elle s’est donnée en modèle. Il fallait, comme elle, avoir un excédent commercial. Elle vend à la Chine et aux USA, et achète à la Russie.

Tous ces gens sont en guerre les uns avec les autres, et n’acceptent plus ses excédents.

Elle pourrait se tourner vers l’Europe. Seulement, aujourd’hui, si je comprends bien ce que je lis, elle semble tentée de ménager la chèvre et le chou (l’UE n’étant aucun des deux), en leur donnant des gages.

(Depuis que j’ai découvert les cultures du nord, je me demande si leur définition de la solidarité n’est pas, pour tout le monde, d’adopter leur position, puisqu’elle est la seule bonne. Les Anglo-saxons parlent de « Pharisiens ».)

5ème colonne ?

China’s dominance of solar poses difficult choices for the west
The unpalatable truth is that green technologies mean we will have to find ways to co-operate with Beijing (Financial Times)

Plutôt rouges que morts ? Les Verts seraient-ils les idiots utiles de l’impérialisme chinois ?

Faut-il renoncer à toute défense des droits de l’homme, pour éviter à la planète de chauffer ?

Ou faut-il faire preuve d’un peu d’esprit d’entreprise et se dire que certains moyens ne sont pas permis, et qu’il faut en inventer d’autres ?

Equilibrisme mondial

Numéro d’équilibrisme disait Arancha Gonzalez, ancienne ministre des affaires étrangères espagnole, à Christine Ockrent (Affaires étrangères, France culture, la semaine dernière).

Le monde est en équilibre instable. « Derisking China » est à l’ordre du jour. Paradoxalement, les USA comprendraient être allés trop loin dans la dénonciation de la Chine.

En tous cas, ce qui est certain est qu’on ne peut pas compter sur les USA. A tout moment ils peuvent être victimes d’un coup politique tordu, qui les amène à revenir sur tous leurs engagements. Trump n’est que l’a partie émergée de l’iceberg.

L’Allemagne est, de nouveau, l’homme malade de l’Europe. Elle a fait le pari du marché chinois et du gaz russe. C’est raté. (Et, en plus, sa population est vieille désormais, aura-t-elle l’énergie d’un nouveau changement ?)

Quant aux émergents, ils semblent commencer à émerger, et à peser.

Une chance pour l’Europe, apparemment. Car sa relative modération pourrait être dans l’air du temps. (A condition qu’elle oublie son complexe colonialiste ?)

Derisking China

« Derisking China », le problème que doit résoudre le G7, disait la BBC, ce matin.

Cela signifie : continuer à commercer avec elle, mais sans en dépendre.

(Derisking China peut aussi signifier faire moins d’affaires avec elle, car la puissance économique nourrit l’agressivité chinoise ?)

« Derisking » est peut-être le maître mot du changement que vit actuellement l’humanité. Pas question de revenir sur les gains de la « globalisation » et de perdre le contact les uns avec les autres, mais à condition d’en limiter le risque. Cela vaut des affaires comme des microbes…

Monde 3.0

Le temps des camps est fini. Nous en sommes au multi-alignement. Un pays, en fonction de ses intérêts, appartient à tel ou tel groupe de nations. C’est ce que j’ai entendu dans Affaires étrangères, de France Culture, la semaine dernière.

C’est, curieusement ?, la logique de « l’innovation ouverte ». Une logique de projets menés avec des groupes ad hoc.

Les Américains et les Chinois, puissances manichéennes, vont-elles se plier à ce nouveau modèle ? Et quid des droits de l’homme ?

En tous cas, l’hypocrisie a du plomb dans l’aile, ainsi que les solutions simplistes.

Démocratie durable

Xi Jinping n’est plus entouré que d’amis. Va-t-il, comme M.Poutine, maintenant qu’il arrive en fin de vie, s’inquiéter de son héritage, et envahir Taiwan, afin de s’assurer qu’il laisse à ses successeurs une grande nation ?

Je me suis posé cette question.

La paradoxe des régimes totalitaires est qu’ils n’ont pas confiance en l’avenir. Ce qui leur est généralement fatal. Les dirigeants des démocraties étant sans importance et remplaçables à volonté n’ont pas les mêmes soucis de l’histoire. Ce qui rend leur régime durable.

Comment rendre notre pays démocratique ?

Stratégie chinoise

J’entends parler de la Chine, à droite et à gauche.

Première observation : il est amusant à quel point nos intellectuels si prompts à nous accuser d’être des complotistes, le sont facilement. Il n’en faut pas beaucoup pour qu’ils prédisent que le coronavirus va faire des ravages en Chine. La voix de la raison, lorsqu’elle se fait entendre dans leurs débats, leur rappelle qu’il ne faut pas exagérer : la variante actuelle du virus est peu mortelle. (Le Chinois tirerait-il les marrons du feu ?)

Quant à la désorganisation chinoise, elle n’est pas plus terrible que la nôtre au début de l’épidémie.

C’est peut-être d’ailleurs l’enseignement qu’ont tiré les Chinois : l’amateurisme occidental est efficace. A ce sujet, mon biais de confirmation a été flatté par la conclusion d’une émission de Christine Ockrent sur ce sujet, qui disait, comme moi, que la Chine est pragmatique.

Pour le reste, elle s’est remise à diviser l’Occident pour régner, et les gouvernements européens, seraient tout à fait prêts à l’écouter, à condition qu’elle soit discrète. Caractéristique de la démocratie européenne : pactiser avec le diable plutôt qu’affronter le mécontentement populaire ?