Ensemble, on va plus loin

« Seul, on va plus vite, ensemble on va plus loin. » Si je comprends bien, ce serait la devise des « phryges ».

J’ai découvert cette phrase, il y a 5 ans, lorsque j’ai commencé l’étude qui a mené à la création de l’association des interpreneurs. Elle semble dans l’air du temps.

Ce qu’il y a de surprenant est que, pour une devise olympique française, elle est d’une faible qualité littéraire. Aussi, elle ne colle pas trop avec l’esprit des jeux, qui est le chacun pour soi. Que le meilleur gagne ! Et encore moins avec celui de nos gouvernants, « élite » ultra individualiste.

Signe du changement ? L’idée précède l’acte ?

(Et le changement, c’est toujours pour les autres ?)

Intersubjectivité transcendentale

Après la dissolution, je me suis demandé ce que l’on pensait ailleurs de notre situation.

Paradoxalement, les opinions étaient partout les mêmes.

J’ai fini par croire que nous étions victimes « d’intersubjectivité transcendentale ».

La presse occidentale est aux mains d’un groupe de gens qui ont la même formation, et la même « culture » (au sens anthropologique). Ce groupe ne donne pas de nouvelles, il nous explique sa vision du monde.

C’est un obstacle au changement. Car le changement c’est imaginer « autre chose ». Une « autre chose » qui n’est pas l’opposé du système existant, mais plutôt un « juste milieu » entre lui et son opposé ?

« Low tech » et innovation

Je me souviens d’avoir rencontré un professeur d’entrepreneuriat du MIT, qui disait que seulement 3% des entreprises créées autour du MIT l’étaient pour exploiter de grandes découvertes techniques ou scientifiques. Tout le reste ressortissait au « conventionnel ».

Je me demande s’il ne faudrait pas réhabiliter le « low tech ». Tous les coups de génie que j’ai rencontrés dans ma vie étaient de cet ordre. Ils correspondaient à ce que Paul Watzlawick appelle « changement d’ordre 2 ». Le changement d’ordre 1 consiste à mieux jouer, le changement d’ordre 2 à changer les règles du jeu.

Comme le dit, en substance, une chanson de Boris Vian, ce qui compte dans une bombe n’est pas sa puissance, mais là où elle tombe…

(Au fond, l’innovation ne serait-elle pas un synonyme de « changement » ?)

On refait le match

Cette dissolution aura eu au moins un intérêt : elle m’a fait m’intéresser à la politique.

Il est amusant de jouer les commentateurs politiques. Je comprends la joie des fans de football, vautrés dans leur canapé.

Observations ?

  • J’ai toujours tort. J’ai cru les sondages. Lorsque je regardais les résultats de ma circonscription, il me semblait que le candidat de gauche allait gagner haut la main (le candidat présidentiel, ancien député, arrivé 3ème s’étant désisté), ce qui me laissait croire qu’il en serait de même partout, mais on me disait que « selon des rumeurs », ce pourrait être le contraire. J’avais fini par croire que je devais être, contrairement à ce que je pensais, dans une banlieue bobo.
  • De l’importance du mode d’élection. Dans le système anglais « first past the post » (en un tour), le FN serait largement majoritaire (près de 300 députés). D’ailleurs, il a obtenu, aux deux tours, autant de voix que les travaillistes en Angleterre, dont la victoire est « historique ». Or, il a moins de députés que le Front Populaire, qui a moins de voix que lui.
  • La France est unique en ce qu’elle dit à un tiers de sa population qu’elle est l’incarnation du mal. Ailleurs, on peut employer le mot « immigration » sans être condamné à l’indignité nationale. Par exemple tout le personnel politique britannique l’utilise.
  • Le niveau d’impréparation du FN était stupéfiant. Dans ma commune sa représentante n’avait même pas droit à une photo. On me demandait de voter pour Mme Le Pen et M.Bardella. Et, il n’avait visiblement pas de ministre sérieux à aligner.
  • Il se pose la question de la signification du politique. Ma ville, qui vote d’ordinaire massivement centre droit, a, cette fois-ci, voté assez massivement à gauche, pour un candidat appuyé par la tendance dont elle ne veut pas pour sa mairie.
  • Pour le reste, il se pose la question de la cohabitation, ainsi que je l’écrivais récemment.
  • J’entendais la BBC dire que la cohabitation serait douloureuse et que nous devrions voter de nouveau dans un an. Nos politiques ont-ils un an pour nous faire bonne impression, s’ils veulent avoir un avenir ?

M.Macron aurait-il réussi à mettre une classe politique irresponsable depuis qu’elle existe (un siècle et demi) en face de ses responsabilités ?

Ce blog répète « rien ne va plus ». Mais cela semble encore plus le cas que d’habitude. Possibilité à la fois de paralysie et d’un changement brutal, le monde politique n’étant plus structuré par rien ?

Politique punitive

On parle « d’écologie punitive ». Mais l’écologiste ne veut pas punir, il sait, seulement, qu’il a raison, et qu’il n’y a qu’une seule façon de faire ce qui est bon.

Cette façon de voir s’est imposée au sommet de notre société. C’est probablement celle de notre président, en particulier. Il ne comprend pas qu’on puisse s’opposer à ce qui est bon pour nous, à savoir faire comme les autres.

Je n’ai jamais eu de pouvoir, ce qui explique peut-être que je ne partage pas l’opinion de ces gens de pouvoir. J’ai toujours constaté que la résistance au changement était riche d’enseignements. En fait, ce à quoi elle résiste n’est pas le « pourquoi », mais le « comment ». C’est pourquoi, j’ai adopté, en matière de changement, la devise de Saint Augustin : « aime et fais ce que tu veux ».

