Front de libération de la Catalogne

Quelques Catalans vont-ils se transformer en terroristes ?

C’est peut-être ce que l’on pourrait appeler l’effet « Louis XVI » : plus vous donnez à quelqu’un, plus il est mécontent. L’Espagne a laissé une autonomie inimaginable chez nous à ses régions. La Catalogne a considéré ces mesures comme tyranniques.

L’Espagne ferait-elle bien de relire l’histoire du pays basque ?

Catalogne libre

La Catalogne a choisi l’Indépendance disent nous journaux. Pourtant seulement 48% des électeurs ont voté pour un parti indépendantiste.

L’Assemblée catalane a-t-elle la légitimité de déclarer l’indépendance ? Le Brexit s’est décidé par referendum. Dans une démocratie, c’est le referendum, conçu comme la voix du peuple, qui change la constitution. Il a été dit, d’ailleurs, à la chambre des députés anglaise qu’elle ne pouvait pas aller, dans ce cas précis, contre la décision du peuple.

Tout cela n’est que règles. Et ce ne sont pas les règles qui font la paix. C’est la volonté commune de vivre ensemble. Et elle ne se décide pas par vote.

Carlege Pougedemone

La crise Catalane aura produit un résultat notable : prononcer « Carles Puigdemont ».

Quant à l’intéressé, il lui arrive ce qui nous menace tous : le passage de la théorie à la pratique. Les Brexiteers, et l’admirable Boris Johnson, le singe de Churchill, en ont fait les frais avant lui. Le nom du danger ? Le ridicule. Comme dans l’affaire Boulanger, il tue. Et encore, Boulanger était un général. Il aurait dû être entrainé à décider. Mais nous sommes tous des produits de l’Education nationale. Nous sommes des tigres de papier.

Indépendance

Il y a eu un temps où il a semblé « démocratique » de laisser une grande autonomie aux régions. On y voyait une façon de combattre les dangers du nationalisme impérialiste. Du coup, la Catalogne s’est « re forgée » une identité. En particulier, en imposant à ses citoyens une langue qui fait barrière à l’influence du reste du pays. Ainsi on a créé ce dont on ne voulait pas : un nationalisme.

Il y a eu un temps, vers 1848, où les nationalismes ont peut-être eu un sens. Une époque où les ethnies opprimaient les ethnies. Mais aujourd’hui qu’aurait à gagner le Catalan à l’indépendance ? Qu’aurait de remarquablement original une Catalogne libre ? Elle se veut membre de l’UE, mais l’UE est, au contraire, raboteuse d’originalités. Que cache cette revendication d’indépendance ? Un malaise que le gouvernement régional ne saurait pas calmer, ou, même, aurait créé par incompétence, et qu’il impute, comme les Anglais, à un épouvantail ? Ou, simplement, une réaction à une vie morne ? Un besoin de rêve ?

(« La France s’ennuie » disait Lamartine en 1848. Comme quoi même les révolutions sérieuses peuvent avoir des causes qui ne le paraissent pas.)