Seul on va plus vite…

Je disais que j’entends de plus en plus « seul on va plus vite, ensemble on va plus loin ».

Au fond cela pourrait être la devise du changement. Une devise que n’a pas comprise l’écologiste, notamment.

Il a voulu nous imposer son changement, en force, par l’argument d’autorité. Résultat ? Rien. Ou peut-être : pire. Car les Chinois se sont saisis du sujet pour assurer leur suprématie mondiale. Ce qui fait que l’Occident va peut-être devoir faire machine arrière s’il ne veut pas être asservi.

Que signifie « ensemble » ? Pas, encore, ce qu’entend l’écologiste, qui veut nous convaincre de ses idées par la « pédagogie » (n’est-il pas tellement plus intelligent que nos pauvres esprits limités ?). Cela veut dire comprendre l’autre et ses problèmes. Et c’est de leur résolution que doit partir le changement. Et, de fil en aiguille, c’est en les résolvant que l’on résoudra les problèmes de la planète. Car, nos problèmes individuels n’en résultent-ils pas ?

Pivotons

Il y a une dizaine d’années, j’ai découvert « pivoter ». Il vient probablement de l’anglais de la start-up. Elle doit, sans arrêt, changer de cap. Si vous n’avez pas cette capacité à « pivoter », oubliez vos rêves d’entrepreneuriat.

En cherchant à extraire une épine d’un doigt, je constate que « pivoter » est le propre de la vie. Ce qui signifie la même chose que la devise de ce blog : « j’ai toujours tort ». Ma première impulsion est presque toujours mauvaise. Son seul intérêt est d’être une impulsion, une envie. Ce qu’il faut, c’est « tenir la distance ». Essai et erreur. Jusqu’à trouver une solution. Curieusement, elle est évidente « a posteriori ».

D’où une idée fausse : croire que l’on aurait dû immédiatement trouver la solution finale. Eh bien non. Ce que l’on a fait, c’est explorer la complexité du monde. Elle était inconcevable, initialement.

Et, pour cela, cela demande un « certain état d’esprit », à la fois optimisme et in quiétude. Pivot ?

Femme fatale

Qu’est devenue la femme fatale ? Je relis un recueil de traductions de polars américains des années 50, et je me demande en quoi un roman reflète une société.

Qui a déjà rencontré une femme fatale ? N’est-elle pas un fantasme ? Un fantasme d’une époque coincée ? La contrepartie de l’idéal de fidélité conjugale d’après guerre ? Le fantasme évite de passer à l’acte ?

Mais, aussi, le polar est un « genre ». Un genre est une invention de la société. Peut-être part-il d’un besoin. Mais, très vite, il l’enferme dans des rites. Le consommateur ne veut pas être surpris. Le créateur devient un tâcheron.

Pour autant, le « genre » peut aussi avoir une influence sur la société. Car celui qui en respecte les règles peut lui faire dire beaucoup de choses, par exemple orienter le drame romantique vers le suicide. D’ailleurs, ce qui m’a fait renoncer au cinéma, c’est d’y distinguer aussi nettement les intentions, moralisatrices et manipulatrices, du réalisateur.

Innovateur, tâcheron, manipulateur ? L’art suivrait-il le cycle du changement selon Hegel : en soi, pour soi, en soi et pour soi ?

Ecoterrorisme

Dans les années 90, aux USA, the Earth Liberation Front faisait sauter des bâtiments. Ce mouvement voulait que l’on ne touche pas à la nature. La BBC lui consacrait une série d’émissions (Burning wild), en se demandant si le réchauffement climatique ne rend pas légitime ce type d’action. D’ailleurs, des gens qui n’ont tué personne peuvent-il être appelés terroristes ?

En écoutant cette émission j’ai été, effectivement, surpris qu’il existe encore une police. Comment se peut-il, eu égard à ce que l’on entend tous les jours, que des gens se préoccupent encore de ce type d’événements ? Que la société les condamne ?

C’est curieux : une certaine jeunesse paraît faire toujours la même chose. Après guerre, elle était convaincue de l’imminence du « fascisme », et que seule « l’action directe » permettrait de l’éviter. Aujourd’hui son combat est l’écologie.