Changement chez les mésanges

La culture au sens anthropologique du terme n’est pas propre à l’homme. La culture est liée à la vie en société. Ce sont des règles partagées par le groupe.

Une utilité ? C’est grâce à elle, par la vie en société, qu’un individu apprend un comportement.

Mais la culture n’est-elle pas aussi un danger ? Car si le groupe prend une mauvaise habitude, les forces sociales tendent à empêcher qu’elle ne change !

On a fait une expérience sur les mésanges qui donne le résultat suivant :

Si le groupe reste entre lui, il ne change pas. Mais si l’on introduit des individus extérieurs, il découvre ses erreurs. Le phénomène est contre-intuitif. Car ce n’est pas l’extérieur qui trouve, mais l’intérieur. En effet, les membres du groupe initial, de temps en temps, découvrent la bonne solution. Mais ils sont ramenés dans le troupeau. En revanche, les nouveaux, eux, voient l’intérêt de l’innovation. Quand ils commencent à en profiter, les autres les suivent. (Great tits and group think, Naturebang de la BBC)

Curieusement, tous les changements que j’ai menés ressemblaient à cela. J’ai identifié quelqu’un qui avait trouvé la « bonne solution », et j’en ai fait une stratégie globale. Mais je n’étais pas toujours étranger au groupe. D’ailleurs, quand je suis parti de mon premier emploi, un de mes collègues m’a dit me regretter car j’étais le seul « à descendre de la bicyclette pour regarder les autres pédaler » !

(Théorie du leader et du manager de John Kotter ?)

https://wordpress.com/post/antichiant.home.blog/13568

Esprit et matière

J’ai toujours tort, c’est la devise de ce blog. Rien n’est plus juste. Je n’ai fait que des erreurs. Et mon enfance a été un lavage de cerveau en règle.

Le pire est qu’il n’est pas possible de savoir ce qui est faux. C’est quelque chose qui m’est consubstantiel. Je constate régulièrement que je « suis » faux. Je le découvre lorsque j’émets une idée et que l’on me répond « nan ». Je dois comprendre ce qui ne va pas. Il faut à nouveau que je me transforme. Mais comment ? Et j’ai le sentiment d’avoir dépassé mes capacités au changement.

Fatalité ? Histoire de tout être humain ? Le rôle de la société est d’inventer sans cesse de nouvelles illusions et celui de l’homme de chercher à s’en dégager (en en générant de nouvelles ?). Polémos à la manière d’Héraclite ? Changement comme affrontement entre opposés ?

Changement vert

How companies are starting to back away from green targets
In the past year, many have dropped or missed goals to cut emissions or to loosen ties with polluting sectors

Financial Times, hier

Transition climatique, une leçon de conduite du changement ?

La façon de mener ce changement illustre la première diapo de la présentation que je fais depuis plus de 20 ans.

Le changement échoue parce qu’on veut l’imposer en force, et que, pour cela, on croit au pouvoir de la persuasion. Seulement, quand le changement rencontre la réalité, les belles paroles se retournent contre leur émetteur.

Ce qu’il faut est, comme le dit notre président, de considérer le citoyen comme responsable. Car aucun changement ne peut réussir sans lui. Voilà ce qui change tout.

Impossible ? Non. Quand on se penche sur la question, on découvre des solutions élégantes. Seulement, pour cela, il faut accepter de se remettre un peu en cause. C’est là que se trouve la réelle difficulté.

« Le pacte vert risque de disparaître peu à peu de l’agenda politique européen »

Tribune du Monde, hier matin

Dégel anglais

Depuis que Rishi Sunak est devenu premier ministre anglais, il est question, dans son pays, des prochaines élections. Logiquement ce devrait être un succès retentissant pour les travaillistes.

Seulement, à écouter ce qui se dit, depuis le début, j’en doute. Car je ne vois pas de différence entre ce que j’entends des deux programmes. Sir Keir Starmer, le leader travailliste, est un homme triste et raisonnable. (« A decent chap » doit-on dire dans son pays.) Il est à M.Sunak ce qu’était M.Blair à Mme Thatcher. Seulement, justement, les réformes thachériennes ont fait flop. Le grand élan s’est échoué. Et l’on a eu le Brexit. Les travaillistes n’ont plus les moyens de la compassion sans changement de cap. Seulement, comme l’ont montré les mésaventures de Liz Truss et de Jeremy Corbyn, les vieilles recettes ne marchent pas. Il va falloir faire preuve d’imagination.

Selon les théories sur le changement, la Grande Bretagne entre dans une période de « dégel » ?

Voter pour le changement

Les mémoires de De Gaulle m’ont amené à réfléchir aux raisons de la disparition du mouvement qu’il incarnait.

En fait, ce mouvement était fait de « vieilles barbes ». Il y avait besoin de rénovation. Cela a été ressenti par le politique, je crois. Giscard d’Estaing en est l’exemple. Seulement, personne n’est réellement parvenu à obtenir un résultat satisfaisant. La rénovation s’est faite au détriment des avantages acquis et de la situation nationale. Le sort du peuple n’a fait que se dégrader. Et il s’est mis à « voter contre ».

Je me demande si, inconsciemment, le peuple, être vivant collectif, n’a pas simplement voté pour le changement. Ce qui comptait n’était pas le nom du président, mais qu’il soit différent du précédent, de façon à ce que, de fil en aiguille, on finisse par trouver une nouvelle ligne directrice durable.

Cela peut paraître fantaisiste, mais c’est une illustration des théories de Kurt Lewin concernant le changement : le changement est une période de « dégel » des certitudes, pendant laquelle, la population concernée cherche dans tous les sens, jusqu’à ce qu’elle croit avoir trouvé une solution satisfaisante.