Insight

La bonne façon d’enseigner ?

Commencer par proposer un problème. Si l’homme se met à y réfléchir, et s’il découvre la solution (ou si on la lui révèle ?), il se produit un effet « eureka », qui grave la solution dans la mémoire.

TAN et cerveau

Ancienne émission portant sur l’évolution de l’homme.

Il en ressortait que notre « zéro artificialisation nette » a quelque chose de ridicule. Car il n’y a rien de plus artificiel que l’agriculture, et que la nature.

Quant à l’homme, son cerveau rétrécit, alors que, jusqu’ici, la constante de son développement était la croissance. Explication possible : spécialisation.

En fait, comme semblent le montrer les travaux de Robert Cialdini, l’homme utilise le moins possible son cerveau. Il suit des euristiques (si quelqu’un semble admiré, je dois adopter son opinion, par exemple). Avenir de zombies ?

Heureusement, peut-être, tout Yang a un Yin : dans ce cas, l’individualisme, qui cherche à exploiter les règles implicites de la société à son profit, et qui nous rappelle, de temps à autre, de nous tenir sur nos gardes ?

Cerveau

Je lis un livre qui traite du cerveau. Je découvre, ce que tout le monde sait, qu’il a fait l’objet d’études patientes, qui l’ont décrit morceau par morceau, dans d’infinis détails. Et qu’un de leurs intérêts est, quand on prend un peu de recul, de reconstituer à partir de ces parties, un tout qui a un comportement compréhensible.

J’avais oublié l’utilité de la science. J’en étais resté aux succès de la physique, qui, un temps, a cru pouvoir représenter le tout par une équation. La véritable science est, en fait, un travail de fourmi. Le scientifique est un artisan. Seulement, de temps à autres, il doit lever le nez de son travail pour retrouver une vision d’ensemble.

Cerveau d’écrivain

Les informations de BBC4 de jeudi dernier disaient que l’ordinateur n’était pas bon pour le cerveau. Ecrire à la main est un exercice complexe et bénéfique.

Dans quel état mon cerveau est-il ? Je passe beaucoup de temps en face d’un ordinateur. Mais je continue à écrire. Je remplis un cahier par mois, environ, de notes prises dans des discussions.

Surtout, je ne suis pas à l’aise avec mon clavier, contrairement à l’Anglo-saxon qui a pris des cours de dactylo. D’autant que, depuis l’invention de l’intelligence artificielle, écrire est un combat. Un instant d’inattention et, hop, un contresens, ou une création poétique. Je dois en permanence déjouer ses pièges. Je ressemble à Donald Trump : je suis dans un état d’excitation permanent.

Vue son étonnante jeunesse, je me demande si la Faculté ne devrait pas réviser son jugement.

Changement et cerveau

On dit, et j’ai lu, que le cerveau serait capable de se reprogrammer. Apparemment ce serait faux. Ce que l’on avait attribué à de la reprogrammation serait en fait la stimulation (par apprentissage) de zones du cerveau « prévues à cet effet ». (Article.)

what is occurring is merely the brain being trained to utilise already existing, but latent, abilities.

University of Cambridge / Research

En science, comme à l’armée, ne pas obéir à l’ordre, avant le contrordre ?

Paresse mentale

« Nous avons plus de paresse dans l’esprit que dans le corps » (La Rochefoucauld).

Le professeur Cialdini dit même que l’homme utilise son cerveau le moins possible. Son idéal : un encéphalogramme plat ?

Je me suis toujours demandé si cette caractéristique était innée ou acquise.

Après tout, l’homme dans la nature doit être sur le qui-vive. Son cerveau doit être en marche permanente. Idem, d’ailleurs, pour l’alpiniste ou le navigateur en solitaire.

Métro, boulot, dodo ? Serait-ce la société qui nous aliène ?

A moins que le cerveau ne fonctionne qu’en réaction à son environnement, et que notre environnement soit conçu pour qu’il ne soit pas stimulé ? (Théorie du complot.)

A noter, que je cite un neuro scientifique qui estime que ce manque d’activité du cerveau, contre nature, pourrait être cause d’Alzheimer.

Le paradoxe de l’intelligence

Notre intelligence parait être une fonction de son contexte. Sans agression, notre cerveau dort. D’ailleurs, il n’est rien, s’il n’est pas formé par l’éducation.

Le paradoxe, qui est peut-être celui de la Silicon Valley, de MM.Trump et Musk, est que ce cerveau quasiment totalement dépendant croit, s’il est placé dans certaines conditions, qu’il est totalement indépendant. Il se croit « maître et possesseur de la nature », et des autres hommes.

Où est le rêve de rationalité des Lumières ? Peut-être dans la théorie de Maslow : l’homme a besoin de la société pour se « réaliser ». Maslow entend par « réalisation », que, comme la plante, il donne ce qu’il était en puissance de donner. Mais peut-on aussi y voir l’émergence d’une réelle autonomie : l’homme parvient à penser par lui-même ? La rigueur intellectuelle faite homme ? L’esprit critique, au sens des Lumières ?

Si c’est le cas, la société a encore beaucoup de boulot à faire…

(Remarque : de plus en plus on s’interroge si la pensée est une question de cerveau…)

Démence et changement

Des zones du cerveau seraient spécialisées dans le changement. Elles seraient atrophiées chez les personnes atteintes de démence. Cela expliquerait qu’elles soient désorientées par tout ce qui n’est pas normal. (Article.)

Je me suis rappelé ce que me disait un spécialiste du cerveau. L’hygiène du cerveau demande des exercices de changement permanents. Et, outre la vieillesse qui fait un travail d’obstruction, c’est parce que notre société ne nous en offre pas assez que notre cerveau périclite. 

Réalité relative

Emission américaine (Radiolab) reprise par la BBC. Il était question des tours que nous joue notre cerveau. 

Histoire d’un homme qui est devenu très lent, du fait d’un accident. Il a découvert la lenteur de sa parole (quasi insupportable pour l’auditeur), par hasard, après s’être enregistré. Son cerveau la lui restituait à la même vitesse que celle des autres personnes. D’ailleurs ceux qui vivaient avec lui, eux aussi, s’étaient adaptés. 

Autre histoire : une femme est sujette à des attaques. Une part de son cerveau est nécrosé. On la lui enlève. Mais cela l’empêche de comprendre une carte, et lui fait perdre le sens de la durée. Ce qui fait d’elle quelque-chose comme la championne du monde des courses d’ultra longue distance (pouvant durer une semaine) : le temps ne lui pèse plus. Quant à l’orientation, elle a trouvé un moyen de compenser ses failles : arrivée à un embranchement, elle prend n’importe quelle route, mais elle laisse un fil d’Ariane. Quand elle comprend qu’elle s’est trompée. Elle rebrousse chemin.

Ces cas sont-ils la règle ou l’exception ? J’ai fini par penser que la société me trouvait, comme ma maman, « pas très malin, mais tellement gentil », par exemple. Nous avons certainement tous une vision totalement fausse de la façon dont nous sommes perçus. Nos difficultés existentielles viennent probablement, en grande partie, de ce que nous n’en avons pas conscience.