Le changement, ça s’étudie ?

J’étudie le changement depuis pas mal d’années. Il m’a fallu tout ce temps pour comprendre que je n’étais pas comme le reste de la population. Pour elle, il n’est pas concevable que le changement s’étudie. Le changement c’est obtempérer à ses désirs. Que trouverait-elle si elle l’étudiait ?

Les Anglo-saxons disent qu’il y a ceux qui « do things right » et ceux qui « do the right thing ». Ce sont les seconds qui réussissent le changement.

Tout tient à une question de systémique. Celui qui fait « ce qu’il faut » voit la situation dans son ensemble. L’autre obéit à l’impulsion du moment. Il fait très bien ce qui lui semble dans son intérêt. Seulement, il passe à côté de son intérêt réel. En particulier, généralement, il nuit à la société dans son ensemble, dont dépend son bonheur et son succès, en dernière analyse.

Exemple classique : pour se chauffer, il scie la branche sur laquelle il est assis.

Kant et le green deal

Le green deal a apparemment du plomb dans l’aile.

Que devrait-on faire si l’on désirait sérieusement réaliser une transition climatique ?

Peut-être écouter Kant. Il dit, en gros : fais ce que tu aimerais que les autres fassent.

En effet, la question de la transition climatique me semble se résumer à une idée très simple. La terre entière veut adopter le comportement de l’Occidental fortuné. Cela veut dire, eu égard au nombre d’habitants des pays en développement, que les émissions de CO2 seront, demain, probablement dix fois celles qu’elles sont aujourd’hui.

Par conséquent, le changement se ramène aussi à une idée simple : que l’Occidental fortuné trouve un mode de vie, tout aussi admirable que le précédent, mais qui émette dix fois moins de carbone.

(D’ailleurs, si le comportement de l’Occidental fortuné se répand, il ne faudra peut-être pas que se préoccuper de carbone : l’air sera irrespirable, et la nourriture mortelle…)

Raison et changement

La raison paraît inefficace face au changement.

Les sociétés semblent avoir peu de mémoire. Elles tendent à partir sans arrêt de 0, les nouvelles générations à peine sorties de l’enfance submergeant les anciennes. Et ces nouvelles générations ont la tête farcie de sornettes. Surtout l’intérêt fait loi.

Mais, à côté de cette forme d’élan produit par la volonté de puissance, des mécanismes sociaux, comme l’université ou les livres, maintiennent la mémoire du passé. Lorsque la réalité finit par attraper l’élan, les enseignements du passé ressurgissent.

Ce qui semble prouver que la raison a une certaine résilience.

Changement

Ce blog s’intéresse au changement comme phénomène. Qu’a-t-on appris cette année le concernant ?

Peut-être que la théorie et la parole ne sont pas des moyens efficaces de changement. Vous avez beau évoquer toutes les autorités scientifiques, rien n’y fait. Quand les intérêts du peuple sont touchés, le changement ne va plus dans le sens désiré. Il tend même à prendre le chemin inverse, rien que pour vous ennuyer

En fait la parole peut agir sur le changement, mais uniquement lorsqu’il est lancé et les forces sociales sont en mouvement. Alors son issue semble tenir à un coup de dés. Et l’histoire a montré que le plus convaincant était le plus déterminé et que celui-ci était rarement le plus intelligent et le meilleur pour la santé de l’humanité.

Une question se pose aujourd’hui. Notre société semble bien absorber les chocs: guerre en Ukraine, dissolution, etc. Cela est-il durable ou pourrait-elle en arriver à un point de bascule à l’image de ce que decrit Stefan Zweig au sujet de la guerre de 14 et que les réformes de Liz Truss auraient pu faire connaître à l’Angleterre ?

Changement ?

Il y en a qui se demandent s’il y aura de la neige à Noël, ce blog, lui, s’interroge sur le changement : y en a-t-il un en vue ?

Depuis 16 ans qu’il existe, et même avant, il ne voyait rien.

Cette fois, il y a de la lumière au bout du tunnel. M.Trump et ses droits de douane sont les hirondelles qui font le printemps. Le monde redevient mercantiliste. Il est impératif de produire sur le territoire national. Retour de l’économie réelle. C’est bon pour la PME et les « territoires ».

Seulement, elles deviennent les « soldats de l’an II » : finie la saudade, personne ne nous aime, il va falloir passer à l’action. D’abord « pivoter » pour éviter d’être victime de la débâcle des clients multinationaux, puis résoudre des masses de problèmes. Comment trouver des substituts aux services de pays hostiles ? Comment faire sortir la transition climatique du registre de la pensée magique ?…

Retraite n’est pas français ?

