Cheney et Biden

Pourquoi Georges Bush nous a-t-il amené au bord du chaos ? Parce que Dick Cheney, son vice président, était un homme d’entreprise et d’efficacité, qui a su immédiatement mettre en œuvre ses décisions.

Pourquoi Barack Obama n’arrive-t-il pas à sortir son pays de la crise ? Parce que Joe Biden, son vice-président, est un politique qui se sent bien dans le chaos. (Dick Cheney’s memoirs)
En fait, il est possible que ces attitudes soient propres au libéralisme.
  • La première pense que le bien doit être imposé d’en haut à une masse porteuse du mal. La seconde estime que c’est une forme de paralysie, résultat d’un équilibre des forces entre individus égaux, qui produit le bien. 
  • L’affrontement entre elles est vieux de plus de vingt cinq siècles.  
Compléments :
  • On remarquera que chacune se justifie par l’autre : les dirigistes le sont pour éviter le chaos, et les chaotiques pour éviter le totalitarisme.
  • Sahlins Marshall, The Western illusion of human nature, Prickly paradigm press, 2008.
  • En France, cette opposition se lit probablement dans les programmes du PC et du parti gaulliste d’une part, et du PS et de la droite libérale (ex UDF), d’autre part. Sur la droite, en parfaite illustration : Rémond René, Les droites aujourd’hui, Points, 2007.

Terrorisme

La radio ce matin parlait de portails de détection pour aéroports. Réflexions :

  • N’y a-t-il pas des mesures moins coûteuses et plus efficaces ? D’ailleurs pourquoi la mesure ne serait-elle pas accompagnée de contremesures plus dévastatrices ?… Pourquoi notre démocratie ne parle-t-elle qu’en termes de solution, la première qui passe par la tête d’on ne sait pas qui, plutôt que de problèmes ? Nos gouvernants sont-ils incapables de réfléchir, d’affronter l’incertitude ?
  • Les terroriste sont efficaces : il suffit qu’ils placent un étudiant dans un avion, qu’il mette le feu à son pantalon, pour que l’ensemble des échanges internationaux en soient bouleversés ! Au fond, que visent-ils ? On dit souvent qu’ils cherchent les « caisses de résonnances », des alliés de l’ombre : journalistes ou politiciens, par exemple, qui verront un intérêt à amplifier un attentat. Je me demande s’il n’y a pas plus que cela, si ce que cherche le terroriste ce n’est pas à détruire les valeurs de la société adverse. Plus il y a de Guantanamo et de caméras, plus la démocratie est une pantalonnade.

La réponse faite par B.obama aux Républicains, qui lui reprochaient de ne pas être terrorisé par les terroristes semble juste :

« We will not succumb to a siege mentality that sacrifices the open society and liberties and values that we cherish as Americans, because great and proud nations don’t hunker down and hide behind walls of suspicion and mistrust. That is exactly what our adversaries want, and so long as I am president, we will never hand them that victory. We will define the character of our country, not some band of small men intent on killing innocent men, women and children, » he said on Thursday. A poke in the eye for former Vice-President Dick Cheney at the end of that, followed up by a plea for unity, confidence and optimism, continuing: « That’s what it means to be strong in the face of violent extremism. » Mr Obama is suggesting that it is his critics who have shown weakness and fear by abandoning American values. It is a bold attempt to turn this shambles into a statement that he is the really tough one, just tough in his own way.

Compléments:

Pour une société de parasites ?

Affrontement entre Dick Cheney et Barak Obama. Le premier défend la torture, qui a permis de sauver des vies américaines. Le second affirme que l’on ne transige pas avec la morale.

Que fait un Dick Cheney ? Ce qui lui semble bien, sans souci des lois. Pourquoi s’en soucierait-il puisqu’il sait qu’il a raison. Que se passe-t-il alors ? Un homme décide du sort de ses semblables, selon son bon vouloir. C’est la définition du totalitarisme. Son comportement nie le libre arbitre humain.

Et s’il avait raison ? Que va-t-on dire alors à la république bananière qui torture ses opposants ? Crime contre l’humanité ? Elle vous répondra qu’elle ne voit pas MM.Bush et Cheney dans le box des accusés. Vous lui répondrez que la loi du plus fort est la meilleure et que vous êtes le plus fort. Mais le serez-vous demain ?

