Z pour Zombie ?

We must stop the smartphone social experiment on our kids
China has been way ahead of the west in seeing the dangers of raising a generation of zombies

Financial Times du 30 mars

Génération Z pour Zombie ? Il n’y a peut être pas que le smartphone en cause. Curieusement les courants dominant notre société croient à la puissance de la parole et de la manipulation des esprits. Qu’il s’agisse du capitalisme triomphant post mur de Berlin et de sa publicité et de ses bulles spéculatives ou des courants « socialement avancés », qui font la promotion de la femme, du genre, du climat, etc.

A-t-on pensé à l’impact que toute cette manipulation peut avoir sur un esprit en formation ? N’est-ce pas pour cela, que, jusque-là, on essayait de le protéger ?

(Les Chinois ont peut-être bien compris tout l’usage qu’ils peuvent tirer des réseaux sociaux : Affaires étrangères, de France culture, faisait remarquer, samedi 23, qu’alors qu’ils les interdisent chez eux, ils ont inventé TikTok, qui est ce qui se fait de mieux en termes de destruction de cerveau occidental.)

Les bonheurs de la guerre

Que feraient les Russes sans la guerre ? se demandait Affaires étrangères de France Culture.

La guerre enrichit les pauvres ! L’économie se porte bien, les soldats sont payés 10 fois leur salaire usuel et avoir un mort au combat fait la fortune d’une famille. Pourquoi s’arrêter, dans ces conditions ?

Et la Chine compte de plus en plus pour la Russie. Ses voitures sont partout, mais on n’a pas le droit de le dire.

Alors, camarades, n’ayons pas peur que la guerre s’arrête : la Chine est l’avenir de la Russie ?

Soleil couchant

Posen utilise la métaphore du covid long à propos de l’économie chinoise. L’image a l’intérêt de souligner la complexité et l’incertitude du mal économique qui s’est fait jour en Chine.

Article

Une de mes plus vieilles théories est que la Chine connaîtra le destin du Japon. Explosion suivie d’un repli sur soi. Avec une incertitude : un incident qui provoque une guerre mondiale. Ou quelque-chose d’approchant. Justification : une question de culture.

Ai-je raison ? Le pays vieillit. Je m’en doutais, mais l’article le confirme : il a été victime du rapport du club de Rome. C’est à cause de lui qu’il a décidé de l’enfant unique. Et il pourrait s’en mordre les doigts.

Surtout, la reprise en main du pays par le parti communiste semble avoir paralysé l’initiative individuelle.

Taiwan

Taiwan : prochaine guerre mondiale ?

Apparemment, le Chine n’aurait pas choisi la stratégie de M.Poutine, mais celle des Américains. Elle veut asphyxier Taiwan, en rendant le droit chinois extra-territorial, et en sanctionnant quelques individus néfastes. (Affaires étrangères, de France culture.)

On nous rebat les oreilles de l’histoire de génies auxquels nous devrions tout, alors que l’homme apprend essentiellement par l’imitation ? La mode est autant politique que vestimentaire ? « Validation sociale » dirait la psychologie ?

Matteo Ricci

L’histoire de Matteo Ricci est une histoire de conduite du changement.

Il est arrivé en Chine pour la convertir. Mais il a vite compris que, vue la sophistication de la société, et son colossal complexe de supériorité, les trucs usuels ne marcheraient pas. Le client ne serait pas facile à épater. Il fallait la connaître de l’intérieur, et jouer avec ses codes. Alors il a étudié le Chinois, s’est fait un habit de mandarin, et a cherché dans la culture nationale ce qui pourrait le servir. Il aurait en particulier marqué des points en attaquant la Chine sur sa force, le dit complexe de supériorité : il a produit une carte du monde, dont elle n’avait pas conscience.

Eut-il du succès ? Il s’est fait un nom pour lui-même. Apparemment, il fait partie du panthéon chinois. En revanche, il n’a converti qu’une poignée de marginaux. La faute en reviendrait, en fait, au pape, qui aurait « cassé sa baraque », en interdisant qu’il tolère le culte des ancêtres. Encore un qui n’avait rien compris à la conduite du changement ?

(Idées venues de In our time, de la BBC, as usual.)

Brics et Crics

Un temps, il n’y en avait que pour les Brics, un concept inventé par quelque consultant (en fait un économiste de Goldman Sachs, selon wikipedia). Si vous en doutiez, vous étiez, comme aujourd’hui pour les sujets à la mode, un déplorable obsolète. L’avenir avait fuit, emmené par son élite éclairée, l’Occident.

On imagine que le dit consultant doit maintenant avoir une autre théorie, à laquelle il tient toujours aussi fort. Ce n’est pas la girouette qui change…

Quant aux Brics, ils ont pris une mine méchamment patibulaire. Il y aurait de quoi refaire l’affiche de « usual suspects » avec leurs leaders. Les Brics sont devenus Crics : Chine, Russie, Iran, Corée du nord. Le plus curieux est que les deux premiers semblent aux mains des deux seconds, alors que ceux-ci paraissent faméliques…

Un bénéfice du changement ? Il a révélé les vertus de la démocratie. C’est peut-être le chaos, mais le chaos, c’est la vie !

Péril jaune

La Chine va-t-elle liquider l’industrie automobile européenne ?

Intéressante histoire. La Chine s’est rendu compte qu’elle n’arriverait jamais à égaler les automobiles traditionnelles européennes. Or, l’Européen hurlait à la mort et demandait toutes affaires cessantes la voiture électrique, sans rien faire pour s’y préparer. Et l’Europe est le paradis du libre échange !

Aussitôt fait, aussitôt dit, Basile est un dégourdi. Et l’Europe se trouve gros Jean comme devant.

Comment s’en tirer ? L’Europe va devoir faire ce qu’en statistiques on appelle du « bootstrapping » : se soulever en tirant sur ses lacets. Elle va devoir user de son pouvoir de nuisance, pour faire vaciller une Chine qui est, en fait, fragile. Mais, pour cela, il va falloir qu’elle réconcilie les intérêts, extrêmement divergents, de ses parasitismes constitutifs. Et prenne garde de ne jamais tourner le dos à son grand ami américain.

Voilà ce que j’ai retenu d’Affaires étrangères de Christine Ockrent (France culture). Elle disait, élégamment, que, pour nos élites, le temps de l’innocence était fini. Bootstrapping et back stabbing, bienvenue sur terre ?

Achille américain

Les Chinois manoeuvrent pour remplacer le dollar comme devise internationale.

C’est probablement intelligent. Car sans dollar, il est possible que les USA ne seraient plus rien. Grâce à lui, le monde finance leur déficit, qui finance leur puissance ?

Je soupçonne, à tort ou à raison, qu’ils doivent ce monopole à leur armée. Et que M.Trump serait bien sot de demander à ses alliés de payer leur défense.

Quant aux Chinois, apparemment, ils auraient peu de chances de réussir : car faire de leur monnaie un bien commun les priverait d’un moyen de contrôle de leur nation. Etre une démocratie n’a pas que des inconvénients ?