Etonnante eau

H2O est une molécule étonnante !

Une de ses particularités, c’est que l’eau liquide est une sorte de solide : l’atome d’oxygène étant relié à 4 atomes d’hydrogène, fermement s’il s’agit des propres atomes de la molécule, et moins solidement, pour les atomes d’hydrogène appartenant aux molécules adjacentes. Du coup sa température de fusion (gaz) est très élevée par rapport à des molécules qui semblent similaires.

En outre, cette propriété fait qu’il y a une forte tension de surface, qui permet à certains insectes des se promener, quasiment, à pied sec sur l’eau. Cela fait aussi que l’eau tend à se replier en petites sphères.

Et la glace est un des rares exemples de phase solide qui flotte sur une phase liquide.

Et il y a beaucoup d’autres propriétés, comme le transport de calories, que nous utilisons dans notre chauffage, qui sont surprenantes, pour l’esprit qui n’est pas blasé de tout.

J’écoutais dire cela à In our time, de la BBC, et je me disais, une fois de plus que l’enseignement de la complexité est merveilleux.

Enzymes

Les enzymes sont des catalyseurs extraordinaires. Ils permettent de réaliser en une seconde une réaction qui aurait demandé, sans eux, la durée de vie de l’univers !

Le monde n’est qu’effet accélérateur, qui transforme le « micro », en macro. Le battement d’aile du papillon en cyclone, ou le garnement en milliardaire.

Ces effets sont partout, sauf dans notre enseignement.

(Inspiré par In our time de la BBC.)

Douce énergie

L’énergie est le propre de l’homme. C’est ce qui frappe lorsque l’on compare la changement naturel, et le changement humain. La nature fait un usage extraordinairement économe de l’énergie. 

Paradoxalement, l’homme s’est venté de son génie, alors qu’il est extraordinairement inefficace. Quoi de plus inefficace qu’un avion, ou, surtout, que le « cloud » et, demain, le « metaverse » ? 

Bien sûr, la nature fait les choses lentement. Son unité de temps est le milliard d’années. Mais qui nous dit que, avec nos moyens, nous aussi nous pourrions adopter une autre voie ? D’ailleurs, il y a déjà quelques exemples à suivre. Leur métier ? la chimie douce…

PH

« en général, un shampooing extra doux est un shampooing destiné aux bébés (jusqu’à 4 mois environ). Pourquoi ? Tout simplement parce que son pH de sa peau et de son cuir chevelu est neutre (7). Alors qu’un adulte, son pH est de 5,5, donc acide. Ce « manteau acide » des cheveux et de la peau joue une fonction « barrière ». Il permet de lutter contre le développement des germes et il augmente la fabrication des céramides de la couche cornée. Alors, pour les cheveux stressés, il n’y a rien de mieux que de choisir des soins avec un pH entre 4.5 et 5.5. » me dit une amie. 

Ce qui m’a rappelé les cours de chimie. pH, n’est-ce pas -logarithme de la concentration de H+ ? Vagues souvenirs. Je vais me renseigner chez wikipedia, et découvre, une fois de plus que l’Education nationale m’a raconté des bêtises. Les définitions modernes parlent bien de H+ (proton), mais en précisant qu’il y aurait une question « d’activité » du dit proton, dont le calcul semble ressortir à l’art. 

Le pH est une question d’acides (moins de 7) et de bases (plus de 7). Eh bien, attaquer le problème sous cet angle ne l’éclaire pas vraiment. Apparemment, on a commencé par découvrir qu’il y avait des acides, et des bases. Mais sans donner à cela une définition très claire. Puis la science s’en est mêlée. Elle a trouvé des définitions, qui, à chaque fois, ont rencontré des limites. Il y aurait même une théorie qui ne parlerait pas de protons, mais d’électrons. 

Est-ce l’empirisme qui a eu le dernier mot ? Comme l’intelligence, on définit l’acidité par sa mesure ? Est acide ou basique, ce que les instruments de mesure trouvent acide ou basique ?

Jacques Livage

Jacques Livage, professeur au Collège de France, travaille sur une des disciplines qui a peut-être le plus gros potentiel économique : la chimie douce. C’est faire, quasiment sans énergie, ce qui demande ordinairement de grandes destructions. (Notamment le verre.)