Ne pas obéir aux lois n’est pas seulement opposé à notre intérêt, c’est aussi la faillite de l’intellect. N’y a-t-il que la torture pour démasquer les menées contre la sûreté de l’état ? D’ailleurs, avoir recours à la torture n’empêche-t-il pas la police de rechercher des moyens plus efficaces de nous protéger ?

Mais toutes les lois sont-elles justes ? Notre gouvernement légifère à tour de bras. Avec raison ?

Il légifère sous la pression populaire. Une enseignante est agressée, on condamne la jeunesse. Vox populi vox dei ? Bizarrement, il y a beaucoup de gens qui tuent et qui ne sont condamnés à rien. Pourquoi ? Crime passionnel, légitime défense, ou simplement doute. La différence entre le jugement du peuple et ces condamnations c’est la justice. Comment pouvons-nous condamner la jeunesse sans entendre au moins ses avocats ? Ce que notre gouvernement attaque, c’est l’état de droit.

Malheureusement, il a beaucoup de complices. À commencer par ceux qui sont les premiers à le condamner. Car, à l’image d’Obama, nous sommes tous victimes de « l’éthique des valeurs », il existe des principes saints (« égalité »), qui une fois brandis valent condamnation sans appel. Les journaux, les intellectuels… refusent le débat, ils savent. Or, la démocratie, c’est le débat. C’est lui qui produit la « volonté générale », qui, a son tour, produit des lois « justes ».

S’il y a quelque chose à reprocher à notre gouvernement, c’est, paradoxalement, sa cohérence. Toutes ses lois vont dans la même direction : la concurrence de l’homme avec l’homme. C’est nier le principe même de la société, qui est la solidarité. Le résultat d’une telle politique est étudié par les théories économiques (ce qui leur a valu le nom de « the dismal science » soit, approximativement, « la science déprimante »). C’est un monde de pénurie, c’est l’exclusion, c’est une société de classes. Surtout, ce monde de parasites traversé par les crises suscitées par l’aléa moral est extrêmement fragile face aux agressions externes, il est peu durable.

Le plus affligeant dans cette histoire est que je ne fais que reprendre l’argumentation des Lumières sur laquelle notre société est supposée avoir été bâtie. Pourquoi ignorons-nous la pensée de nos pères fondateurs ? Pourquoi des juristes n’ont-ils pas la moindre idée de l’esprit de nos lois ? Mais qu’est-il arrivé à l’éducation nationale ?

Compléments :

Qui est Barak Obama ?

J’ai découvert par hasard que le Wikipedia anglais a consacré de véritables enquêtes à la famille Obama.

Il aurait des ancêtres du meilleur monde, un roi d’Angleterre, et un autre écossais (au 13ème siècle), notamment ; il est d’ailleurs apparenté d’assez près ou de plus loin avec un nombre surprenant de présidents. (Il n’est pas le seul dans ce cas, ce qui laisse penser que n’importe qui ne peut pas présider les USA.)

Son père semble avoir été une sorte d’ange déchu de l’élite dirigeante nigériane, et sa mère, docteur en anthropologie et fille d’une vice-présidente de banque, distante relation de Dick Cheney et d’Harry Truman, s’est battue sa vie durant pour le droit de la femme et autres défavorisés. Ce faisant elle aurait frayé avec le meilleur de la société américaine (dont la famille Geithner).

Il est tentant de voir en Obama le caractère de sa mère. Serait-il une sorte d’activiste d’ONG parvenu au sommet du plus puissant pays du monde ? Est-ce cette passion de l’utopie qui fait que certains lui reprochent (Que penser d’Obama ?) son manque d’intérêt pour la situation économique de son pays ? Est-ce l’explication de ses croisades pour rapprocher Islam et Occident ou éliminer la bombe atomique ? Ou est-il simplement un maître de la propagande, habile à détourner l’attention ?

En tout cas, comme sa mère, il semble s’être marié à un ressortissent d’une communauté opprimée. Comme elle, il n’est pas allé jusqu’à chercher un SDF.