Cette « jeunesse » semble manipulable par nature. Périodiquement apparaît une nouvelle idéologie, qui a la curieuse caractéristique d’être une forme de millénarisme, et, sans aucun esprit critique, elle s’enflamme et prend les armes. Elle semble avoir pour caractéristiques d’être privilégiée, éduquée, désoeuvrée et violente.

L’émission parlait de « changement ». Cette jeunesse ne semble voir le changement que sous deux aspects : la manifestation et la bombe. Cela tiendrait-il à ce qu’elle a été élevée en dehors de la société ?

Redresser le service public

L’évolution de notre service public est paradoxale. Sa taille et sont coût ont augmenté considérablement, alors que son efficacité s’est effondrée.

Le citoyen a toutes les raisons d’être furieux. C’est une forme de détournement de fonds.

En écrivant ce blog, j’en suis arrivé à l’hypothèse suivante : le « syndrome Thatcher ». Les théories de Mme Thatcher ont gagné l’ensemble de l’Europe. Son idée était de traiter le citoyen comme un « contribuable » : la mission de l’Etat était économique. Il devait être géré comme une entreprise. Laisser faire d’un côté, masse de comptables de l’autre.

La conséquence de cette pensée s’est immédiatement manifestée en Angleterre et explique la situation actuelle : des bureaucraties gestionnaires incapables de la moindre action. Au lieu de l’investir, nos gouvernements ont gaspillé l’argent du « contribuable » ! Ils l’ont appauvri !

Comment rendre à César ce qui est à César ? L’envers du « laisser-faire » ? Autrement dit les techniques de conduite du changement telles qu’on ne les enseigne pas en France ?

Soit une institution publique donnée (école, hôpital, armée…), la technique du « changement planifié » identifie ses « parties prenantes », et les interroge quant à ce que devrait être sa mission, ses objectifs, et comment les atteindre. Le « planificateur » tire de tout cela un plan d’action précis, avec ses responsables et un dispositif de « gestion de projet ». Cela demande un peu de talent, mais cela ne coûte rien. Contrairement au « laisser-faire ».

(A noter que ceci s’est fait durant le covid : les personnels de certaines écoles et certains hôpitaux, laissés à eux-mêmes, se sont interrogés sur leur responsabilité et comment l’assumer, avec d’excellents résultats.)

Contes de fées

Le conte de fées est-il un lavage de cerveau ?

« Ils se marièrent, vécurent vieux et eurent beaucoup d’enfants. »

Les contes de fées et le gros de la littérature sont bâtis sur le même schéma : une épreuve, puis le bonheur, sans histoire.

E.M. Foster imagine la suite de son livre « A room with a view », qui est, justement, l’histoire d’une telle épreuve. Au lieu de vivre heureux, ses personnages sont pris dans l’histoire, dont deux guerre mondiales, et leurs propres tentations.

La vie n’est que changements. Succession d’épreuves. La lutte du Yin et du Yang. Voilà ce que l’on devrait dire aux enfants ?

Tentation criminelle

Il y a des paroles qui me rendent fou.

Coup sur coup, j’ai entendu la même déclaration, péremptoire et révoltante, à la BBC et chez France culture : des gens intelligents et estimables décréter que si leur Etat respectif ne parvenait pas à se réformer, c’est parce que ce n’était pas dans l’intérêt de certaines personnes. L’un disait même : il faut changer les hommes.

Toute mon expérience affirme le contraire. Et il n’y a pas besoin de mon expérience pour le savoir. Partez en Allemagne, et vous verrez que, bien vite, vous, piéton, ne traverserez plus les rues au feu rouge. Embouteillage ? Pas besoin d’apprendre aux automobilistes à conduire, il suffit que quelqu’un règle la circulation.

Notre comportement est dirigé par les règles que suit le groupe auquel nous appartenons.

Si ces gens éminents ne me croient pas, pourquoi ne lisent-ils pas les travaux des sociologues américains (en particulier) ? Pourquoi eux, si intelligents, si instruits, s’en remettent-ils au « on dit » ? Irrésistible théorie du complot ?