Son succès est aussi celui des écoles de Chimie. En particulier de l’ESPCI. En dépit du fait que ce fut l’école de Pierre et Marie Curie, elle a toujours été considérée avec un certain mépris. Elle n’était pas assez mathématique et théorique. Or, au moment où les grandes écoles se trouvent à la fois au ban du classement de Shanghai, et dans un état financier précaire, elle leur fait un pied de nez. Car, non seulement ses chercheurs et diplômés ont décroché des prix Nobel (Charpack, de Gennes), mais surtout, ils ont déposé des brevets qui lui rapportent une montagne d’argent (Lewiner). Mieux, alors que l’on nous dit que, dans un monde régenté par Shanghai, il n’y a de salut que dans la taille, cette école est minuscule.

Et s’il y avait là une recette que notre super élite intellectuelle n’a pas comprise : faites de l’utile, Shanghai vous aimera, et vous serez riches ?

Méfiance et écosystèmes

Les tendances du moment. Ce qui caractérise les marques, c’est la méfiance qu’elles inspirent au marché. Les entreprises se demandent comment le manipuler pour qu’il les aiment de nouveau. Il faut prendre le peuple par les émotions. En effet, la société américaine est lasse des donneurs de leçon et de leurs grands principes (les droits de tels ou tels…). L’argent étranger fuit les pays émergents. Il revient aux USA, depuis qu’ils ralentissent leur politique d’innovation monétaire. Hier, on les appelait les BRICS, aujourd’hui, ils sont « fragiles ». Mode des écosystèmes. Le paresseux à trois doigts est un champion de l’économie d’énergie. Sa recette ? Il entretient sur son pelage une algue, des champignons et une mite. Tout cela fournit une partie de sa diète. L’ordinateur va-t-il remplacer l’enseignant ?Il pourrait aider à corriger les faiblesses de l’enseignement traditionnel (qui est chiant, tue toute créativité et dégoûte de ce qu’il enseigne), sans renoncer à ses vertus, dont les bénéfices sont indirects, et qui sont fondamentales pour construire l’esprit humain.
Les bêtes noires de The Economist. Russie. M.Poutine a utilisé l’argent du pétrole pour maintenir la Russie d’hier. Mais cela ne marche plus. Les élites russes pourraient le lâcher. Vers une dislocation du pays ? Idem pour le Vénézuela et l’Argentine (soja plutôt que pétrole, pour cette dernière). Ces pays sont en proie à l’inflation et ne peuvent plus payer leurs importations. Angleterre. L’Ecosse va-t-elle faire sécession ? Probablement non, mais The Economist craint une perfidie de dernière minute des indépendantistes. M.Miliband, finalement. Son discours vise « les 40% de l’électorat qui partagent l’expérience d’un salaire faible et de prix en hausse. » (Quant à la France, n’inspire-t-elle plus que de la pitié ?)
Business as usual. USA. Discours sur l’Etat de l’Union. M.Obama, président impuissant, n’a rien à dire. En Ukraine et en Thaïlande, les guerres civiles locales ont connu une accalmie. En Turquie, le pouvoir de M.Erdogan semble s’éroder. Mairie de Paris. Match Hidalgo / NKM. Problème d’image : ombre de M.Delanoë contre morgue aristocratique. L’une veut diluer la composition sociologique de la population en subventionnant le logement social, l’autre joue la classe moyenne, de plus en plus écrasée entre « le riche et le pauvre subventionné ». Toutes deux veulent sortir Paris de sa léthargie. M.Karzai veut régler ses comptes avec les USA, ce qui pourrait laisser l’Afghanistan aux mains des Talibans. Attendons son départ. Développement durable. La qualité de l’eau et de l’air se dégrade, mais la Chine a fait des pas de géant en termes de réduction d’émission de CO2.
Pourquoi l’Angleterre embauche mais ne croît pas ? Pourquoi est-ce l’inverse aux USA ? Parce qu’en Angleterre, l’inflation attaque les salaires et rend la machine plus chère que l’homme. C’est l’inverse aux USA. On ne sait toujours pas quoi penser du Bitcoin. Outil de blanchiment pour truand ou innovation financière ? La tentative de réforme du système bancaire européen pourrait forcer la BNP et d’autres à des restructurations douloureuses. Walmart cherche à se réinventer. « Ecosystème » (c’est à la mode) de magasins de proximité et de vente en ligne. Les conglomérats familiaux turcs ont pris le meilleur de tous les mondes : paternalisme rassurant ; diversification internationale, qui les protège de leur crise locale ; refus d’engagement politique, qui leur évite les mauvais coups. La Chimie européenne (même allemande) va mal. Concurrence des Chinois « appuyés par l’Etat », et des Américains, portés par le gaz de schiste. Espoir ? Que le marché européen de l’automobile relève la tête. La nouvelle mode Internet : la santé en ligne. Suivi automatisé, permanent, de notre santé. C’est supposé faire faire des économies à la sécurité sociale, bien que rien n’ait pu être démontré. Pas grave. Il y a les hypocondriaques. « (Les entreprises du secteur) peuvent compter sur l’armée des technophiles qui poussent leurs médecins à incorporer les nouveautés dans leur traitement. » (Vraie cible des fonds d’investissement : remboursement par la sécurité sociale ?) Par ailleurs, pour améliorer les soins, on multiplie les indicateurs. Rien ne disparaît, tout se transforme ? On reconstitue l’ADN de l’homme de Neandertal à partir de ce que ses croisements avec notre espèce nous ont laissé. 