Nouvelle vague

Les politiques sont comme les marées, elles viennent et se retirent :

‘Crazy ideology’: US companies drop diversity efforts as conservative pressure mounts

Financial Times, hier

J’entendais aussi, toujours hier, la BBC dire que le premier ministre anglais s’en prenait aux normes environnementales, qui empêchaient la construction d’habitations, un problème extrêmement grave pour ses concitoyens.

On ne peut changer un pays en niant la réalité ?

New ‘anti-woke’ ETF makes Starbucks its first target
Azoria Partners launches new fund at Donald Trump’s Florida resort

Financial Times, hier

Changement électrique

La transition vers le véhicule électrique ne semble pas un succès. Contrairement aux Chinois, les constructeurs occidentaux ne savent pas répondre aux normes de leurs pays, et l’argent public qui finance l’achat de voiture électrique profite à leurs concurrents. Et le marché n’est pas là.

L’erreur de nos gouvernements a probablement été de croire au pouvoir de la loi et à la capacité miraculeuse du marché à s’y adapter. L’histoire du Japon, de la Chine, ou même de la France semble montrer que, au contraire, ce type de changement demande une phase accélérée de mise au point technique, quasiment en laboratoire, protégée de toute concurrence.

L’erreur est humaine… ?

(En tous cas, cela montre que l’impact d’un changement mérite d’être anticipé… à moins que nos gouvernants n’aient pensé, comme la mairie de Paris, que l’automobile ne méritait pas de vivre et que la destruction créatrice la remplacerait par quelque innovation révolutionnaire ?)

Moment Trump ?

Si l’on n’a pas de « moment Schröder », pourrait-on avoir un « moment Trump » ?

Comme il semblait déjà clair lors de son premier mandat, derrière ses provocations, se cache un raisonnement tout à fait logique : puisque ce que l’on a fait jusque là ne marche pas, il faut aller à l’opposé.

Ainsi, par exemple, lorsque l’on dit qu’il nie la science, ce n’est pas tout à fait juste. Car la science a été instrumentalisée ces derniers temps, pour faire passer en force des opinions non scientifiques, puisque la science n’affirme pas.

En tous cas, Aristote à probablement raison de dire que le contraire d’un mal est un autre mal. Seulement, au troisième coup, si l’on en croit Hegel, on peut taper juste. Trump, réincarnation de Marx ?

Pouvons-nous avoir un Trump français ? On n’en voit pas. Mais on pourrait ressentir un contre-coup de Trump. Cela peut nous tuer. Mais, il n’y a probablement qu’une menace extérieure qui puisse nous unir. A condition de ne pas repartir comme en 40.

De l’oligarchie à liberté, égalité, fraternité ? Il faudrait probablement que vienne « du terrain » une classe de gens d’action, qui remplace l’élite actuelle, perdue dans les nuages, et que la nation en revienne à un type de modèle d’intégration de tous ses citoyens, immigrés inclus, qui ressemble à celui de la 3ème République. (Modèle qui a eu cours jusqu’à récemment.)

La défaite de l’ingénieur

Qu’est-il arrivé à l’ingénieur ? Dans ma jeunesse, il était admiré. Puis il a été victime de plans sociaux.

L’entreprise est devenue politique, au mauvais sens du terme. Or, il ne savait pas parler et probablement pas penser. C’était une sorte de machine.

Danger de la spécialisation ? Dans Le roman des trois royaumes, il est question d’un stratège. Il affronte des peuples étrangers. Initialement, ils ont le dessus, parce qu’ils ont un atout. Mais cet atout a un revers. Et le stratège l’utilise pour les prendre à défaut.

Serait-ce la loi du changement social ? La société cherche en permanence à exploiter nos faiblesses. Et celles-ci tiennent essentiellement à ce que nous nous rigidifions. Elle nous force à être in quiets ? (En deux mots.)

Créer le besoin

En travaillant avec des entrepreneurs, je découvre que je n’avais pas compris ce que signifiait « créer le besoin ». Pour moi, il s’agissait de créer un besoin artificiel, une question de manipulation.

L’entrepreneur est frustré : il est persuadé que ce qu’il fait est utile. Personne ne le comprend.

En fait, je crois que l’homme ne pense pas. Il a été programmé pour faire un certain nombre de gestes, pour avoir certains besoins, c’est tout. Le rite est roi. Y compris en ce qui concerne sa parole. Il suffit de comparer ses grandes déclarations avec ses actes pour constater qu’ils n’ont rien en commun.

En fait, l’homme peut changer, il peut modifier ses rites, mais cela demande du travail, et c’est un phénomène social, que l’on voit à l’oeuvre dans les modes vestimentaires.

Une conséquence en est que ce que l’on achète est généralement beaucoup plus simple que ce que l’on vend. Dans mon cas, j’ai vendu des transformations d’entreprise, alors que mes clients achetaient probablement la résolution d’un problème mineur, généralement mal posé.