Panne électrique

Voiture électrique : anatomie d’une chute allemande
En décembre dernier, l’Allemagne a décidé de supprimer les aides à l’achat de véhicules électriques, entraînant une chute des ventes de cette motorisation. Cette décision a entraîné une multitude de conséquences.

La Tribune du 7 août

Avec l’intelligence artificielle, la voiture électrique connaîtrait-elle des difficultés ?

Illustration de la première diapo de mes présentations sur le changement ? On n’obtient pas le changement par la manipulation des esprits, par la morale ou le marketing, mais en s’intéressant à la vie des citoyens ?

Effet de levier

Petit à petit, j’en suis arrivé à me demander si l’on ne pourrait pas appliquer ce que disent mes livres au sort du pays.

Le changement est une question de systémique (mon premier livre). Cela a des conséquences majeures, mais simples : 1) pour une raison qu’il reste à expliquer, nous tendons à nous enfermer dans des cercles vicieux (le propre de la raison ?) 2) mais, en sortir est à coût nul, puisqu’il suffit de remettre en cause des certitudes inconscientes…

Et si l’on appliquait cette idée à notre cas ? Je soupçonne de plus en plus que le cercle vicieux suivi depuis des années se nomme « imitation ». L’envers : « développer ce qui nous est propre ». 

Application : un flux d’argent colossal va vers les start-up « numériques », French Tech, et il y a aussi le « Green deal ».

Pas efficace. Le numérique « fait des bulles ». Et les Chinois ont gagné la bataille du Green deal. Conséquence : bonne nouvelle : nous avons l’argent qui nous permettrait de tirer parti de notre patrimoine. (NB. Les Américains sont dans le même cercle-vicieux que nous, d’où, une économie qui ne profite pas à l’Américain ordinaire, et le fait que Trump ait une chance d’être élu ?) 

Seconde bonne nouvelle. L’Etat a cru qu’être libéral signifiait éliminer ses moyens d’action locale (CCI…) et construire une superstructure qui oriente le « marché », ou qui force le peuple à obéir à ses lois. Cela a donné un « mille-feuille » kafkaïen, une école qui reproduit « l’élite », un hôpital dysfonctionnel, une armée ridicule… Reconstruire le dispositif d’en bas, en cherchant à lui faire faire ce qu’il doit, ne coûte rien. Et cela peut faire gagner beaucoup, en supprimant ce qui nuit au citoyen et au chef d’entreprise, donc à l’économie.

Pour mener ce changement, nous avons besoin d’entrepreneurs. Qu’est-ce qu’être entrepreneur ? Ne pas attendre que tout aille bien, que les « autres » fassent preuve de bonne volonté, mais leur montrer la voie. L’entrepreneur est un pionnier, si tout allait bien, il serait inutile.

Soupçons infondés ? L’enquête se poursuit.

Israël en guerre

J’entendais que, pour répondre au dernier attentat du Hezbollah, Israël avait choisi de tuer un de ses leaders, en Iran, au sein même d’un quartier de haut sécurité. Message : je peux abattre qui je veux, où je veux.

Israël et ses adversaires suivent ce que disent les cours de négociation : « dent pour dent ». Mais, ce qui compte n’est pas l’acte, mais sa signification.

Cela rappelle ce que dit ce blog depuis au moins le covid : nous traversons des temps où un rien peut mettre le feu aux poudres. Et la dissolution de M.Macron en est un exemple. A tel point que M.Trump apparaît désormais effroyablement conventionnel.

Peut-être, d’ailleurs, y a-t-il quelque-chose de naturel dans cette situation : notre société semble évoluer par cycles, et la fin d’un cycle doit exiger une destruction qui permette une recréation. Avec, bien sûr, le danger qu’elle ne soit pas pacifique.

Ce type d’événement nous montre aussi la vacuité de la parole. Une partie de nos intellectuels dénonce Israël, d’autres expliquent les dangers fatals de sa politique. Mais Israël la poursuit, comme M.Poutine poursuit sa guerre. D’ailleurs, je me demande, si j’ai bien compris ce que l’on dit d’Israël, si ce n’est pas dans sa nature : ses fondateurs pensaient que leur Etat devrait sa survie à une guerre permanente.

Héraclite avait-il raison ? Le propre de la vie est d’être un combat ? Une leçon que nous avions oubliée ?