OGM : dangereux ou non ?

Les OGM sont-ils dangereux ? Le journal Nature essaie de débrouiller la question. Et sa conclusion est, si je comprends bien, que les pour et contre OGM sont des fous-furieux indignes de confiance. Et que, probablement, les OGM ne sont ni extraordinairement bénéfiques, ni terriblement dangereux. Mais ce n’est pas tant cette conclusion que je trouve intéressante que ce que cette enquête révèle de l’agriculture.

Car, si l’on ne sait rien sur les OGM, c’est parce qu’il n’y a pas d’argent pour faire des études sur leur compte. L’économie de marché éliminerait-elle les ressources de la recherche et nous forcerait-elle à être des cobayes ?

Surtout, si les OGM peuvent sembler bénéfiques, c’est en comparaison avec ce qui se fait ! Et ce qui se fait est effrayant. D’ailleurs nos critères d’évaluation de la dangerosité d’une technique méritent une discussion. En effet, on apprend que les techniques traditionnelles de culture sont redoutables. Cultiver, c’est avant tout combattre les mauvaises herbes. Jadis, on l’a fait par le labourage. Mais il détruit l’humus et contribue à l’effet de serre. On a aussi employé des masses de produits chimiques. Le principe des OGM était d’éviter le labourage et de diminuer la chimie. Mais la nature et les OGM semblent se livrer au jeu du gendarme et du voleur. En particulier les mauvaises herbes absorbent les gènes anti-produits chimiques transmis aux cultures. Il faut sans arrêt changer de tactique.

Tout ceci me fait me demander s’il ne serait pas temps de reposer le problème de l’agriculture. N’y a-t-il pas d’autres façons d’obtenir les résultats que nous cherchons (nourrir le monde) ? Ce problème ne doit-il pas être pris en main par autre chose que des activistes shootés à l’idéologie ? 

Fondant au chocolat

Ce blog est un redresseur de mes idées fausses. Une de plus : le fondant au chocolat.

Je soupçonnais que les fondants au chocolat du restaurant étaient une entourloupe. Combiné à la chaleur, un additif devait rendre liquide le cœur du gâteau.
En fait, je viens de constater qu’il est très facile à fabriquer, et que le centre reste mou à température ambiante.

Comment expliquer le phénomène ? Le chocolat est fondu avec du beurre, et il semble que c’est cette matière grasse chocolatée qui se concentre au centre du gâteau, et est naturellement molle. Le pourtour se durcit à la chaleur.
Le fondant au chocolat est-il sorti des équations d’un chimiste, d’une expérimentation par essais / erreurs, d’un heureux hasard… ?